Faciem Diaboli – End Of Mankind

« Né début 2015 des cendres des tyrans du black metal français Eternal Majesty, End Of Mankind trouve sa place au sein d’une tradition black des années 90, proche de Mayhem, Satyricon et Darkthrone, tout en apportant bien d’autres influences ».

Ainsi se présente End Of Mankind sur sa page Bandcamp, à la fois héritiers des pionniers du « true black metal » à la norvégienne, et contemporains de la nouvelle vague post-black qui s’étend désormais largement au sein du metal extrême. Mais avant de présenter ce premier album, attardons-nous un moment sur le groupe.

Sagoth et Thorgon, respectivement bassiste et batteur de feu Eternal Majesty, et ayant tous deux officié chez Aosoth et Antaeus, ont lancé End Of Mankind de leur désir de poursuivre sur la voie tracée par leur ancien groupe. Ils ont donc recruté deux guitaristes, Ghoulaxe, qui jouait alors dans des groupes de hardcore, et Nesh, membre d’Azziard, ainsi que le chanteur Anxiferath qui tient le micro chez le groupe black/crust Pyrecult. Après deux splits et l’EP Faith Recoil sorti en 2018, le groupe parisien sort Faciem Diaboli début novembre 2019.

Les multiples influences des musiciens se ressentent tout au long de l’album, avec bien sûr une nette domination du black metal à l’ancienne, teinté de punk. On y retrouve presque quelques touches de black suédois, comme les premières secondes de Howlings And Lurid Figures qui évoquent l’univers musical de Watain. Le très bon Drowning In Solitude commence sur une ambiance très black’n’roll, puis se pose avant de repartir dans un rythme effréné. Plus surprenant, l’album se permet de proposer quelques pistes instrumentales. Misanthropic Urge To Expand et Limbes permettent d’aérer Faciem Diaboli entre deux titres rageurs, laissant l’auditeur reprendre son souffle avant d’être de nouveau écrasé par les vocaux d’Anxiferath et les riffs de guitare impitoyables. Quant au dernier titre, La Sentinelle Des Âmes, ce n’est pas à proprement parler un instrumental, puisqu’il s’accompagne de la lecture d’un poème, mais la voix est en retrait par rapport aux instruments, concluant ainsi l’album avec un lent fondu au noir à l’ambiance oppressante.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, car l’album s’inspire de l’histoire des recluses, ces femmes qui se laissaient pieusement enfermer dans une cellule minuscule à l’entrée des villes médiévales pour les protéger de leurs prières, et où elles séjournaient souvent jusqu’à ce que mort s’ensuive. L’ensemble de l’album se veut donc une approche musicale de la souffrance et de l’enfermement au nom d’une croyance religieuse, et on a aucun mal à se plonger pendant 46 minutes dans l’univers clos, sordide et obscur de ces femmes emmurées.

 

Masterisé par Magnus Lindberg (Cult Of Luna), Faciem Diaboli devrait sans mal trouver sa place dans les collections des amateurs de black metal à la française et plaire aux fans nostalgiques d’Eternal Majesty. Pour les plus mordus, le groupe a sorti l’album au format cassette, selon les traditions anciennes du black metal ; un objet de plus à se procurer pour explorer davantage l’univers artistique de ce nouveau projet.

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