L’Empire libéré – Les Faucons de Raverra III – Melissa Caruso

Melissa Caruso revient avec L’Empire libéré, le troisième opus de sa série Les Faucons de Raverra.

Dans ce dernier tome haletant, j’ai retrouvé les qualités et les défauts des livres précédents. Cette trilogie restera, cependant, l’une des rares bonnes découvertes que j’aie faites en fantasy ces dernières années.

Alors que la neige tient à distance les armées conquérantes du seigneur Ruven, dame Amalia Cornaro et la sorcière du feu Zaira tentent de changer le sort des mages de l’Empire raverrain, s’attirant l’inimitié des puissants prêts à tout pour garder le contrôle de la magie. Mais durant la plus grande mascarade de la Cité Sérénissime, Ruven frappe au coeur même de l’Empire –  une attaque dévastatrice visant ce qu’Amalia a de plus cher. Pour avoir une chance de le vaincre, Amalia et Zaira devront affronter leurs pires cauchemars, révéler leurs plus noirs secrets et libérer le feu le plus destructeur de la sorcière…

L’Empire libéré s’ouvre à Raverra sur une intrigue très politique. Les débats et petites manipulations de ce début d’intrigue se sont montrés, cette fois-ci, à la hauteur de mes attentes. Cette entrée en la matière est assez représentative de l’ensemble de la série : on retrouve, dans ce dernier tome, une alternance très bien dosée entre les discussions diplomatiques et les pérégrinations romanesques des héroïnes.

Une fois de plus, on voyage beaucoup à travers les trois lieux principaux de la série : Raverra, Ardence et le Vaskandar. Cette diversité de paysages m’a plu tout autant que précédemment. Au fil des pages de ces trois livres, l’auteure nous a présenté des lieux très différents, riches et réfléchis, qui portent chacun leurs spécificités. J’ai beaucoup apprécié cet aspect.

Les personnages restent fidèles à eux-mêmes, et je les ai retrouvés avec plaisir.

Amalia, protagoniste principale, se débat toujours pour rester humaine, et plus encore au vu de la situation politique qu’elle se voit désormais occuper. Ses doutes, ses cheminements intérieurs et ses décisions sont intéressants à suivre car ils sont bien amenés : aussi terribles que soient certains de ses choix, on en vient à les comprendre et à les approuver. Quant à Zaira, elle gagne en profondeur au fur et à mesure qu’on la découvre, et ce troisième tome la révèle de plus en plus.

Seul le personnage de Kathe m’a un peu frustrée car il manque, je trouve, de développement. Je comprends qu’il garde un aspect un peu énigmatique, mais il me semble qu’il aurait pu être plus étoffé : en définitive, on n’en apprend pas tellement plus sur lui que dans le tome précédent alors qu’il s’agit du dernier opus.

Enfin, Ruven est le méchant par excellence, peut-être d’ailleurs un peu trop pour être crédible dans son manichéisme. Certes on adore le détester, mais sa mauvaiseté est telle qu’il en perd en réalisme. Aucune explication ne vient véritablement nous éclairer sur son fonctionnement intellectuel, ce qui est un peu dommage au vu de l’attention qu’accorde l’auteure à la psychologie de ses personnages principaux.

Parmi les points positifs, l’égalitarisme entre les hommes et les femmes est toujours très présent. Dans la traduction, on note même l’utilisation du pronom iel pour désigner un individu au sexe inconnu… malheureusement, dès que les accords pointent le bout de leur nez, c’est (encore!) le masculin qui l’emporte : c’est dommage, car cela annule un peu le choix expliqué par le traducteur en début de roman.

Une fois de plus, le final de ce tome m’a laissée un peu mitigée. Le combat final contre l’abominable méchant s’est montré à la hauteur de mes attentes : il est riche en suspense et en rebondissements. En revanche, la résolution des dilemmes moraux m’a semblé un peu trop facile au vu de la complexité que l’auteure nous fait miroiter depuis le départ.

L’Empire libéré est donc un troisième tome qui, malgré quelques éléments dérangeants, se montre à la hauteur des romans précédents et clôt cette trilogie de fantasy en beauté.

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