A l’occasion des 30 ans de Misanthrope, le groupe a entamé une tournée spéciale dans laquelle il reviendra sur toute sa carrière. Après avoir commencé cette tournée le 27 Octobre 2018 dans le cadre du festival organisé en l’honneur des 20 ans de Garmonbozia Inc., les deux parties refont affaire ensemble en programmant la date parisienne de cette tournée. Nous sommes donc le 30 Novembre 2019 à Petit Bain à Paris pour passer la soirée en compagnie de Hazpiq et de Misanthrope !

J’arrive un peu avant le début du set de Hazpiq dans une salle assez vide pour un samedi soir. Dans une ambiance très détendue, chaque personne attend sagement dans le calme l’arrivée du premier groupe de la soirée.

Hazpiq est un groupe de métal progressif créé en 2015 à Paris. Ce dernier nous a livré, tout début 2019 leur premier opus Cepheid, qu’ils viennent donc défendre ce soir.

Le concert commence par une introduction permettant aux musiciens d’entrer en scène, avant de commencer la première chanson de la soirée pour pouvoir voir entrer la pièce manquante du groupe, ce qui apporte beaucoup à l’originalité de ce dernier, la chanteuse de la formation ! Le groupe est donc composé de 5 personnes, Siméon à la guitare et à la voix, Lylian à la batterie, Joseph à la basse, Manuel à la guitare, et Melody au chant. Ce qu’on remarque de prime à bords, c’est que le chant est assez présent et permet d’amener pas mal de douceur à la musique qui ne l’est pas forcément toujours, sans pour autant paraître mou, Melody est tout autant capable d’avoir un chant hurlé. J’ai l’impression d’entendre un mix entre la voix de la chanteuse d’Evanescence lors des passages chant clair et la voix de Laure Le Prunenec de Igorrr entre autres pendant les phrasés en chant hurlé. De plus, la voix hurlée de Siméon qui par moments soutient la voix claire permet d’avoir un mélange très beau et très puissant.

La musique est très bien exécutée, on a devant nous de très bons musiciens, pas une fausse note n’est à déplorer. Le groupe nous offre quelques passages de double tapping entre les deux guitaristes très agréable à entendre, et le batteur nous offre un jeu très soigné, une très bonne technicité est à souligner dans ce groupe !

Au niveau influences, on peut clairement entendre celle de Gojira, en particulier dans la chanson Epacte où le tapping m’a directement fait penser à la chanson Oroborus, de même pour la fin de la chanson où l’on peut entendre le même type de riffs. Cependant, les influences venant de la musique progressive et le chant féminin font que ces influences restent des influences et donnent à Hazpiq une vraie identité.

Le son est très bon pendant le show et le public est très attentif. Le manque d’une salle pleine n’enlève à personne le fait d’apprécier le concert, et bien au contraire, tout le monde peut de façon très confortable se faire sa propre idée sur ce qui nous est proposé, et du côté du groupe, on voit très bien que le plaisir est là et que la musique est jouée avec envie !

Après avoir joué Theory Of Everything et sa fin assez majestueuse, Melody prendra la parole pour la seule fois du show afin de remercier le public et l’organisation de la soirée, avant de quitter la scène pour laisser place au reste de la soirée.

Globalement, ce concert était très bien pour commencer la soirée. Les morceaux ont été composés et sont joués sur scène avec talent. C’est un peu dommage pour le nombre de personnes présentes dans l’assemblée, mais j’espère sincèrement pouvoir revoir Hazpiq dans une salle un peu plus pleine, pour un peu plus que 30 minutes. Il y a du talent, et quand il y a du talent, il y a de l’avenir !

Setlist : Intro / To Nothing / From Dust / Epacte / Saros / Theory Of Everything

 

L’entre deux groupes me redonne une vision plus claire sur la salle, où l’on a pas mal de monde qui sont arrivés entre temps, loin d’être complet mais assez pour faire oublier l’image d’une salle vide. Le temps de prendre l’air quelques minutes et de revenir, je me positionne pour pouvoir écouter le groupe pour lequel nous sommes venus : Misanthrope !

 

Misanthrope est un groupe de Metal extrême, avec un penchant clair pour le Death Metal, formé en 1988 en Seine-Saint-Denis. Cela fait donc 31 ans en 2019 que le groupe existe. C’est pourquoi ces derniers ont décidés de réaliser une tournée anniversaire pour leurs 30 ans. Après avoir vu ce show une première fois en 2018 à l’occasion des 20 ans de Garmonbozia Inc. à Rennes, l’envie de le revoir une fois de plus était bien présente. Et puis je me suis dis qu’il y aurait certainement quelques choses différentes à Paris, le groupe venant du coin, sait-on jamais ! On verra plus tard que je ne me suis pas trompé et que le groupe nous a réservé quelques petites surprises lors de cette date !

Il est 20h40 et Misanthrope entre en scène avec la petite mélodie électronique marquant le début de La Fabrique du Fataliste. Le groupe entre en scène, et tout de suite on peut voir que le public qui s’est déplacé est un public de fans. S’il ne fait aucun doute que la salle n’est pas pleine, le public présent se donne ! Il est assez nombreux pour créer une très bonne ambiance, on l’entend crier, il peut reprendre les refrains en chœurs, c’est parfait ! Cette première chanson nous laisse observer le look si culte du groupe, agrémenté de vestes en cuir et de lunettes de soleil pour le chanteur Philippe Courtois de l’Argilière, et on peut d’ores et déjà entendre le talent du bassiste Jean-Jacques Moréac lors d’un super solo. Dès la fin de la chanson, Philippe fera crier le nom du groupe au public, et ça marche très bien, le public est là, c’est sûr, une bonne soirée est en perspective !

Puis les tubes s’enchaînent, et en effet, tous les albums sont représentés ! De Hater of Mankind à Alpha X Oméga, en passant par Misanthro-thérapie (qui n’est pas vraiment un album nous précise notre frontman), les vrais fans ne peuvent qu’être ravis d’une telle setlist !

Le son est encore une fois extrêmement bon, on peut entendre chaque instrument bien distinctement, et c’est super agréable ! Musicalement, pour les quelques personnes qui seraient tombés sur cet article par hasard, on est sur quelque chose de globalement Death, très Death même, mais un peu tous les styles de metal extrême classiques influencent la musique de Misanthrope. On peut entendre des blasts, de la double pédale, des riffs bien graves comme des sons au synthé et des solos qui sonnent très Heavy, ce qui en fait un groupe à part entière qui ne ressemble à aucun autre groupe. De plus, le chant français qui souvent rebute aux premiers abords passe parfaitement bien ici. D’ailleurs, le groupe a aussi sorti certains de ses titres en anglais, mais vraiment, ce n’est pas pareil, on est avec Misanthrope, donc la langue de Molière semble plus qu’indispensable !

Venons en aux petites surprises proposées pour le concert parisien. Arrivée à la seconde moitié du concert, la chanson Maudit Sois-tu Le Soleil est annoncée, et quelle ne fut pas ma surprise de voir entrer en scène notre chère collègue d’eMaginarock, mais aussi frontwoman du groupe Moonskin, Delora ! En effet, j’apprends par la suite que Philippe C. souhaitait un duo avec une chanteuse pour cette date, et que le producteur de l’album de Moonskin, qui s’est aussi occupé du son du dernier album de Misanthrope, a pu mettre les deux chanteurs en contact. C’est ainsi que ce duo a pu se faire. Et c’était superbe ! Visuellement, les deux chanteurs nous sont apparus avec des masques qui seront amenés à être enlevés au fur et à mesure de la chanson, et Delora, qui est arrivée encapuchonnée lors des premiers instants de la chanson, avait de l’énergie à revendre, c’était rythmé, tout était nickel ! Et musicalement, l’union des deux voix était très belle à entendre, ce fut un très bon choix de duo, bravo pour ça !

Enfin, seconde surprise venant de la part du groupe, si la plupart des concerts de la tournée se terminaient avec la chanson Bâtisseur de Cathédrales, la date parisienne se verra offrir une chanson supplémentaire avec Tranchées 1914, laissant au public de quoi épuiser ces dernières forces avant de pouvoir quitter tranquillement la salle et retourner à une vie normale.

Setlist : La Fabrique Du Fataliste / Aenigma Mystica / Névrose / Hater of Mankind / Et ainsi le Lotus / Libertines Humiliations / Sulfureuses Contestations / Le Roman Noir / Emmurement / Maudit Sois-tu le Soleil / Aquarium / Passion Millionnaire / La marche des Cornus / Théâtre Bizarre / Bâtisseur de Cathédrales / Tranchées 1914

J’ai passé une excellente soirée à Petit Bain pour ce concert. Entre Hazpiq qui nous a montré qu’ils étaient des musiciens de talent et Misanthrope qui nous a fait ressentir l’émotion qui émane lorsque l’on regarde l’entièreté de leur oeuvre, les personnes qui se sont déplacés auront eu ce pourquoi ils sont venus ce soir. J’ai particulièrement aimé le fait de nous faire un brin d’histoire entre chaque chanson lors du show de Misanthrope, nous rappelant la date de l’album, le contexte de la rencontre entre Philippe et Jean-Jacques, etc… Tout ceci nous faisait vraiment nous rendre compte de toute les histoires qu’ont pu vivre les membres du groupe, et de tout le travail qui a été accompli jusqu’à maintenant.

Merci à Garmonbozia Inc. d’avoir programmé cette date, et merci à Hazpiq et Misanthrope pour ce concert de grande qualité !