C’est un fait avéré, Phil Anselmo, sulfureux vocaliste de feu Pantera, Down et Superjoint Ritual entre autres, est un hyperactif.
C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à créer Scour, projet Black Metal, un style dans lequel on ne l’aurait pas forcément attendu.
Pour cette nouvelle aventure (qui remonte tout de même à 2015), le gus s’est entouré de quelques délicats troubadours, à savoir John Jarvis (Agoraphobic Nosebleed) à la basse, Derek Engemann (Philip H. Anselmo & the Illegals, ex Cattle Decapitation) et Mark Kloeppel (Misery Index) aux guitares, et Adam Jarvis (Lock Up, Misery Index, Pig Destroyer) à la batterie.

Black est le troisième volet d’une trilogie d’EP proposée par ces joyeux drilles.
Voyons ce qu’il a dans le ventre…

Scour - Black (2020)

Quand on connaît un peu le parcours du bonhomme, on sait qu’Anselmo n’est pas du genre à s’emmerder avec les détails.
C’est donc sans surprise qu’on se retrouve avec un artwork des plus basiques sous les yeux, à savoir un logo dégoulinant sur fond noir et BASTA.
Si tu comptais sur une pochette riche en détails pour te faire une idée de ce qu’il y a dans cet EP, c’est raté… ou pas…

Du coup, bah tu lances la lecture, et c’est Doom qui ouvre le bal.
Un son de sirène introduit le titre, avant qu’une note aiguë ne vienne te chatouiller les dents du fond en se répétant inlassablement sur la première minute.
Un blast furieux accompagné de riffs mineurs dans la plus pure tradition Black Metal font leur apparition et prouvent d’entrée de jeu que le choix du titre de cet EP n’est pas le fruit du hasard.
Le rythme est frénétique. La voix d’Anselmo navigue entre le Black, le Death et le Grind avec une aisance déconcertante.
C’est sale, malsain, oppressant et sans concession.
Deux guests sont présents sur ce premier titre. Le premier en la personne d’Erik Rutan (Hate Eternal), dont le solo de guitare vient illuminer l’ensemble. Le second, plus surprenant et que votre serviteur n’a su distinguer clairement, Jason Momoa (ouais, genre l’armoire à glace beau gosse qui joue Aquaman et Khal Drogo dans ta télé, t’sais) au chant !

Scour Promo

Sans autre transition que quelques coups de caisse claire pour montrer que la tendance n’est toujours pas à l’enfilage de perles, on part sur Nail.
Ce deuxième morceau offre des sonorités qui flirtent avec le Grind dans le riffing et une deuxième partie de titre au mid-tempo épique et plutôt mélodique.
En 2’30 c’est plié, le clou est enfoncé, et on enchaîne avec Propaganda, plus axé Death Metal dans sa globalité, avec des riffs tout en lourdeur.
Anselmo est possédé, soutenu par ses acolytes pour des backing ultra efficaces.

Flames reprend la même formule et alourdit encore le tempo, avec un chant guttural profond et résolument crade.
Ici encore, Scour nous propose un passage plus mélodique qui offre une respiration bienvenue.
Pat O’brien (Cannibal Corpse) fait une apparition sur ce titre sous forme d’un bref solo.
Après 2mn d’un Microbes instrumental au format usé jusqu’à la moelle et donc absolument dispensable, on arrive déjà au dernier titre de cet EP : Subprime.
Retour à un Black Metal plus pur sur cette conclusion, toujours sur un tempo hyper soutenu, avec ce petit arpège hypnotique en guise de lead décliné à la perfection au long du morceau.

Tu l’auras compris, musicalement, on a affaire à du lourd. Le blast beat est roi, la batterie est assassine et parfaitement exécutée, les riffs sont sombres à souhait, la guitare lead fait un excellent boulot, et le chant est suffisamment varié pour asseoir l’ambiance.
S’il te faut des références, on pourra citer en vrac des formations telles que Dark Funeral, le Anaal Nathrakh de l’époque The Codex Necro, ou encore Arkhon Infaustus.

Le son de cet EP est à l’image de la musique et sert totalement le propos. On est loin d’un son moderne et aseptisé, on n’est pas non plus dans le dégueulasse enregistré dans une grotte au fond des bois… Non, on a un son très cru mais suffisamment clair pour apprécier le détail de cette charge d’ultraviolence.

En à peine plus de 15 minutes, Scour met tout le monde d’accord et pond un EP d’une violence incroyable et de très bonne facture.
Loin d’être un “super groupe” où les gars ne comptent que sur la notoriété de leurs autres projets pour se faire une place au soleil sans forcer, Scour s’impose comme un groupe à suivre pour tout amateur de noirceur !

Il reste maintenant à voir ce que tout ça donnerait sur un format plus long…

Black est sorti le 27 novembre via Nuclear Blast Records.

Julien Dijoux

Julien Dijoux

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