Entretien avec Caroline, aka Corneline, cosplayeuse et chanteuse

Après avoir posé quelques questions à Tenhaku Photographie la semaine dernière, il est temps de s’intéresser à sa modèle favorite, la magnifique Corneline. Sous ses multiples chapeaux elle possède des talents de costumière, mais également de chanteuse metal.

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Peux-tu tout d’abord nous expliquer comment tu es devenue cosplayeuse ?

Bonjour ! Merci à toi de l’intérêt que tu portes à mon travail ! J’ai toujours adoré les costumes et les univers fantastiques d’une manière générale. Quand je jouais petite, les déguisements n’étaient jamais très loin… Les mettre m’aidaient à m’immerger dans mon imaginaire et les histoires étaient plus passionnantes. Je me souviens aussi de vieux livres sur les pièces de Molière ; ne sachant pas encore lire, je regardais les photos des comédiens costumés, cela piquait ma curiosité concernant l’histoire de leur personnage.

Quand adolescente il a fallu choisir un métier, peu de choses m’inspiraient autant que de devenir costumière ; mais comme je n’étais pas manuelle, il y avait encore beaucoup de chemin à faire. J’ai vraiment appris à coudre lorsque j’ai commencé mon diplôme spécialisé : le DMA Costumier-Réalisateur. Au moment de passer mon examen (un costume baroque tiré d’une pièce de Molière, coïncidence?), c’était la sortie de The Witcher 3, et je me suis laissée tenter par le personnage de Priscilla. C’était mon premier défi après mes études : serais-je capable de réaliser toute seule le costume du personnage des pieds à la tête ? Combiné à la chanson, le personnage a eu pas mal de succès sur les réseaux et auprès du studio ; j’ai continué par la suite à me fabriquer des costumes (cosplays et créations), et c’est également mon métier à temps plein aujourd’hui. Artisan à mon compte, je fabrique sur commande tous types de costumes pour mes clients et j’interviens sur des événements et projets en cosplay.

Tes univers sont issus aussi bien du jeu-vidéo que de la littérature imaginaire. Comment choisis-tu les costumes que tu décides de porter ?

Il faut qu’il y ait une certaine connexion avec le personnage, qu’il m’inspire. Et au-delà d’une certaine ressemblance physique (ce qui est presque toujours adaptable en cosplay!), si le concept du personnage existe déjà, il faut que la tenue, ses coupes, ses matières, me donnent envie de les travailler pendant des heures.

Comment se passe la confection d’un costume ? Est-ce que tu fais tout toi-même ?

Tout d’abord, on analyse le personnage des pieds à la tête, et on liste tous les éléments qu’il faut fabriquer. Je fais le maximum de choses moi-même mais il reste des éléments que je ne sais pas faire : chaussures, chapeaux… Dans ce cas-là, je recherche une base que je peux customiser.

Je m’occupe ensuite de fabriquer une toile d’essayage : je fais en quelque sorte un brouillon de mon costume, je cherche les formes soit en partant d’un patron de base que j’adapte, soit en moulant directement sur mon mannequin. Une fois que j’ai essayé et validé ma toile et mon patron, je rassemble les matériaux, puis j’attaque la coupe et l’assemblage de mes pièces. Viennent enfin les finitions et un dernier essayage pour vérifier que tout est bon !

Combien de temps en moyenne te prends la réalisation d’un costume, de la conception initiale à la fin de sa réalisation ?

Tout dépend du modèle, cela peut prendre trois jours comme trois mois !

Ma tenue de Cersei m’a pris deux jours, celle de Zelda m’a pris 350 heures, en comptant les tests, les erreurs… Tout dépend de la complexité du modèle et du niveau de détails qu’on veut sur le rendu final.

Tenhaku Photographie et toi êtes partenaires aussi bien artistiquement qu’à la ville. Comment gérez-vous le fait de travailler ensemble ?

Nous avons des goûts similaires et donc souvent la même vision de ce que l’on cherche à créer ; instinctivement, on se comprend. On se motive l’un l’autre, on se donne des avis constructifs qui nous font avancer, et on sait aussi rappeler à l’autre quand il est nécessaire de faire une pause. Nous avons les mêmes valeurs et nous attachons la même importance à notre travail (ce n’est pas le cas avec tous les compagnons, ce qui peut avoir des effets néfastes). De plus, c’est très pratique pour s’organiser !

Tu es également chanteuse. Comment t’es venue cette passion ? Que peux-tu me dire de tes projets en la matière ?

J’ai toujours aimé chanter, mais ce qui m’a vraiment motivée à aller plus loin, c’est lorsque j’ai découvert le métal symphonique. J’avais 13 ans et j’étais fascinée par les chanteuses et par la musique qui correspondait si bien aux univers fantastiques que j’aimais.

Depuis 2019, je prends des cours avec une prof incroyable (Charlotte Perrin), ce qui a ravivé ma passion et boosté ma confiance en moi ; je ne m’ennuie pas et je pense avoir fait des progrès, que j’ai hâte de montrer au travers de nouvelles vidéos sur Youtube.

J’ai récemment rejoint un groupe de métal mélodique (The Last Flame) et nous recherchons nos derniers membres : batteur et bassiste dans les Yvelines, si jamais !

Il y a d’autres projets qui se mettent en place, mais très lentement ; je préfère ne pas les révéler avant qu’il soit temps.

A côté de tout cela tu proposes à tes fans de te suivre sur Twitch, de manière hebdomadaire. Qu’est-ce que ce support apporte à tes activités de cosplayeuse et de chanteuse ?

Les lives sur Twitch dynamisent beaucoup mes activités ! Cela me permet d’avoir un échange concret et direct avec ma communauté en plus des photographies et vidéos habituelles. Les gens sont curieux et peuvent voir ce que je fais et comment je le fais ; c’est agréable de travailler en leur compagnie (je suis seule dans mon atelier le reste du temps) et cela permet de garder le contact en l’absence de conventions, à cause de la période.

Beaucoup ne considèrent pas le cosplay comme un art à part entière, mélangeant beaucoup de disciplines. Que leur répondrais-tu ?

Je comprends leur point de vue : au-delà des personnes qui voient le cosplay comme un passe-temps immature, difficile de se spécialiser et de maîtriser à fond autant de disciplines ! Mais c’est aussi là que l’on voit les cosplayers les plus assidus, curieux et touche-à-tout : plus on maîtrise de disciplines, plus les costumes sont complets et bien finis ; sur certains personnages, cela relève de la véritable prouesse !

As-tu des artistes qui t’ont inspiré et que tu aurais envie de citer ?

Je puise mon inspiration un peu partout (costumes, illustrations et photo, musiques, films…). Actuellement, en terme de costume, j’aime le travail de MissViscid, Grimilde Malatesta et Royal Black Couture : je trouve leur créations raffinées et novatrices !

Quelle serait ton costume préféré parmi tous ceux que tu as réalisés ?

Je les aime tous pour des raisons différentes, du rendu final au confort (on y pense rarement, mais ça compte aussi!). Je suis assez contente de ce que j’ai réussi à produire sur Zelda !

Instagram a-t-il été un réel moteur pour la progression de ta notoriété ?

Je pense que j’ai développé ma communauté davantage grâce à Facebook ; il est plus facile d’y communiquer et de partager du contenu dans des groupes spécialisés. Cela attire des personnes réellement intéressées, c’est ce qui fait la qualité d’une communauté. J’y suis également plus habituée car je l’utilise depuis plus longtemps.

Youtube a également beaucoup aidé grâce à la reprise de la chanson de Priscilla dans The Witcher. Beaucoup de gens se souviennent de moi grâce à elle !

Sur quels autres supports peut-on retrouver ton travail ?

Vous pouvez me retrouver sur Facebook, Instagram, Twitter, sur Youtube et sur mon site web : corneline.fr !

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui cherche à se lancer dans le cosplay ?

N’ayez pas peur d’essayer ! Que ce soit un personnage ou une technique : vous pourriez être surpris…

Merci beaucoup pour tes réponses et à bientôt au détour d’une nouvelle série de photos sur les réseaux !

Merci et au plaisir de vous voir bientôt sur les différents réseaux !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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