Smoke – Dan Vyleta

Ce roman de Dan Vyleta m’a clairement séduit par sa quatrième de couverture, et je dois dire que sa lecture me laisse assez dubitatif au final. Entre imaginaire, philosophie et policier, cette aventure de plus de 750 pages est dense, c’est le moins que l’on puisse dire…

Angleterre, fin du XIXe siècle. À Londres s’entassent les classes laborieuses qui par tous les pores exsudent une infecte Fumée, preuve de leur noirceur intérieure et de leur infériorité. À la campagne vivent les aristocrates, d’une blancheur de lys et qui ne fument jamais, signe de leur vertu et de leur droit à gouverner.

Dans un internat d’élite, Thomas et Charlie, seize ans, s’exercent sans relâche à dompter leurs instincts afin de ne pas fumer. Mais le doute les tenaille : comment se fait-il que l’un de leurs congénères, un vrai petit tyran, soit épargné par la marque du vice ? Avec l’aide de Livia, ils enquêtent sur la nature réelle de la Fumée. Et découvrent que l’ordre établi est fondé sur une scandaleuse duperie.

Dès lors, une lutte à mort s’engage : c’est la guerre de la passion contre la raison, du désir contre la bienséance, du droit contre l’injustice – même si leurs frontières sont souvent imprécises.

Avec la quatrième de couverture vous avez le pitch de base mais celui-ci ne fait qu’effleurer la complexité de la trame scénaristique de Dan Vyleta. Car en effet nous commençons avec Thomas et Charlie, mais bien vite leur aventure leur fait croiser la route de Livia, puis de Lady Naylor, de Julius, et d’une foultitude de personnages. Chacun d’eux, et plus particulièrement Grendel, ont leur place dans le roman quel que soit leur rôle. L’auteur maîtrise de bout en bout leur destin et on sent qu’il les mène d’une main de maître. Au niveau de leurs caractères, de leurs ambitions, de tout ce qui les définit il faut reconnaitre qu’il a su leur donner tous les éléments nécessaires et les faire évoluer au fil des pages.

Le scénario par contre est selon moi le point noir de ce roman. Il est long, trop long à mon sens pour un seul tome, et de fait certaines longueurs viennent s’installer et m’ont poussé à arrêter la lecture plusieurs fois. De même on s’attend à un roman avec un peu de steampunk en lisant la quatrième de couverture, alors qu’en fait il n’en est rien du tout. Le seul élément véritablement imaginaire de ce roman est la fameuse Fumée, qui va être au centre de l’histoire. Mais sinon il s’agit de l’Angleterre Elisabethaine la plus classique qui soit. En fait ce roman s’assimile clairement plus à du polar au vu de l’enquête trépidante que vont mener nos deux, puis trois, jeunes gens. Clairement Smoke est un bon polar on ne peut pas lui enlever ça, mais franchement trop long.

Ce roman est également empreint de philosophie tant sociale que politique et l’auteur distille ses idées au fur et à mesure des pages et de l’évolution des personnages. C’est assez agréable à suivre et cela change un peu de lire un livre qui propose de vraies idées par derrière. Le final laisse d’ailleurs clairement songeur et a su me prendre au débotté.

Smoke me laisse donc un goût doux-amer, avec ses très bons côtés : bon polar, personnages forts, philosophie intéressante, plume agréable. Mais le roman est trop long, il aurait presque fallu à mon sens envisager d’en faire deux tomes. En tous cas Dany Vyleta fait partie des auteurs que je vais suivre car la manière qu’il a d’imaginer ses histoires est vraiment intéressante.

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