jodorowskyfrissensechermetabaron1Tout d’abord, Alexandro Jodorowsky et Moebius créèrent le personnage du Méta-Baron, dans l’univers de L’Incal. Puis, de 1992 à 2003, Jodorowsky s’associa à Juan Gimenez pour donner vie à ce concept au travers des 8 albums et du hors-série de La caste des Méta-Barons. En 2008, avec Travis Charest et Zoran Janjetov, ce sont Les armes du Méta-Baron qui voient le jour. Aujourd’hui l’inspirateur de la saga voit une de ses histoires prendre forme avec Jerry Frissen au scénario et Valentin Secher au dessin. Le premier opus de cette série intitulée tout simplement Méta-Baron, porte le sous-titre de Wilhelm-100, le techno-amiral. Et bien sûr, ce sont toujours Les Humanoïdes Associés qui éditent cet ouvrage.

Cette nouvelle série sera composée de dyptiques et la quatrième de couverture nous plonge immédiatement dans l’ambiance de l’œuvre :
Le Méta-Baron a été le plus redoutable guerrier que l’univers ait connu. A lui seul, il a mis l’empire à genoux.
Depuis lors une nouvelle puissance a émergé. Ses ambitions et sa cruauté sont infinies et le Méta-Baron son unique obstacle. Pour affronter ce dernier, elle va dépêcher ses serviteurs les plus fidèles. Chefs de guerre, machines à tuer, tous se mettent en marche.
Le techno-amiral Wilhelm-100 est l’un d’entre eux.

Je n’ai pas lu les premiers ouvrages de la saga, mais n’ai éprouvé aucune difficulté à me retrouver dans un univers qui m’est pourtant inconnu. De prime abord, c’est le graphisme qui donne une ambiance à ce volume. En effet, même la plus petite case laisse de la place à un espace vide. Les dialogues ne monopolisent pas les cases et ce style, éminemment cinématographique dans le placement des personnages, nous plonge immédiatement dans l’histoire. Les traits des humains sont saisissants de réalismes et donnent par leur profondeur, une dimension très particulière au récit auquel on s’attache plus facilement qu’on ne le ferait dans un manga au traits plus grossiers.

Nous retrouvons le dernier Méta-Baron qui, las de tuer, s’est isolé dans son méta-bunker spatial où il réfléchit à ce qu’il pourrait faire pour de sa nouvelle vie. Nous le retrouvons plus exactement après que l’empire techno-techno ait tenté de l’éliminer, le laissant désespérément en manque d’épyphite, une source d’énergie incroyable. Cependant ce sont les forces de l’empire techno-techno qui l’exploitent. La dernière lubie de leur leader, le techno-pape, est de construire une planète géante en épyphite. Il confie la répression des forces d’opposition à un de ses plus grands guerriers, le redoutable techno-amiral Wilhelm-100. Ses shoots à l’épyphite l’aide à survivre mais le rendent à chaque fois plus cruel encore. C’est à lui que le techno-pape va confier l’exploitation de l’épyphite et, incidemment, l’anéantissement du Méta-Baron.

Indéniablement, on ne peut s’exonérer de penser au Dune de Franck Herbert tant la vision de cet empire complexe et riche en rivalités individuelles et où les ressources sont exclusives est proche de l’univers d’Herbert. Sans caricaturer, la première fois que j’ai aperçu la couverture, j’ai immédiatement identifié le Baron Harkonnen et je n’arrive plus à penser autrement. Une édition luxe de 120 pages à 39,95 € est également sortie. Elle est imprimée sur un papier à plus fort grammage, et, si elle reprend l’histoire en couleurs, des pages en noir et blanc sont commentées par les auteurs et on peut y découvrir le storyboard de l’ouvrage. Nous attendrons avec impatience la fin de ce premier dyptique prometteur à paraître sous le titre de Khonrad, l’Anti-Baron.

Méta-Baron – Tome 1 – Wilhelm-100, le techno-amiral
Histoire de Alexandro Jodorowsy, scénario de Jerry Frissen et dessin de Valentin Secher
Les Humanoïdes Associés
2015

14,20 €