Lune Mauve, Tome 2 L’Héritière – Marilou Aznar

lune mauve tome 2 l'héritièreSur la photo du blog, Thomas souriait. Il avait l’air heureux, c’était la seule chose qui me réconfortait un peu. Il m’avait crue morte pendant toutes ces semaines. Un message sur mon répondeur m’avait brisé le cœur : il ne voulait plus me voir, me parler. Avec le recul, c’était mieux comme ça. À quoi bon lui expliquer que ma mère n’avait refait surface que pour trouver la mort par ma faute ? Qu’en me transmettant la pierre, qui contenait la mémoire de son peuple, elle m’avait condamnée à un destin dont je ne voulais pas ? J’avais une mission à accomplir. Il ne fallait prendre aucun risque. Les ennemis d’Ishtar rôdaient peut-être encore autour de nous.

SON DESTIN EST PLUS GRAND QUE NOTRE MONDE

Souvenez-vous, à la fin du premier tome Séléné était retourné sur la falaise où sa mère avait été tué. Laszlo était réapparut d’abord menaçant, puis il avait compris que son père l’avait manipulé toute sa vie, que sa mère (Iris) l’aimait réellement et que sa cause était juste. Dans un dernier geste, il avait confié sa dague à Séléné, puis s’était jeté du haut de la corniche.
La pauvre Séléné s’était ensuite laissé kidnapper pas le même groupe qui avait enlevé son père afin de la forcer à mettre le bracelet (qui active le contrôle de ses pouvoirs et lui permet donc d’ouvrir le passage vers le monde parallèle post-sumérien). En faisant cela, elle avait décidé de renoncer à Thomas, pour le protéger. Mais en trouvant son écharpe sur la falaise, celui-ci avait cru à un suicide…

Dans ce deuxième tome, nous retrouvons directement Séléné au lycée. Face à cette constatation, deux sentiments peuvent se chevaucher : on peut être ravi de retourner directement à la préoccupation principale laissée en suspens à la fin du premier tome (Thomas) ou bien on peut être déçu de ne pas passer par l’étape « je découvre mon monde d’origine ». Personnellement j’ai éprouvé les deux sentiments contradictoires.
Nous apprenons donc avec horreur que l’infâme Alexia s’est approprié le seul amour de Séléné, et que celui-ci ne souhaite plus la revoir, trop meurtris par sa trahison.

Néanmoins, quelques chapitres plus tard, nous retournons dans le passé et nous avons droit à un aperçu accéléré de son séjour sur Viridan. Je me suis beaucoup étonné de sa fugacité.
Ce monde parallèle dans lequel se sont réfugié les sumériens il y a des millions d’année est en proie à un virus mortel : le fléau. Il a été élaboré par Edon (l’usurpateur du trône) afin de supprimer les capacités télépathiques des T’sents ; malheureusement ce virus s’attaque aussi à leur système immunitaire : toutes les femmes se meurent.

Dans ce flash-foward nous découvrons une toute nouvelle Séléné, une Séléné à laquelle nous n’aurions jamais pensé, une Séléné très différente de la jeune fille qu’elle reste sur Terre ; comme si le fait que la vie soit dure sur Viridane, combiné au fait que la planète est en proie à une guerre (entre les T’sents et l’usurpateur), lui ait permis de révéler une partie d’elle-même qu’il est impossible de montrer sur Terre.
Et lorsqu’on assiste à ça, on se dit en réfléchissant que, de retour sur Terre Séléné reste l’adolescente timorée mais pas trop qu’on a connu dans le tome 1, mais en est-on vraiment sûr ? Deux Sélénés sont nées sur Viridan : la jeune fille qu’elle a toujours été – et qu’elle veut rester – et la Séléné de Viridan – la guerrière T’sent. De retour sur Terre nous retrouvons notre héroïne du premier tome, sensiblement améliorée par son séjour sur Viridan.

J’ai été très surprise par les actes de Séléné dans le monde parallèle. Mais les chapitres consacrés à cela sont si peu nombreux que, une fois le flash-foward terminé, on se demande si on n’a pas rêvé.

De retour sur Terre on voit la situation d’un œil neuf et terriblement acéré : l’auteure prend le contre-pied total des histoires fantastique où l’héroïne se dévoue corps et âme à son monde retrouvé. Séléné n’aime pas Viridan et souhaiterai qu’il n’ait jamais existé (et on la comprend !).
La jeune fille a été renvoyé sur Terre avec un groupe de T’sents afin d’accomplir sa mission : trouver un moyen de synthétiser un antidote grâce à son sang qui résiste au fléau. Mais ceux qui l’accompagnent, Cléo, Dagan et Vadim, sont froids et mesquins. Ils ne cessent de bien de lui faire sentir qu’elle n’est qu’un outil, une étrangère qu’ils n’acceptent pas. Leur méchanceté et leur insensibilité nous font d’autant plus les détester que Séléné a tout sacrifié pour eux. Elle a perdu sa mère, son frère, Thomas… pour des gens qui la détestent. Ah la belle affaire ! Comment avoir envie de les sauver, eux et leur peuple, alors qu’ils se montrent si arrogants et hautains, dénigrant sans cesse la terre où Séléné a grandi ?

Afin décevoir la mémoire de sa mère, Séléné consent à accomplir son devoir (qui n’inclut pas d’épouser Vadim comme le veut la tradition) et trouve un moyen d’approcher une généticienne. Mais l’enjeu est tellement important que des ennemis oubliés rodent…

Côté personnage, l’auteure introduit donc la troupe Viridienne, mais aussi un nouveau lycéen : Rimbaud, dont le caractère très original égaye le récit et change les idées moroses de Séléné.

Ce deuxième volet est également composé de trois parties mais cette fois inégales : la première est plus courte que les deux autres. Comme au premier tome, un basculement s’opère après la première moitié du roman. Et la troisième partie est bien plus mouvementée que celle du premier tome.
Quand au final, il est à en perdre haleine…

Il me reste tout de même deux regrets. Marilou Aznar ne s’attarde pas sur les explications concernant les pouvoirs de « clé » de Séléné, ni sur le fait que les ennemis on réussi à passer sur Terre.
La seconde chose est un défaut que j’avais déjà remarqué au premier tome mais que j’ai oublié de mentionner : l’auteure confond « maline » (rusée) et « maligne » (mal, malin) et c’est très frustrant parce que c’est répété plusieurs fois d’affilé et surtout parce qu’on voit bien que le sens voulu est « maliNE ».

Voilà, mis à part ces deux choses, j’ai été totalement emportée par cette histoire et j’attends de recevoir le troisième tome avec grande impatience.

Lune Mauve
Tome 2 L’Héritière
Marilou Aznar
Casterman
15€

InfoComete

Baignée depuis toute petite dans l'univers fantastique grâce à L'Histoire sans fin, j'ai plongé tête la première dans la lecture lorsqu'un jour, à Noël, on m'a offert La Quête d'Ewilan de Pierre Bottero. Depuis, je ne cesse de parcourir les méandres de l'imaginaire à la recherches de folles aventures. Grâce à Emagimarock j'en ai découvert une foultitude : Codex Aléra, La Légende de la Femme-Louve, Red Queen etc.

3 pensées sur “Lune Mauve, Tome 2 L’Héritière – Marilou Aznar

  • 6 février 2014 à 18:50
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    Super chronique, qui donne bien envie de lire cette trilogie.
    Par contre je voudrais signaler que l’erreur que vous imputez à l’auteur (oui, au masculin même si c’est une femme 😉 n’en est pas une: le féminin de malin est bien depuis toujours maligne.
    Dans le sens de rusée ET dans le sens de mauvaise.
    La forme maline existe aussi, pour le sens de rusée, et c’est vrai que c’est de plus en plus la forme qui tend à se substituer à maligne, mais maligne est tout à fait correct.
    Ce n’est donc pas une erreur de la part de l’auteur, et il aurait été prudent de vérifier avant d’écrire qu’elle confond les deux mots. C’est un peu la sous-estimer, ainsi que la maison d’édition qui aurait laissé passer la faute…

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