Star Wars VII : Le réveil de la Force

4792408_6_5a54_2015-10-19-9644df6-23620-irycre_2fc3ea95cb36078aadd9728153e377eaStar Wars VII raconte l’histoire de… De… Enfin… En gros avant les rebelles avaient gagnés, mais en fait non, et euh, Luke il est parti loin, mais faut le retrouver parce qu’il pourrait sauver la galaxie… Je crois… Pis l’empire c’est devenu le premier ordre, ou le nouvel ordre, enfin un truc avec ordre dedans, mené par un têtard de 15 ans qui semblent avoir des soucis. Ah pis y a la république maintenant c’est la résistance, sauf que… Bon j’avoue j’ai pas compris à quel régime ils résistaient. Enfin voilà… Star Wars VII, 200 millions de budget… A vous les studios.

Je dis souvent que résumer quelque chose est compliqué, notamment quand l’histoire est dense, ou particulièrement stupide. Là, la difficulté de résumer Star Wars VII tient en des mots simples, comme le film ne raconte rien, dur de développer un véritable contenu.

Ainsi donc après des années d’absences, on assiste au grand retour de la saga cinématographique Star Wars. Lorsque Disney avait racheté la licence LucasArts et annoncé de facto une nouvelle trilogie, la levée de boucliers avaient été sévère et immédiates. A l’époque, en bon fan de Star Wars, j’avais défendu la maison mère en exprimant que quoi qu’il arrive il fallait laisser le temps au temps.

Le temps est passé, et c’est l’heure du bilan. Je dois d’abord dire que j’ai vu deux fois cet épisode VII, donc j’ai quand même pris le temps de bien regarder ce qu’on proposait. Et pour le coup, oui, ce film est, en tant que tel, raté. Il faut bien comprendre que quand je dis raté, je veux dire que oui ce réveil de la force n’a aucun intérêt, qu’il sert de reboot non assumé et qui nie autant que la prélogie la trilogie originale.

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Oui, je persiste et signe, si techniquement le film est plus en accord et agréable, il nie autant que les mydichloriens les épisode IV, V, et VI en offrant 30 ans d’histoires  la poubelle et en ressortant des personnages digne de la série Noob en lieu et places de Han Solo et ses compères.

D’accord, j’apprécie les vannes de Solo dans l’épisode IV, seulement là on est plus de 30 ans après. Et il est sensé être en « morceau » selon ses paroles. Donc déjà, sur cette ancienne génération aucune proposition. AUCUNE. Ne me citez pas la fin je vous en prie.

Donc oui, plus beau, avec des plans emblématiques (bien que largement trop cut, et pas un SEUL plan stable ou large, notamment sur le combat de sabre, sans doute le plus mauvais cadrage de l’histoire de Star Wars.), mais aucune prise de risques, aucune prise de conscience sur la possibilité d’offrir quelque chose. C’est tellement naturel que la planète finale ressemble bien plus à la Bretagne qu’à un univers fantastique. Même Snoke offrait pendant 2 minutes quelque chose d’originale avant d’avoir la révélation sur sa taille.

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Que dire alors de la nouvelle génération ? Seule Rey m’a semblé avoir une histoire qui, bien qu’évidente de bout en bout, offre un peu de légèreté sans trop (bien qu’un peu) aller dans le cliché. Finn offrait un démarrage intéressant mais il contredit sa propre histoire en quelques secondes, avant d’enchainer les poncifs typé gangsta (les vannes avec Han Solo, ou le couplet « who’s the boss now ! »). Poe Dameron pourrait sauver un peu la situation, mais il fait plus office de figuration passé les premières minutes du film (à part pour la relation homo que j’attends avec impatience.)

Et il est bon de s’attarder un peu sur Kylo Ren. D’abord il s’agit d’une négation totale des épisodes IV, V et VI, ensuite… Sincèrement… J’ai bien compris que le but du film était de caresser la génération Justin Bieber dans le sens du poil, tout en tachant de frotter l’entrejambe des quarantenaires sur le tard qui se maquille en Han Solo pour des jeux de rôles câlins. Mais voilà, si vraiment le film tachait de ne pas ridiculiser son héros, pourquoi lui offrir cette scène atroce où il s’agace comme une jeunette, et que deux stormtroopers font demi-tour provoquant l’hilarité du public pré-pubère.

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Star Wars est un contenu mythologique, mais malgré ce qu’on peut critiquer, la première version était vraiment une mythologie recherché et cohérente, et surtout un appel au voyage. Là, cette version n’est qu’une observation de l’aventure de quelqu’un d’autre, le contraire du voyage du héros où on ne peut s’identifier à personne au vu de l’absence d’identité de 90% des personnages.

Le reniement va jusqu’à faire de la Force une compétence de jeux vidéos, où un têtard peut paralyser un tir de blaster pendant plusieurs minutes. La Force permet même de manipuler un soldat, en s’y reprenant à deux fois parce qu’il faut bien retenter un test foiré. De fait, ce film n’est qu’un immense JDR de Star Wars, avec des joueurs clichés et un maître du jeu qui aime influer sur le destin pour pas cumuler les soucis à cause du manque d’inspiration. Le film reconnait même cette hérésie en affirmant par la bouche de Han Solo que « c’est finalement la même chose que l’étoile noire »… Affligeant

Plus fan-fiction que renouveau de la plus grande saga de l’histoire du cinéma, cet épisode VII manque gravement d’intérêt et finalement n’attend que ses futurs petits frères pour voir si, en soit, l’ensemble pourra offrir un tout cohérent. En tant que telle il n’est ni bon, ni la pire daube de l’univers, mais souffre de trop de facilité et d’un ensemble bête et crétin farci au deus ex machina à outrance. On ne retiendra jamais ce réveil de la force comme l’épisode originale avait pu susciter l’engouement, et il n’y a qu’à espérer que ce réveil sonne enfin parce qu’en attendant, les velléités de la Force nous conduise bien davantage à la sieste.

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Réalisé par : J.J. Abrams
Ecrit par : J.J. Abrams et Lawrence Kasdan
Avec : Daisy Ridley, Oscar Isaac, John Boyega, Adam Driver, Harrisson Ford…
Produit par : Lucasfilm
DVD non disponible.

4 thoughts on “Star Wars VII : Le réveil de la Force

  1. Wouah… Tu ne mâches pas tes mots et confirmes en quelques lignes mon sentiment, ce petit quelque chose qui m’a empêchée d’aller en salle obscure pour constater le carnage de mes yeux… Déçue à 200% de la prélogie, je ne m’attendais à rien de mieux de la part de Disney et je suis servie il me semble, préjugés ou non. Disney et son marketing ont broyé mes rêves… Merci de cette chronique si franche et bien écrite.

  2. A entendre les commentaires à chaque sortie d’un épisode de Star Wars on en viendrait à s’étonner qu’il y ait toujours autant de fans 40 ans plus tard ! Ce doit être le côté râleur du « français », ou du « fan » !
    Alors oui… des points m’ont dérangé qui ont déjà largement été discourus ici ou ailleurs mais ce que je retiens au final est pour moi l’essentiel : je l’ai trouvé très beau cet épisode et j’ai passé un excellent moment !!

    1. ah mais, je trouve aussi les burgers de macdo très joli, et puis c’est vrai que sur le moment c’est bon. Mais tu vois, y a un arrière gout de caca et un truc qui me tue lentement quand j’en mange, aussi je me dis que mine de rien on essaye de m’empoisonner. Star Wars épisode IV a créée des vocations, des envies et des désirs notamment parce que c’est un film fait avec le cœur non pas par UN homme mais par une équipe soudée de gens absolument brillant (difficile d’oublier Gary Kurtz ou Irvin Kershner qui ont juste su créer la saga telle qu’on la conçoit).
      Que tu aies passé un merveilleux moment, tant mieux j’ai envie de te dire, c’est exactement pour ça que 200 actionnaires ont torturé un script pour que tu aies envie de courir comme une puce acheté des oranges BB-8. Le fait est que non, cet épisode VII, je ne m’amuse pas à le critiquer « parce que c’est « in », je pense même avoir été un des seuls à le considérer comme un navet dés le lendemain de sa sortie à voir les critiques qui adoraient le produit (en même temps ils avaient été mis en condition pour ne pas avoir un autre avis.)
      Le fait est que le réveil de la Force n’est qu’un bidon de lessive, un produit ultra marketté pour plaire à la génération des plus de 45 ans en misant sur leur nostalgie et aux moins de 20 ans par des têtards creux représentant une filiation bâtarde des premiers. Manque de bol quand tu es entre les deux, tu vois bien qu’on te sert du vide qui lave plus blanc que blanc.

      1. C’est ton opinion et je la respecte, cependant le ton est tout de même très péremptoire tandis que les arguments avancés tiennent à mon humble avis beaucoup plus du ressenti que du rationnel.
        Ma foi, il me plaît bien ce bidon de lessive 🙂

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