Good Omens – Douglas Mackinnon

À travers les âges, l’ange Aziraphale et le démon Rampa ont noué une amitié contre-nature. Mais quand s’annonce l’arrivée de l’Antéchrist et l’ultime affrontement de la fin du monde, ils vont lier leurs forces pour tenter de l’empêcher. J’ai bien dit tenter…

Produite par la BBC et Amazon Prime à partir du roman de Terry Pratchett et Neil Gaiman, Good Omens (Le titre VF du roman est De bons présages) est une minisérie en six épisodes qui joue à fond la carte de l’humour british dans le cadre dramatique de l’annonce de la fin du monde. Mais, on le verra, cette intrigue n’a pas autant d’importance que son duo de personnages drôle et touchant qui constitue un divertissement à lui tout seul.

En effet, Aziraphale (Michael Sheen) et Rampa (David Tennant) constituent la principale attraction de Good Omens : leurs dialogues bien tournés, les situations cocasses ou embarrassantes, leurs actions ou inactions sont au cœur du scénario. Cette amitié contre-nature entre un ange et un démon donne lieu à un déluge de cabotinage maîtrisé, entre un Tennant à l’accent terrible et aux performances capillaires dignes d’un Nicolas Cage des grands jours, et un Michael Sheen au phrasé élégant,  faussement naïf qui tranche avec son égoïsme.

L’exemple le plus frappant de leur importance est l’épisode trois. Sa scène pré générique y dure la moitié de l’épisode et porte exclusivement sur le duo. Ce festival de situations drôles éclipse totalement l’intrigue principale qui semble bien pâlotte en comparaison.

Résultat, le binôme Sheen-Tennant vampirise l’intégralité de la performance à l’écran. Le casting secondaire manque de charisme et les rares apparitions des guests stars nombreuses (Jon Hamm, Mark Gatiss, David Morissey, Miranda Richardson, Derek Jacobi ou les performances vocales de Brian Cox, Frances McDormand et Benedict Cumberbatch…rien que ça !) ne suffisent pas à compenser.

La principale victime en est l’intrigue principale de l’Antéchrist et la fin du monde. Menée d’abord sur un ton potache, elle s’enlise dès le second épisode à coup d’allers venues entre différents personnages qui n’ont pas grand intérêt. Elle finit par accélérer en toute fin pour donner une conclusion dans le ton du reste de Good Omens. Toutefois, ce ton devenu assez sage ne permet pas de s’enthousiasmer outre-mesure et un sentiment d’inachevé vient parasiter le bon sentiment que l’on peut avoir de l’ensemble.

D’un point de vue technique, l’ensemble est réussi. Les effets spéciaux sont plutôt bien intégrés, malgré une intégration des décors non-naturels (Le jardin d’Éden…) parfois laborieux. La réalisation ménage ses effets et est le fruit du travail de Douglas Mackinnon, un artisan d’expérience qui a collaboré à Sherlock, Jekyll, Khightfall, Outlander ou Doctor Who. Les décors et costumes sentent la production anglaise à plein nez, avec toutes ses qualités. Il faut dire que l’équipe technique réunie autour de Good Omens est d’expérience. Il est amusant de constater que certains techniciens, comme le directeur de la photographie Gavin Finney, a travaillé aussi sur l’adaptation en 2008 de la huitième couleur (de Terry Pratchett).

La musique de David Arnold fait le job, notamment grâce à la ritournelle qui sert de générique. Elle permet de bien retranscrire le sentiment global que le grand cirque du destin est en marche, et qu’il est taquin !

 

Conclusion

Malgré une intrigue principale un peu laborieuse, Good Omens affiche les qualités d’une série de prestige : casting de talent, production solide, réalisation à l’avenant. Portée par un duo Michael Sheen-David Tennant impérial, elle offre un bon moment de divertissement pour qui aime l’humour so british. Mais attention : ça ne va pas plus loin. L’offensive sur nos genres préférés continue chez Amazon Prime avec la sortie, ces jours-ci, de Cardinal Row. J’ai hâte d’y jeter un œil…

Good Omens

Une minisérie de Douglas Mackinnon

Ecrite par Neil Gaiman d’après le roman co-écrit avec Terry Pratchett

Avec David Tennant, Michael Sheen, Jon Hamm, Mark Gatiss, David Morissey, Miranda Richardson, Derek Jacobi, Frances McDormand

Disponible sur Amazon Prime

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