Entretien avec Guillaume et Arthur de Parlor

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Parlor ?

Guillaume : Salut EMaginarock, merci à toi de nous accueillir dans tes colonnes !
Je suis Guillaume, le batteur de PARLOR, groupe de Post-Hardcore/Noise fondé en 2016 à Paris !

Arthur : Oui merci pour cette interview !  Moi c’est Arthur, le chanteur du projet depuis sa création.

D’où vient le nom du groupe ?

Arthur : ça m’est venu après avoir écouté la chanson d’Elvis Presley, ” Are you lonesome tonight?”, ou le mot apparaît. En sortant de répète j’ai proposé cette idée et on s’est dit que ce serait un bon nom pour le groupe, le mot évoque évidemment le parloir de prison mais aussi plus généralement un lieu ou plusieurs personnes peuvent s’exprimer.

Guillaume : Il y a l’aspect très littéral du parloir de prison dont parle Arthur, un espace où la parole est surveillée mais où les messages passent quand même, la métaphore nous parlait.
On avait aussi développé l’idée sur “Zamizdat”, notre premier EP, qui fait référence aux livres politiques dissidents en U.R.S.S.

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Arthur : J’ai découvert cette musique durant mes premières années de collège, notamment grâce au premier album de Slipknot. A la premiere écoute de celui-ci je me suis vraiment dit :“Qu’est ce que c’est que cette merde??”, je n’avais jamais entendu quelque chose de ce genre. Et puis ça été une révelation pour moi et la porte ouvert à tout ce qui a suivi ensuite: des groupes néo de l’époque jusqu’au punk-hardcore en passant par le death metal et tous les styles post-whatever. Aujourd’hui mes goûts musicaux sont davantage éclectiques mais c’est certainement le metal  qui m’a permis de m’intéresser à la musique et à l’art en général. Utiliser cette musique comme moyen d’expression s’est fait assez rapidement avec Guillaume que je connais depuis le collège. On a fondé un groupe sur un coup de tête à la récré, lui à la batterie, moi de la basse et au chant, et d’autres potes pour le reste. On n’avait jamais joué d’un instrument avant cela, mais on avait déjà plein de textes et d’idées sous le coude ! Depuis on a continué à jouer ensemble à travers plusieurs projets dont Observer, un groupe de post-metal, jusqu’à aujourd’hui dans Parlor, #bromance.

Guillaume : C’est Arthur qui m’a attiré dans ce merdier ! En effet au collège on était les deux seuls corbeaux à écouter du néo-Metal et on s’est très vite découvert un penchant pour les classiques du Death Metal: Obituary, Death, Morbid Angel, Dismember, Carcass… ça nous a rendus zinzin quand a découvert ça à 13 ans!
Je pense qu’à l’instar de nombreux metalleux, cette musique a poussé mon envie de devenir musicien, de travailler mon instrument, de monter des groupes etc… Bref de découvrir la musique!

Le Metal, en tant que musicien et qu’auditeur m’a aussi ouvert depuis l’adolescence à un grand nombre de genre musicaux très variés, m’a simplement ouvert l’esprit!

Comment définirais-tu la musique de ton groupe ?

Guillaume : Au tout début de PARLOR, on voulait s’orienter dans un forme de Post-Hardcore/Hardcore Chaotique qui emprunte autant à Breach, qu’à Converge, à Botch, en lorgniant un peu vers la noise d’un Jesus Lizzard… Des structures alambiquées, des dissonances, des structures rythmiques asymétriques…
On a désormais un peu moins “complexifié” notre musique pour aller droit à l’essentiel mais aussi s’autoriser désormais certaines structures, textures, plus posées, planantes, plus “post”.

On rentre aussi dans les éternels débats sur les étiquettes: pour certains on fait du post-Hardcore (qui renvoit aussi pourtant à des groupes comme Quicksand, pas vraiment ce qu’on fait même si on adore!), pour d’autres du -Chaotic, du Metallic Hardcore… on est très fan de Kickack ou All out war mais on a pas le sentiment d’être vraiment affilié à cette scène non plus…
Au final on s’en branle non?

Comments est la nouveauté du groupe. Comment s’est passé le travail dessus ? Qui écrit quoi ?

Arthur : La tournée pour Softly notre précédent album est tombé à l’eau, thanks to the Covid. Du coup  on s’est vite remis à la composition des nouvelles chansons qui se trouvent  sur Comments.

Guillaume : En effet le Covid, nous a permis de nous concentrer sur la composition de ces nouveaux morceaux, d’y passer le temps nécessaire.
On a eu la chance d’avoir Francis Caste, qui a enregistré Comments, avec nous en résidence pour bosser sur les pré-prod, en studio tranquille au milieu de la campagne bourguignonne, pour nous accompagner sur les pré-prods!
Ça a été une super rencontre avec lui, il a endossé la casquette de réalisateur en plus de celle de producteur, nous a orienté vers certains choix artistiques, a été de super bon conseil…On lui doit beaucoup! Et qu’est-ce qu’on s’est marrés!

Yann arrive avec tous les riffs, que l’on reprend et ré-arrange tous les deux; Boris vient ensuite apporter ses modifications et on bosse et trituront le morceau jusqu’à ce que nous soyons content du résultat! Arthur vient ensuite poser sa voix sur la structure déjà existante.
Arthur et moi écrivons les textes.

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire de la musique ?

Arthur : Me concernant, j’attends effectivement que la musique soit déjà prête ou qu’il y ait une structure plus ou moins définie pour commencer à écrire. L’inspiration me vient souvent quand je ne suis pas chez moi dans mon quotidien, j’ai besoin de bouger et de ne pas avoir la sensation d’être installé quelque part.

Guillaume : Pour ma part l’inspiration vient de mon quotidien, du monde qui m’entoure, des mes expériences. Je pense que pour être parfaitement sincère dans une démarche d’écriture il faut pouvoir parler de sujet que l’on connaît que l’on maîtrise… J’aurais, à titre personnel, beaucoup de mal à écrire une chanson sur un dragon imaginaire qui se fait occire le cul par un preux chevalier ou les tripes d’un zombie en décomposition… c’est des sujets que je maîtrise mal!

Quelle est ta piste préférée de cet EP, et pourquoi ?

Arthur : En ce moment je pense que c’est Pervitin. En le réécoutant Comments, j’ai l’impression que c’est le morceau avec lequel on a le plus lâcher prise, en choisissant d’aller dans des sphères plus “post” et mélodieuses tout en gardant la vibe Hardcore fidele au groupe.

Guillaume : Je dirais que c’est Fighting the Blue, pour son aspect urgent, agressif, très punk-hardcore, et son texte qui traite de l’image, de symboles et de censure dans le cadre de violences policières.

Pourquoi avoir choisi ce dessin pour l’EP ? Personnellement je trouve qu’il représente bien la violence du punk et la noirceur du post, mais était-ce vraiment ce que vous recherchiez ?

Guillaume : L’artwork est signé Vade Retro, un incroyable duo d’illustrateurs qui sont aussi de bons amis, allez voir leur travail, ça tue! Ils avaient aussi illustré notre premier EP, “Zamizdat”!

Concernant le visuel de “Comments”, c’est une nature morte, une vanité, comme ces représentations dans la peinture classique: un crâne, un sablier etc… accompagnés d’objet d’un ordinateur il pose à mon goût bien le propos de l’EP: que restera-t-il de tout ça quand nous ne serons plus là? De ces milliards de messages sur twitter, de ce narcissisme permanent sur les réseaux, de la vacuité de tous ces échanges…

Arthur : Suite aux échanges sur le thème principal de l’EP avec les gars de Vade Retro on a eu la chance d’avoir différentes propositions de leur part, et celle-ci à clairement fait l’unanimité dans le groupe !

Quelles suites vous allez donner à Comments ? J’ai cru entendre parler d’un album pour l’année prochaine ?

Arthur : On travaille sur de nouvelles compos en vue d’un album effectivement ! On a vite recommencé le travail après la sortie de Comments. L’idée est donc de sortir un format plus long

Guillaume : En effet, on est en plein de boulot de composition pour le nouvel album qu’on enregistrera cette année, en espérant le sortir fin 2022!

Qu’as-tu prévu niveau clip pour soutenir cette nouveauté ? Instacat est déjà sorti mais d’autres choses sont-elles en route ?

Guillaume : A l’heure où j’écris ces lignes je suis en plein de boulot de prépa pour le tournage de “Dive into Motion”, le premier morceau de “Comments”. Chef-opérateur image dans la “vraie vie”, je m’occupe de réaliser les clips de Parlor!
On commence le tournage demain! Il sera dans la continuité de nos clips précédents: toujours débilos!

On retrouve Parlor sur scène prochainement ?

Les choses sont hélas un peu compliquées depuis un mois… Depuis la rentrée en septembre  on a pu jouer à Paris, Lille, Nantes, on a eu de la chance ! Là on avait deux super belles dates à Paris et Lyon qui viennent d’être reportées, on joue le 28 Janvier à Fontaine-l’Évèque en Belgique le mois prochain avec les copains de Nature Morte, on serre un peu les fesses concernant les restrictions je t’avoue !

2021 a été très riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Arthur : Je pense au dernier Turnstile, Glow On, c’est une bouffée d’air frais cet album.  Mais j’hésitais avec Comfort To Me de Amyl and The Sniffers qui tue également… Donc voilà j’en ai deux !

Guillaume : Le dernier DARE “Against All Odds”! le dernier Turnstile est bien heavydemment une tuerie et j’espère que son aspect plus “pop” fera découvrir le Punk-Hardcore au plus grand nombre!
Et sinon c’est absolument pas sorti en 2021 mais l’album de Yom de 2010 “With love”, mélange de Klezmer, de jazz, de post rock, autour d’un clarinettiste de génie, ça tue!
Voilà je suis un connard j’en ai donné trois.

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Arthur : Inch’allah pour les concerts, merci à toi pour cette interview !

Guillaume : Merci à toi d’avoir pris le temps pour nous et en espérant aussi te croiser à un concert, débout et sans Covid !

 

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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