Les Aventuriers de la Mer – Intégrale 1

les-aventuriers-de-la-mer-intc3a9grale-1-e28093-robin-hobbLa guerre dans le nord a interrompu les échanges commerciaux, pilier de Terrilville et de ses marchands. Les temps sont difficiles malgré leurs vivenefs, des bateaux magiques. Il fut une époque où posséder une vivenef, construite dans du bois-sorcier, garantissait à la famille du marchand la prospérité. Seuls ces bateaux peuvent braver les dangers du fleuve du désert des Pluies et échanger avec son peuple et leurs mystérieux biens magiques, trouvés dans les ruines énigmatiques des Anciens. Althéa Vestrit attend que sa famille suive la tradition et lui lègue la Vivacia à la mort de son père. Mais le bateau revient finalement à sa sœur Keffria et son mari chalcédien Kyle. Le fier navire devient alors un vaisseau de transport pour le commerce méprisé, mais rentable, des esclaves.

Althéa, laissée pour compte, se résout à faire son propre chemin dans ce vaste monde afin de regagner le contrôle de la vivenef de sa famille. Son vieux compagnon Brashen Trell, l’énigmatique ébéniste Ambre et Parangon, une vivenef résolument folle, sont les seuls alliés qu’elle parvient à se faire. Des pirates, une rébellion des esclaves, des serpents de mer en pleine migration et un dragon nouveau-né sont quelques-uns des obstacles qu’elle devra affronter sur sa route, pour découvrir que les vivenefs ne sont peut-être pas ce qu’elles semblent être et qu’elles ont elles-aussi leurs propres rêves…

Premier ouvrage d’Hobb pour moi et première jubilation! La couverture de Marc Simonetti est superbe et nous plonge tout de suite dans l’ambiance du roman: mer, navires et pirates.

J’ai été très surprise par le style de l’auteur. Je m’attendais à quelque chose d’épique avec beaucoup de magie, mais pas du tout. L’intrigue est plutôt sombre et Hobb prend son temps avec le déroulé des événements. L’ambiance est parfois très contemplative avec de longues descriptions et beaucoup de dialogues très bien menés. Ces descriptions très claires permettent de repérer facilement les lieux; de comprendre les conflits passés et les relations entre chaque peuple. D’ailleurs cette fois, les cartes en introduction sont beaucoup moins claires que le descriptif lui-même de l’auteur!

On apprécie les personnages au fur et à mesure de l’intrigue exceptée Althéa, tout de suite attachante. Charismatique, volontaire et pleine de ressources, on suit ses aventures avec passion. D’ailleurs, toutes les femmes sont très bien travaillés. La plupart des personnages ont des personnalité complexes: parfois on les aime, parfois on les déteste (comme la froide matriarche Vestrit ou l’énigmatique capitaine pirate Kennit). Hobb développe une intrigue très politique mettant en avant les conflits entre castes plus que des conflits guerriers (enfin, pour l’instant…). La présence de la magie est très légère et se cantonne pour l’instant qu’aux vivenefs et au peuple du Désert des Pluies; la religion ayant beaucoup plus d’impact dans l’histoire (présentée plutôt comme positive et salvatrice).

Si l’on devait justement parler des vivenefs, on pourrait dire qu’il s’agit d’une fabuleuse trouvaille! Aussi bien Vivacia que Parangon, au personnalité totalement différente, changent réellement l’univers habituel des marchands et pirates. Ils sont parfois plus touchants que les humains eux-mêmes: on s’inquiète pour eux, on voudrait connaître leur avenir et leur part future dans le conflit qui se dessine entre Terrilville et Jamailla.

La seule petite touche négative serait la présence des Serpents. Les quelques chapitres qui leur sont consacrés sont très mystérieux et on ne comprend pas du tout où l’auteur veut en venir. En tant que menace pour les marins, ils sont très clairement identifiables. En tant que créature douée de réflexion et possédant un but étrange à atteindre, ils ne présentent pour l’instant aucun intérêt.

Deux ambiances se dessinent dans cette première intégrale: une ambiance de roman historique auprès des marchands et de la vie de Terrilville liée à un mystérieux peuple puissant et une ambiance plus proche du roman d’aventure; de pirates, d’esclavagisme et de trafics en tout genre; une sorte de L’Île au trésor modernisé. C’est pourquoi, ce roman se lit avec plaisir, car il sort des sentiers habituels de la Fantasy en mettant en avant de façon très réaliste, le commerce maritime et la vie des marchands.

Après 951 pages bien fournies de palpitantes aventures, la suite s’attend avec impatience!

Les Aventuriers de la Mer – intégrale 1

de Robin Hobb

éditions J’ai Lu – collection Semi-poche imaginaire

traduction Arnaud Mousnier-Lompré

couverture Marc Simonetti

16,90€

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