weirseulsurmarsMark Watney est l’un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir.
Lorsqu’une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre.
Pourtant Mark n’est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé…

Lu comme cela, la quatrième de couverture ne laisse que peu de chances au Robinson, mais il reste un Habitat sur Mars. Mark va donc s’y réfugier, et ne pas rester inactif et résigné. En effet, son but va être de tenir quatre années, jusqu’à ce que la prochaine mission d’exploration vienne à nouveau sur Mars… ou pas. C’est d’ailleurs assez amusant de lire tout le rationalisme dont il fait preuve tout en négligeant le fait que le voyage de retour de la nouvelle expédition ne devrait théoriquement pas permettre le transport d’un passager non prévu. Et même si le milieu est hostile, il a l’avantage de lui laisser sa place en haut de la chaîne alimentaire, en l’absence d’un prédateur.

Ce récit se déguste sous la forme d’un journal de bord où Mark évoque sa survie sur Mars. Il va d’abord y écrire chaque sol (l’équivalent d’une journée sur Terre et une trentaine de minutes) puis le temps va s’écouler plus vite afin de ne pas lasser le lecteur. Dans son malheur, il a la chance d’être ingénieur mécanique et botaniste – une compatibilité étrange – ce qui va lui permettre de maîtriser son environnement tant au travers des machines que de la nourriture qu’il va tenter de cultiver au sein de l’Habitat. Il est vrai que s’il avait été pilote et médecin – encore une drôle de compatibilité – ses chances de survie se seraient considérablement réduites.

Trêve de moquerie. Nombre de documentaires circulent actuellement et pourraient laisser présager d’un vrai voyage habité vers Mars pour les années 2030. Aussi, le récit d’Andy Weir est loin d’être fantaisiste. Bien au contraire, il s’appuie sur des données exactes qu’il intègre harmonieusement dans son roman. Certes, la science est souvent présente avec ses calculs, mais l’action rend l’histoire palpitante, même si le terme de thriller peut sembler parfois exagéré. Il y a intrigue, suspense et des retournements de situation, mais le rythme n’est pas aussi haletant qu’on pourrait l’attendre d’un thriller. Mais une histoire de survie dans l’espace peut-elle être plus rythmée ? D’autant que la vie de Mark n’est menacée qu’à moyen terme.

Si on suit les pistes que Mark va explorer – non sans humour – pour sa survie au travers de son journal de bord, on va aussi découvrir que sur Terre, la NASA ne reste pas inactive. Je regrette cependant que ces parties se limitent assez souvent à des dialogues qui transgressent allègrement une des règles en écriture : chaque échange doit apporter des informations et ne pas se limiter à des phrases du genre « salut, ça va ? ». Mais il est intéressant de suivre ces dialogues comme s’ils avaient été écrits pour le cinéma. En effet, nez creux ou pas, toujours est-il que les droits de l’œuvre ont été achetés par la 20th Century Fox qui va sortir The Martian en décembre 2015 pour la France avec Matt Damon dans le rôle de Mark et avec Ridley Scott comme réalisateur. En attendant cette sortie qui promet d’être aussi haletante que Gravity, la lecture de Seul sur Mars est un divertissement bien agréable, sur une problématique qui se posera réellement un jour ou l’autre.

Seul sur Mars
Andy Weir
Couverture illustrée par © NASA
Traduction par Nenad Savic
Bragelonne
Collection thriller
2014

20,00 €