La mort immortelle – Liu Cixin

La trilogie du Problème à trois corps prend fin avec La mort immortelle. Liu Cixin est, pour moi, une vraie découverte en ce sens qu’imbriquer des idéogrammes chinois et leur contexte, des extraits de cette culture millénaire, des notions scientifiques poussées tant en astronomique qu’en physique quantique et le fait de passer du roman au documentaire historique donne un mélange détonnant et, pour ma part, inédit.

Nous sommes à la fois dans de la hard science et dans du space opera. Nous avons avec La mort immortelle un final grandiose pour cette trilogie qui va certainement devenir un classique. En effet, la Terre est toujours sous la menace de Trisolaris et de sa flotte qui fait route vers le système solaire. Les distances ont été abolies et les progrès quantiques ont permis des communications quasi instantanées entre les deux civilisations.

Ainsi les échanges entre la Terre et la flotte trisolarienne semblent apaisés. Trisolaris a beaucoup appris de la culture terrienne et il n’est dorénavant plus question pour eux d’exterminer les terriens. En contrepartie, ils ont transmis quelques progrès techniques à la Terre. Tout cet équilibre repose sur les antennes d’ondes gravitationnelles qui peuvent à tout moment indiquer à tout l’univers les localisations de la Terre et de Trisolaris, les exposants ainsi aux autres civilisations.

Un être sur Terre est le Porte-épée, il a en permanence à portée de main le bouton qui déclenchera les ondes gravitationnelles. Lorsqu’il faudra le remplacer, Trisolaris va tenter sa chance et c’est d’un point inattendu de l’univers que la destinée de l’humanité va se jouer, au travers d’une découverte scientifique extraordinaire.

Pour avoir trop souvent essayé d’appréhender les théories scientifiques des deux premiers volumes, j’avoue m’être parfois égaré dans ce récit. Ce troisième volume se veut plus démonstratif que sentencieux. Le lecteur doit accepter de se laisser porter et il va alors découvrir bien des merveilles, cachées dans l’univers. Ce roman resitue sans emphase l’Homme dans l’univers qui l’entoure.

De nos jours, la science émet des hypothèses sur la cohésion de l’univers. La vision portée par ce roman nous en présente une tout à fait passionnante, tout en ne reniant pas la théorie des cordes à la mode depuis une décennie. Ainsi ce roman est pour moi une réussite absolue de space opera, bien au-délà de tout ce qui a pu être écrit à ce jour. La traduction de Gwenaël Gaffic mérite d’être mise en avant, car il allie parfaitement la culture asiatique à la nôtre sans les trahir. Une merveille littéraire absolue qui nous permet d’entrevoir les relations complexes entre les dimensions.

La mort immortelle
Liu Cixin
Couverture illustrée par Stephan Martiniere
Traduction du chinois par Gwenaël Gaffric
Editions Actes Sud
Collection Exofictions
2018

26,00 €

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