Anthologie futuriste des Artistes Fous, L’homme de demain propose un aperçu de ce que pourrait devenir l’humanité.

Lectrices, lecteurs, vous tenez le destin de l’humanité entre vos mains !

À défaut de vous en lire les lignes, Les Artistes Fous Associés jouent les Nostradamus à l’occasion de leur quatrième anthologie, dédiée au futur de l’homme (et de l’Homme). 16 auteur(e)s venus de toute la francophonie, débutants comme confirmés, vous proposent leurs prophéties, entre lendemains qui chantent et lendemains qui déchantent… De l’utopie au cauchemar.

Cette anthologie explore de différentes manières ce qui pourrait advenir de l’humanité.

L’homme de demain est accro aux machines, comme le racontent énormément des textes présents dans ce recueil (trop à mon goût), il entretient avec les robots et les ordinateurs une relation plus ou moins réaliste et relativement prévisible. Même si j’ai apprécié tous les textes, la récurrence de ce thème m’a dérangée, et il est certain qu’une description de nos vies comme étant exclusivement dépendante de la technologie n’a pas la même originalité aujourd’hui qu’il y a une trentaine d’années.

L’homme de demain est génétiquement modifié, augmenté, évolué et cherche dans les étoiles d’autres lieux où développer son espèce. La musique des sphères propose une vision particulièrement originale de ce que pourrait être notre futur.

L’homme de demain vit dans un environnement hostile qu’il a souvent détruit lui-même, comme le décrivent quelques nouvelles explorant ce que pourraient devenir nos existences dans un tel contexte, parfois avec beaucoup de sensibilité, comme c’est le pas par exemple pour Le cœur sous la cloche.

Mais l’homme de demain n’est pas politique, et c’est sans doute ce qui m’a le plus manqué, frustrée dans ce recueil. Quand on me dit “l’homme de demain”, j’essaye d’imaginer ceux que nous serons dans quelques années, et ce thème n’est absolument pas abordé dans l’anthologie. Tous les textes présentés se passent dans relativement longtemps et ne soulèvent pour la plupart aucune problématique véritablement actuelle. Les sujets ne manquent pourtant pas : migrations de masse, relations homme – animal ou homme – femme, économie, gouvernements… J’aurais pensé trouver plus de textes engagés, décrivant un univers dangereusement proche du nôtre, des histoires dépeignant un monde qui se veut futur pour mieux dénoncer les problèmes du présent.

Ma frustration est issue de ce décalage entre ce que j’attendais et la réalité de ce recueil.

J’ai pourtant pris plaisir à lire ces textes, tous sans exception. Les styles et les histoires sont tous de bonne qualité, aucun ne m’a déplu.

Voici ceux que j’ai préférés (dans l’ordre d’apparition) :

La frontière des rêves, de Tesha Garisaki, qui revisite Philip K. Dick et Inception d’une façon intelligente et interroge la réalité

Paradise 4, d’Émilie Querbalec, une des nouvelles les plus originales de ce recueil, à l’écriture poétique

Caraville, de Nelly Chadour qui, s’il rappelle un peu trop Mad Max ou le Transperceneige, reste lui aussi l’un des textes abordant notre avenir de la façon la plus originale

Patrino, de Vincent Leclerc, qui propose une métaphore fascinante entre le corps humain et la ville qu’il décrit

En définitive, malgré les quelques différences entre ce que j’imaginais et la réalité de ce recueil, je m’y suis agréablement plongée et ne regrette pas de l’avoir lu.

NokomisM

NokomisM

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