Yesterday’s gone – Sean Platt et David Wright

plattwrightyesterdaysgoneS1E1La tradition du feuilleton reviendrait-elle avec le numérique ? Alexandre Dumas, Eugène Sue, Jules Verne et bien d’autres auteurs écrivirent sous la forme du feuilleton des romans qui firent les belles heures de nombreux journaux de leur époque. Depuis, nous avons toujours eu des séries dans diverses revues ou des ouvrages fragmentés dans les journaux sans que cela n’ait le même impact car soit les auteurs n’étaient pas connus ou alors l’ouvrage d’origine aura déjà vécu en broché puis en poche avant d’être resservi tel du gigot froid. Il y a quand même eu des tentatives, mais uniquement dans le livre et je pense tout particulièrement aux éditions Librio qui livrèrent sous forme de feuilleton la première version de La ligne verte de Stephen King et Les derniers hommes de Pierre Bordage. Hormis cela, rien n’a jusqu’ici remis à l’honneur le feuilleton.

Fleuve Editions a acquis les droits d’un page-turner qu’on doit à Sean Platt et à David Wright intitulé Yesterday’s gone. Nous allons déjà pouvoir accéder en 2016 aux deux premières saisons de six épisodes – d’une centaine de pages – chacune de cette série qui a connu un franc succès lors de son lancement outre-Atlantique. La version numérique de l’ouvrage a été confiée à 12-21 Editions et depuis le 17 décembre 2015 le premier épisode de la saison 1 est disponible GRATUITEMENT sur les principales plateformes de téléchargement. A raison d’un épisode par mois, les épisodes suivants seront vendus à 3,99 € l’épisode. Il est à noter qu’une version papier, réunissant à chaque tome deux épisodes, sera disponible à compter du 10 mars prochain au prix de 11,90 € le volume.

Le premier épisode porte le sous-titre de Deux heures et quart du matin car c’est à cette heure que la grande majorité de la population mondiale a disparue. Là je vois déjà des têtes dodeliner en pensant « Ouais, une nouvelle resucée des LeftloversLes disparus de Mapleton en France – de Tom Perrotta… » Mais non, pas du tout, car nous sommes ici dans un récit qui va passer par un mode survivaliste pour basculer progressivement dans le post-apocalyptique avec des personnages haut en couleur. En effet, chaque épisode est composé de plusieurs chapitres consacrés à un personnage différent et à sa perception de ce nouveau monde.

Ainsi, dans ce premier épisode, nous suivrons six héros malgré eux comme ce journaliste surbooké qui a décidé de consacrer sa journée à sa famille, mais qui n’a pas de chance, car ils ont tous disparus, ou bien ce tueur en série qui se trouve bien dépité de ne pas retrouver ses dernières victimes et qui commence à s’interroger quant à la suite de la pratique de son art. Bien entendu, le récit est sous-tendu par trois grandes questions : que s’est-il passé ? pourquoi les animaux ont-ils été épargnés bien qu’ils semblent différents ? et quelles sont ces choses qui effrayent parfois les survivants ?

Les personnages sont attachants, le style percutant et l’intrigue rudement bien menée car on a du mal à se détacher de la lecture. Nous avions des séries télévisées dont nous ne pouvions pas nous séparer avant que le générique de fin ne se mette à défiler. Nous avons dorénavant une nouvelle dimension de la série sur support numérique et je pense que c’est une des applications qui exploitent au mieux le numérique, avec la réalité enrichie qui est appelée à prendre toujours plus d’ampleur. Pour conclure, je vous rappelle que le premier épisode numérique est gratuit et vous invite vivement à profiter de l’aubaine pour découvrir cette série, histoire de voir si l’aventure vous tente, mais attention le cliffhanger est redoutable…

Yesterday’s gone
Sean Platt et David Wright
Couverture illustrée par Laurent Besson
Traduction par Hélène Collon
Fleuve Edition et 12-21 Editions
2015

3,99 € l’épisode numérique, le premier épisode est gratuit
11,90 € les deux épisodes papier

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