Bragelonne possède une collection Thriller que je n’explore pas suffisamment souvent et qui recèle quelques pépites qui valent la peine de se retourner. Les Jeux de l’extinction en fait partie par exemple. Proposant un environnement post-apocalyptique, une tension psychologique, et une quête pour la survie et la compréhension, je me dis que ce roman aurait bien plus sa place dans leur collection de SF. Mais peu importe comment il est classé, ce qui compte c’est bien évidemment le récit qui nous est proposé. Et sur ce point je dois dire que A.G. Riddle a assuré le job de très belle manière.

Après un mystérieux cataclysme d’ampleur mondiale – le Changement -, six personnes reviennent à elles dans les sous-sols d’un centre de recherche. Elles n’ont aucun lien entre elles et ne sont jamais vues. Rapidement, elles apprennent qu’elles font partie d’une expérience scientifique baptisée « Extinction », dont l’objectif est de sauver la race humaine. Mais que cache au juste ce projet ? Et les six cobayes sont-ils bien ce qu’ils affirment être ?
Professionnellement, tout réussit au docteur Maya Young. Jusqu’au jour où, après une séance de sport particulièrement intense, Maya commence à tousser et à cracher du sang. À l’hôpital, elle découvre que ses symptômes sont bien plus complexes qu’elle ne le pensait. Et sa maladie pourrait être liée à une conspiration d’envergure…
Owen Watts est un pompier en passe de perdre son emploi. Une intervention de routine va tout faire basculer. Si cet appel semble être une fausse alerte, il n’en est rien : c’est le point de départ du Changement. Une nouvelle ère pour l’humanité…
Tandis que l’implacable phénomène déferle sur le globe, Owen et Maya se réveillent dans un centre de recherche en compagnie de quatre inconnus. On ne leur dit rien, si ce n’est qu’ils font partie d’une expérience scientifique conçue pour permettre à l’humanité de survivre après le Changement.
Owen, Maya et les autres participants s’aventurent dans un monde radicalement transformé. Ce qu’ils découvrent dépasse l’entendement…

Comme je le disais A.G. Riddle propose un roman très réussi mêlant les genres avec beaucoup d’intelligence. On débute dans un roman d’anticipation assez classique avec par exemple des robots-pompiers. Puis très vite tout est bouleversé, et le lecteur est aussi dérouté que les personnages : on nous propulse avec eux au sein d’une station à leur réveil d’un sommeil à priori cryogénique. Ils ne savent pas où et quand ils sont, ne se connaissent pas et pourtant ils vont devoir survivre ensemble. Très vite le huis clos physique s’arrête mais celui entre humains va continuer. Alister et Will, deux des personnages plus énigmatiques vont avoir un grand rôle dans le roman, le tout nous amenant à une conclusion… déroutante.

Les personnages proposés sont un des points essentiels de ce roman. En effet une grande part se déroulant en vase clos, il est essentiel que ces protagonistes soient bien construits. Et c’est ici totalement le cas : Owen le pompier héroïque, Maya à la mémoire défaillante, Allister le mécano, Will le geek, Cara le médecin. Chacun d’eux a un rôle capital à jouer au sein du roman et A.G. Riddle les manipule avec le soin d’un marionnettiste. Très clairement ces héros, ou anti-héros, sont calibrés impeccablement pour coller au récit, pour donner au lecteur les frissons qu’il attend.

Combinant à la fois des personnages intéressants et un scénario immersif, Les Jeux de l’extinction est un roman porté également par la plume efficace de son auteur. Celui-ci nous emmène sur leurs traces avec une simplicité étonnante. Ses descriptions sont prenantes, les dialogues savent se faire percutants si nécessaire et l’ensemble de l’aventure est porté par un côté page-turner vraiment intéressant.

Avec Les Jeux de l’extinction, AG. Riddle nous plonge dans sa vision de l’apocalypse, sa manière de voir l’humanité survivre et c’est vraiment passionnant. En quelques 450 pages il parvient à nous embarquer dans son récit et à faire en sorte que l’on ne lâche pas. Une belle réussite !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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