Brandon Sanderson est probablement l’un des meilleurs auteurs anglo-saxons de fantasy actuels. Sa série Fils des Brumes l’a propulsé au firmament de l’imaginaire et cela pour une bonne raison : ave Cosmere, son univers étendu, il propose aux lecteurs différentes ambiances, différentes aventures, mais toujours avec une intelligence rare. Les Archives de Roshar est un peu son chef d’œuvre, son histoire de fantasy la plus aboutie et la plus prolixe. Chaque tome en anglais fait dans les mille pages, les VF étant découpées en deux volumes pour pouvoir être imprimées. Une grande saga, dodue à souhait pour que les fans puissent se faire plaisir de la première à la dernière page !

Roshar, terre de pierres et de tempêtes. Des siècles ont passé depuis la chute des Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers invincibles, sont toujours là.

Au cœur des Plaines Brisées, Kaladin lutte depuis dix ans dans une guerre insensée. Dalinar, le chef d’une des armées, est fasciné par un texte ancien, La Voie des rois. Au-delà de l’océan, la jeune Shallan apprend la magie et découvre certains secrets des Chevaliers Radieux…

Dès le prologue on entre dans un univers de fantasy étonnant, avec ces Radieux qui se séparent, le tout de manière assez énigmatique, puis l’on découvre l’assassinat de Gavilar, roi d’Alethkar par Szeth. Deux scènes éloignées dans le temps par rapport à notre récit mais que l’action vient relever. Puis l’on découvre peu à peu nos protagonistes principaux. Tout d’abord Kaladin l’esclave, fils de chirurgien, qui a un rêve de liberté et des pouvoirs qu’il ignore. Vient ensuite Jasnah, jeune fille qui rêve de devenir érudite mais est poursuivie par le spectre de sa famille et doit commettre un acte dont elle ne veut pas. Et enfin Dalinar, l’un des Hauts-Prince d’Alethkar se voit plongé dans la guerre et les tourmentes de ce qu’il veut pour sa patrie. Mention spéciale au personnage de Szeth que l’on retrouve de loin en loin au fil des parties et qui va probablement s’avérer d’une importance capitale, même si l’on ne sait pas encore laquelle. Sanderson, comme à son habitude, nous a proposé une galerie de personnage haute en couleurs qui colle parfaitement à son histoire.

L’histoire est finalement l’un des seuls défauts de ce roman. Le scénario est prenant mais le déroulement s’avère très lent, l’auteur prenant le temps de développer chaque aspect psychologique de ses personnages. Soyez donc prévenus, Les Archives de Roshar ne sont pas des romans d’actions trépidants, mais bel et bien une pépite de fantasy en matière de création d’univers et d’histoire. Si vous recherchez un roman mené tambour battant passez votre chemin. Mais Brandon Sanderson révèle au lecteur une histoire grandiose, aux ramifications énormes, allant même jusqu’au fait qu’il ait pensé attentivement les noms de chacun des pays. Le travail proposé ici est tout bonnement impressionnant.

De plus l’auteur s’attaque, comme à son habitude, à des thématiques telles que l’esclavage, les clivages sociaux, et développe de nouveau un système de magie et de petites créatures totalement inédit. Il fait ainsi une nouvelle fois la preuve d’une capacité d’observation de la société et d’une imagination débordantes.

La traduction de Mélanie Fazi, qui s’occupe de ses romans depuis le début, est tout bonnement impeccable. Autrice reconnue elle a l’avantage de disposer d’une plume épatante, qui combinée à son talent de traduction donne un résultat parfait de la première à la dernière ligne. Pour m’être essayé à la lecture de ce premier tome en anglais, je peux vous dire qu’il n’a rien de simple…

Avec ce premier volume de La Voie des Rois, Brandon Sanderson nous emmène dans un univers de fantasy bien à lui, puissant et prenant. J’ai été conquis e je compte bien revenir vous parler très prochainement du second volume qui fait pas moins de 800 pages !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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