Salut ! Aujourd’hui, on se retrouve pour parler de Grish-Mère, le tome 2 des Rhéteurs d’Isabelle Bauthian paru chez Hélios.

C’est à Landor qu’on trouve la plus importante école de serviteurs de Civilisation. Ceux qui en sortent, les factotums, savent repasser le linge de leur maître, réciter sa généalogie et éviscérer ceux qui le regardent de travers. Leur fidélité, garantie par des années de lavage de cerveau à la lessive patriotique, n’est plus à démontrer. C’est pourquoi, lorsque Sylve trahit son seigneur et lui dérobe une précieuse relique, c’est l’incompréhension… puis la chasse à l’homme.

Sauf que Sylve n’a jamais rien volé. Et peut-on qualifier de traître celui qui a ajusté ses principes par amour ? Le guerrier naïf qui n’a jamais quitté Landor est en route pour la baronnie de Grish-Mère. Il espère y laver sa réputation, mais il se retrouve à la merci de la puissante Guilde des Épiciers. Son érudition et son excellence au combat ne lui sont alors que d’un faible secours…

Après avoir lu Anasterry, j’avais très hâte de découvrir le reste des baronneries. D’ailleurs, même si ce tome est indiqué comme un tome 2, il peut être totalement lu indépendamment d’Anasterry. On retrouve un même personnage dans les deux romans et quelques références, mais rien qui empêchera de bien apprécier Grish-Mère.

Le personnage principal de ce roman est donc Sylve, un factotum, c’est-à-dire un serviteur destiné à servir un noble, qui sait autant se battre que coudre et qui connaît les poisons comme les vins. Et autant dire que c’est un personnage détestable au début. Il est macho, hautain, méprisant, trop sûr de lui. Alors autant dire que quand il doit se rendre à Grish-Mère, une baronnerie matriarcale, il n’est pas forcément le plus heureux des hommes. C’est en traînant les pieds qu’il va s’y rendre, afin de sauver son honneur ainsi que celui de son maître. Sa confrontation avec le monde réel va le prendre au dépourvu. Certes, il est un guerrier d’élite, mais il avait finalement été préparé pour un tout autre monde. Ses croyances vont être ébranlées, il va être dupé. On va lui mentir, le trahir, le manipuler. Et à la fin, ce personnage qu’on déteste au début, parce qu’il est raciste, homophobe et machiste, change. On apprend à le connaître. L’auteure nous parle de son passé et on comprend son endoctrinement. Au lieu de simplement exécuter, il va aussi se mettre à penser. Sylve est un très bon exemple de personnage intolérant à cause de son environnement et parce qu’on ne lui a pas laissé le choix. Les autres personnages sont également intéressants. J’avais trouvé que les personnages d’Anasterry avaient tendance à être un peu caricaturaux. J’ai trouvé cette fois-ci qu’ils étaient plus en finesse, avec vraiment des personnalités complexes.

Si Anasterry mettait l’accent sur les inégalités entre riche et pauvre, ici, il s’agit plutôt des inégalités homme-femme, comme vous l’aurez sûrement deviné. Même si ce sujet est important, vu que Sylve est souvent confronté au problème que les « gonzesses », comme il aime bien les appeler, aient une position dominante, on n’en reste pas moins dans un roman de fantasy, avec de l’action, des rebondissements et de la magie. C’est quelque chose que j’aime beaucoup avec Isabelle Bauthian : elle sait faire passer des messages et des réflexions de façon intelligente. Grish-Mère est vendu comme un roman de fantasy et c’en est un. L’autrice nous montre cependant qu’on peut aller plus loin et faire réfléchir.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai été charmée par ce roman, autant par les personnages que l’univers et l’écriture. La plume d’Isabelle Bauthian m’a transportée et j’ai été triste de laisser Sylve et ses compagnons. Heureusement, Montès vient de sortir et j’ai hâte de retourner en Civilisation !

Chloé Cloison

Chloé Cloison

Tombée dans la lecture depuis toute petite, j’ai grandi au milieu de ces multiples univers. J’ai toujours eu un goût prononcé pour le fantastique et la fantasy, qui s’est développé au fil des années. Je me suis cependant ouverte sur d’autres styles, tels que la science-fiction et l’horreur. J’ai finalement fait de cet amour pour la langue mon métier en devenant traductrice. Et ça donne une bonne excuse pour rester vautrée pendant des heures sur un canapé/lit/fauteuil à dévorer un livre (et des cookies faits maison).

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