Sunshine – Sunshine T.1 – Paige McKenzie

Sunshine t1Sunshine fête ses seize ans juste avant de quitter le soleil de Houston pour la grisaille d’une petite ville du nord, baignée par la pluie et à l’atmosphère peu engageante. Mais c’est dans l’hôpital local que sa mère Kate a décroché le poste à responsabilité dont elle rêvait aussi la jeune fille tente t-elle de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Mais rien n’est gagné : leur nouvelle maison choisie sur internet est sombre, presque lugubre et surtout glaciale en dépit des efforts non modérés des radiateurs. Dès le premier soir, Sunshine se sent mal dans ce lieu hostile qui l’éveille en pleine nuit par des bruits de pas, des murmures et une voix d’enfant dont elle ne trouve pas la source. Chaque nuit est un calvaire et la jeune fille, souvent seule dans la maison, ne dort presque plus. Un soir, ce sont des hurlements qui les alertent, elle et Kate, avant de cesser brusquement. Le lendemain matin, Sunshine est abasourdie lorsque sa mère lui affirme ne se souvenir de rien. Seule face aux mystères de cette maison hantée, la jeune fille trouve un allié de choix dans son lycée, quelqu’un qui croit aux fantômes et va l’aider, Nolan. Le combat sera rude…

Les récentes publications de romans destinés aux adolescents tournent souvent autour des mêmes thèmes et des bonnes vieilles ficelles. C’est l’impression que l’on a à la lecture des premiers chapitres de Sunshine. Tout y est : une adolescente déracinée de la ville et des amis qu’elle aime, une ville sombre, pluvieuse qui transpire les manifestations surnaturelles avant même qu’elles ne soient vécues par l’héroïne, une maison hantée avec tous les accessoires, un cas de possession classique et le garçon bienveillant, preux chevalier ou presque qui sera le seul allié de l’héroïne.

On s’attend presque à le voir se transformer en loup-garou ou en vampire… Mais non.

Une fois ces bases entendues présentées, Paige McKenzie s’est évertuée à travailler son récit avec un style propre pour y inscrire son imaginaire.

Le tout repose peu à peu sur Sunshine et le secret de sa nature, distillé un chapitre après l’autre par une voix off qui introduit des indices et à travers l’enquête que mène la jeune fille aidée de son nouvel ami. Les révélations arrivent à point nommées, accompagnant le passé de la mystérieuse maison, sont centrées à la fois sur l’entité qui occupe les lieux et les raisons de l’étrange réceptivité de Sunshine à toute manifestation, même infime.

On approche le surnaturel par les voies classiques de la maison hantée avec un esprit maléfique et ceux de ses victimes mais aussi par l’histoire cachée de Sunshine. Les petits cailloux sont discrets mais additionnés mènent sans faille le lecteur à la vérité : elle a été adoptée et ignore qui étaient ses parents biologiques, elle n’aime que les vêtements vintages, la littérature classique, a un physique un rien sorcière avec ses cheveux sombres, indisciplinés à souhait, et ses yeux d’un vert brillant unique… De quoi nourrir le récit d’une touche bien personnelle et un peu éloignée des codes trop connus.

Ecrite à la première personne, l’histoire entraine rapidement le lecteur au cœur de la vie son héroïne, de son caractère, de ses liens avec sa mère qui sont un moteur pour ses actions et ses choix tout du long de son aventure, de ses complexes aussi, car, si elle assume ses goûts et son allure hors « mode », elle n’en ressent pas moins le prix de la différence : elle n’est pas le genre de fille qui se fait facilement des amis. Solitaire mais bien contente de trouver un ami et soutien en la personne de Nolan, son « univers » entier tourne autour de sa relation avec sa mère et rien d’autre ne compte vraiment à ses yeux. Jusqu’à ce que le destin la rattrape. Sunshine est une adolescente qui affronte qui elle est. Comme tous les ados, elle apprend, à travers l’épreuve de sa maison hantée, de l’esprit qui la menace, qui elle est, et veut, ou non, être l’avenir. Bien que différente, Sunshine est comme les autres à cet âge charnière, elle découvre le vrai « elle » et se bat un peu avec, avant d’accepter la part qui lui convient.

L’écriture de Paige McKenzie est simple, directe, un rien cinématographique, elle place aisément les lieux en quelques mots, l’allure de ses protagonistes, insiste sur l’atmosphère qui plane alentours de Sunshine, sans donner l’impression de se répéter, seulement le sentiment qui enfle dans l’esprit de son héroïne que quelque chose « cloche ». Sunshine se lit donc vite et bien.

Sunshine T.1 a tout du roman pour ado prometteur. Basé en apparence sur les grosses ficelles du roman/film d’horreur, il glisse lentement mais sûrement vers un mélange plus dosé en fantastique à mesure que les clés de l’univers de la saga s’installent, que l’on s’attache à son héroïne et découvre un récit qui peut séduire tous les âges. On comprend dès lors, le succès qu’a déjà remportée la version Youtubée de Paige McKenzie.

Sunshine T.1 – Sunshine

Paige McKenzie

Blackmoon

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