Miss Peregrine et les enfants particuliers, de Tim Burton


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Jacob habite en Floride, et la banalité de sa vie le désespère. À seize ans, il se résigne doucement à mener une existence tranquille et a relégué au rang de contes les histoires fabuleuses que lui racontait Abe, son grand-père.

Mais toutvieux-manoir bascule le jour où il retrouve Abe agonisant dans la forêt derrière chez lui, les orbites vides, surmonté par l’ombre d’une créature monstrueuse. Désireux de mieux comprendre qui était ce grand père qu’il aimait tant, Jacob décide alors de partir avec son père sur les lieux de son enfance, sur une petite île non loin du pays de Galles, dans une maison tenue par l’extraordinaire Miss Peregrine où habitent des enfants un peu particuliers… Mais lorsqu’il arrive sur les lieux, la maison est détruite, et, lui dit-on, tous les enfants sont morts lors d’un bombardement pendant la guerre. Et pourtant… quelques heures plus tard, il se retrouve devant la fameuse Miss Peregrine, face au manoir à la beauté restaurée, entouré d’une fille qui vole, d’un gamin invisible et d’une flopée d’enfants aux pouvoirs étranges. Il vient d’entrer dans la boucle temporelle créée par Miss Peregrine : chaque soir, quelques secondes avant le bombardement, celle-ci fait reculer le temps d’une journée, gardant ainsi ses protégés prisonniers mais saufs au sein de ces vingt-quatre heures qui se répètent éternellement…

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Ayant lu le livre peu avant avoir vu le film, mon avis sera nécessairement influencé par cette lecture.

J’ai trouvé que la majorité du film était une très bonne adaptation de du roman de Riggs. Il faut dire qu’on se demande qui, de l’auteur ou du réalisateur, a le plus inspiré l’autre : Miss Peregrine et les enfants particuliers semblait avoir écrit pour que Tim Burton l’adapte au cinéma.

On y retrouve bien sûr des thèmes chers au réalisateur : une réalité morne et triste à pleurer, un univers en apparence merveilleux où sommeillent des ombres, et le choc entre ces deux mondes incompatibles, impliquant nécessairement des choix douloureux.

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Eva Green est parfaite en Miss Peregrine, belle et terrible, inquiétante juste ce qu’il faut pour jouer cette directrice que tous les enfants auraient rêvé d’avoir, implacable et prête à tout pour protéger ses élèves. 

DF-07907 - Meet some of the very special “Peculiars” - Left to right: Olive (Lauren McCrostie), Bronwyn (Pixie Davies), Millard (Cameron King), the twins (Thomas and Joseph Odwell) and Emma (Ella Purnell). Photo Credit: Jay Maidment.

Les adolescents sont tous convaincants, à l’instar de Jacob qui trouve tout à fait sa place dans un film de Burton. On y retrouve la poésie du livre, les merveilles du manoir, les photos mystérieuses et les pouvoirs originaux des pensionnaires : Hugh, habité par les abeilles, Enoch qui sait donner la vie d’une façon un peu macabre, et tant d’autres…

 

Les effets spéciaux viennent renforcer cette impression de merveilleux et nous plongent dans un univers atypique, qui rappelle tout à fait celui du livre.

Je mets cependant un gros bémol en ce qui concerne la musique, qui n’a pas été écrite par le compositeur fétiche de Tim Burton et qui se révèle aussi banale à pleurer que la routine de Jacob. Pour moi, une grande partie de la dimension fantastique des films de Burton vient de la magie de la musique de Danny Elfman. Sans lui, l’histoire perd un peu de son enchantement…

Je n’ai pas non plus été convaincue par la fin du film : à partir de la dernière demi-heure, cela nbarron‘a plus rien à voir avec le livre. Le personnage de Barron, grand méchant de cette histoire, est plus comique que terrifiant, ce qui lui donne l’air stupide. En conséquence, il perd en crédibilité.

Il se passe beaucoup trop de choses en peu de temps, et les nombreuses ellipses renforcent cette impression de brouillon. Le film se termine sur un « happy end » décevant, bien loin de la fin ouverte décrite par l’auteur.

Mon avis est donc mitigé : si j’ai beaucoup aimé la majorité du film pour sa magie et sa proximité avec le livre, le manque d’originalité de la musique et la fin ne m’ont pas convaincue.

Miss Peregrine et les enfants particuliers

Réalisé par Tim Burton, d’après le roman de Ransom Riggs

Avec Eva Green, Asa Butterfield, Ella Purnell, Samuel L. Jackson …

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