Arrow saisons 1 à 4 – Marc Guggenheim, Greg Berlanti, Andrew Kreisberg

Les + :

– Du super-héros à haute dose, assez bien écrit

– Un ton sombre

– Quelques arcs hyper efficaces

 

Les – :

– Un côté soap US qui agace

– Une saison 3 ratée

– Une production (décors, musique etc) trop souvent fauchée

Oliver Queen est de retour ! Porté disparu depuis cinq ans, il revient à Starling City après des années, échoué sur l’île de Lian Yu. Mais il a profondément changé : le playboy milliardaire a décidé de prendre ses responsabilités vis-à-vis de sa ville, qu’il entend sauver des malfrats et de la corruption. Pour cela, il enfile la capuche et devient le justicier Arrow.

En 2012 sort au cinéma The Dark Knight Rises qui conclue la trilogie Batman de Christopher Nolan. Bien décidés à surfer sur son succès, la Warner et DC lancent la production d’une série télévisée proche : Arrow. Tout y est dans le traitement avec ce milliardaire qui vit une double vie, son repaire secret, sa « team Arrow » qui le seconde et qui va devenir une vraie équipe de super-héros.

Mais la série va développer au fil des ans un rythme et un style qui lui est propre. Mi soap, mi série super-héroïque, vaut-elle vraiment le coup ?

Arrow impose dès ses premiers épisodes un rythme narratif élevé basé sur une construction en deux temps : dans chaque épisode, une partie raconte la vie actuelle d’Oliver Queen, sa réadaptation au monde actuel, ses débuts sous le masque de justicier avec leur lot de violence. De nombreux flashbacks viennent expliquer en parallèle ce qu’il a vécu pendant sa disparition sur Lian Yu et comment il s’est transformé de chétif playboy en tueur impitoyable. Les intrigues, à priori séparées, s’entrecroisent et la découverte de l’univers de la série fonctionne alors très bien.

Sauf que très vite, la série affiche un problème récurrent qui peut vite taper sur le système du spectateur : elle développe un côté soap US tout à fait agaçant. Rapidement, les « je t’aime-moi non plus » se mettent en place, les conflits familiaux se développent, les bons sentiments se croisent trop souvent. Tout l’enjeu pour la série sera de trouver un équilibre entre ses deux facettes, ce qu’elle échoue souvent à faire car le soap ne coûte pas cher et peut se recycler à l’infini, là où les enjeux super-héroïques nécessitent un investissement scénaristique et un peu de budget.

Le personnage d’Oliver Queen est le symbole de toute cette ambivalence : doté d’une belle présence physique bien mise en scène, son interprète Stephen Amell fait un Oliver/Arrow crédible, mais la répétition ad nauseam des mêmes questions (Est-ce que j’agis au mieux ? Est-ce que je suis un homme bon ? etc) pendant quatre saisons a tendance à nuire.

Les scénarios globaux de chaque saison se révèlent assez inégaux :

– La saison 1 introduit les enjeux globaux, les principaux personnages et le rythme de la série. Elle profite de la présence, dans le rôle du méchant, de Malcolm Merlyn (aka John Barrowman, aka Captain Jack !) et d’une narration très soutenue dans les flashbacks sur Lian Yu, ce qui ne sera pas le cas tout le temps.

– La saison 2 bâtit son intrigue sur l’opposition entre Oliver Queen et Slade Wilson, aka Deathstroke. Ce conflit s’est mis en place lentement, dans la saison 1, avant d’atteindre son paroxysme au cours de cette deuxième partie. Arrow se montre alors jusqu’au boutiste et sombre, comme lors de la mort de l’amour de Queen et Wilson, ou du froid assassinat d’un membre de la famille Queen. L’implacable machinerie de la vengeance va les amener à faire un remake de la fin de The Dark Knight Rises : alors que Deathstroke assiège la ville de Starling, Arrow va rassembler une équipe pour l’affronter. Ce duel tiendra toutes ses promesses, malgré un léger manque de moyens. La preuve que l’univers DC TV peut dépasser son image potache pour livrer une histoire efficace et sombre.

– La saison 3 est par conséquent une cruelle déception. Elle se centre sur la Ligue des assassins et son méchant n’est autre que Ra’s Al Ghul ! Coucou Batman Begins. Las, l’acteur choisi pour incarner Ra’s, Matthew Nable, est un peu l’antithèse du charisme et il échoue totalement à faire croire à son surpuissant personnage. De plus, les flashbacks commencent à fortement dévier de l’objectif principal, même s’ils permettent d’introduire deux chouettes personnages avec Maseo et Tatsu.

– La saison 4 acte la mort des flashbacks, devenus des béquilles pour justifier des éléments du scénario global. Ils sont de plus en plus rares et courts. Le rythme global s’en ressent. Heureusement, l’arc de l’opposition entre Damien Dahrk (jubilatoire Neal McDonough) et la team Arrow vaut suffisamment le détour et intrigue tout du long. Il n’empêche, la série semble avoir fait le tour et aura besoin d’un réel ressort dramatique pour aller plus loin.

Côté casting, l’équipe reste stable autour du noyau Oliver Queen (Stephen Amell), Felicity Smoak (Emily Bett Rickards) et John Diggle (David Ramsey). Avec des antagonistes réguliers sur une saison, la série se montre extrêmement constante de ce point de vue. Il y a tout du long des saisons des guests très intéressants (Jamey Sheridan, James Callis, Ben Browder, Alex Kingston, Summer Glau, Nicholas Lea…). Ça reste une qualité d’Arrow dans l’ensemble.

Et d’un point de vue technique, Arrow reste moyen tendance fauchée, avec une musique particulièrement peu inspirée et générique de Blake Neely (hors générique).

Conclusion :

Arrow est une série efficace et parfois addictive, polluée par une inégalité scénaristique, notamment par l’aspect soap qui prend souvent le pas sur la partie super-héroïque. Mais arrivée à mi-chemin, elle conserve de fortes qualités qui la rendent agréable à suivre. C’est déjà pas mal, même si elle pourrait se permettre d’être plus ambitieuse.

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