Les +:

  • un scénario maîtrisé
  • des personnages attachants
  • un humour décapant!
  • une ambiance agréable

Les -:

  • une fin un peu vite expédiée

La famille Addams, qui vivait jusque-là retranchée dans leur demeure, juchée en haut d’une colline brumeuse du New Jersey, se prépare à recevoir sa famille à l’occasion de la Mazurka de Pugsley. Une cérémonie aux allures de rite de passage qui doit se dérouler devant la famille au complet et où le jeune garçon doit prouver qu’il est prêt à devenir un véritable mâle Addams. Mais ils ne savent pas que leur voisine du bas de la colline — la décoratrice d’intérieur et animatrice de télévision aux dents longues Margaux Needler — est en train de mettre sur pied un quartier préfabriqué, tout en couleurs pop et en perfection. Quand le brouillard se lève, révélant la demeure des Addams, la sombre bâtisse semble se dresser entre la jeune ambitieuse et son rêve de vendre toutes les maisons du quartier pour devenir la personnalité la plus plébiscitée que la télévision ait jamais créée.

Long-métrage d’animation passé assez inaperçu, La Famille Addams version 2019 est un film totalement réussi!

Les auteurs réussissent à mettre en avant trois thématiques importantes: les enfants ne sont pas comme leurs parents, la dérive de l’assimilation sociale où tout le monde doit ressembler à tout le monde et enfin la dérive des réseaux sociaux. Ces trois éléments se mêlent habilement avec un humour décapant.

Contrairement à ce que j’avais pu penser, le film n’est pas à destination des enfants. Parsemé de nombreuses références (Ca par exemple) et de blagues caustiques (notamment avec l’oncle Fétide), il est à regarder à partir de 11/12 ans si l’on veut vraiment tout comprendre et rire franchement.

À ces éléments viennent s’ajouter trois intrigues de personnages. D’abord, le couple Addams qui tente de vivre tranquillement et de voir leurs enfants grandir dans un environnement des plus effrayants. La relation Morticia/Gomez est le socle de cette famille étrange qui, plus que le côté “freak”, met en avant la différence sous toutes ses formes (physiques, goûts culturels, activités, façon de travailler…).

Vient ensuite Mercredi qui est au cœur de l’histoire. La jeune fille voudrait découvrir le collège, car elle est intriguée par les us et coutumes des habitants d’en bas. Sa nouvelle relation avec Parker induit chez elle des changements vestimentaires et de goûts que n’apprécient pas du tout sa mère. Sous couvert de scènes comiques, les auteurs nous parlent tout simplement de l’adolescence et des conflits naissants avec les parents et notamment de l’évolution du rapport mère/fille à cet âge. C’est montré tout en justesse sans jamais rentrer dans d’éclatants conflits pleins de cris et de colère.

Enfin, Pugsley doit réaliser sa Mazurka, une tradition chez les Addams qui permet aux garçons de devenir adultes. Le conflit avec le père n’est pas signe du passage à l’adolescence; c’est ici un autre sujet qui est mis en avant. Pugsley est prêt à se soumettre à ce rite de passage, mais avec de nouvelles techniques ce qui fait craindre à Gomez que son fils ne soit pas accepté par sa famille. Vous l’aurez compris, la thématique de l’acceptation de la différence est au cœur du film qui la met en avant de toutes les façons possibles!

Les personnages sont tout à fait touchants et chaque conflit est présenté avec une certaine subtilité.

L’introduction des Addams dans la vie paisible, mais sans saveur des habitants d’Assimilation (pas besoin d’expliciter plus…) va perturber les desseins de Margaux. Décoratrice d’intérieur renommée et suivie par des milliers de téléspectateurs, elle a créé de toute pièce cette ville en préfabriqué rose-bonbon. La Famille Addams, décalée, étrange et atypique la dérange, car elle dénote dans sa ville parfaitement lisse. Pour tromper les habitants et faire croire que les Addams veulent détruire leur ville, Margaux va utiliser les réseaux sociaux en abreuvant ses moutons de messages de haine. Tout ça est tout à fait d’actualité et nous pousse à nous interroger sur comment nos comportements d’adultes peuvent rejaillir sur les plus jeunes.

Visuellement le film est très réussi avec une ambiance “spooky” parfaitement maîtrisée, mais jamais too much. Le manoir gothique tient une place particulière avec son aspect maison hantée de Disney.

Le petit plus à noter: l’arbre vivant Ichabod qui fait sans aucun doute référence au Saule Cogneur de Harry Potter.

CONCLUSION

Alors, est-ce qu’on regarde La Famille Addams pour Halloween? Carrément!

L’humour très décalé et les sujets profonds développés méritent qu’on regarde ce long-métrage d’animation en famille. On rit franchement, mais on réfléchir également sur notre façon de vivre avec les autres et notre obsession du regard extérieur. De quoi méditer tout en passant une soirée délicieusement amusante!

Autre conseil: pour rester dans l’animation, laissez-vous tenter par le très chouette Monster House

Arwen

Arwen

Je m’appelle Marie et j’ai 29 ans. J’ai fait des études de cinéma pour devenir scénariste. J’ai travaillé entre autre pour des chaînes jeunesse et des productions de dessins animés. Egalement auteur jeunesse, j'ai publié 4 livres à ce jour. Je suis une passionnée de littérature et de cinéma bien sûr! Tout ce qui touche au fantastique (et à ses cousines Fantasy et Féerie) me parle tout particulièrement. Je développe actuellement mon premier roman pour la jeunesse!

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