Rebecca Kean 4La saga Rebecca Kean fait partie des grands succès de l’urban-fantasy francophone de ces dernières années et je dois dire avant toute chose que oui, je suis fan. Alors bien évidemment, beaucoup diront que c’est de la littérature originellement féminine, et je ne vais sûrement pas les détromper, mais l’auteure parvient à rendre son récit tellement vivant qu’il ne me faut généralement que deux jours pour dévorer les quelque 400 pages de chaque tome. Entrons donc dans ce quatrième opus qui débute sur une véritable guerre au cœur de la communauté du Vermont…

La couverture est dans la veine du reste de la saga avec cette jeune femme rousse intrigante, armée de sa dague. De la belle ouvrage une fois de plus… La présentation de l’éditeur est toute en efficacité :

Histoire de bien commencer la saison, le Mortefilis a décidé d’envahir la Nouvelle Angleterre. Ça tombe bien, avec la disparition de Raphael, repousser une armée de redoutables vampires est tout ce dont j’avais besoin… Malgré mon inquiétude et une situation plus que critique, je me dois d’organiser la défense de notre territoire. Et croyez-moi, il va falloir la jouer serré !

Tout commence donc avec une attaque de vampires sur les terres de Raphaël, amant de Rebecca et maître vampire, absent. Elle se doit donc de protéger les gens de Raphaël de l’attaque et elle va en cela être aidée, mais je n’en dirai pas plus sur cette question. En revanche, la quatrième de couverture laisse à penser que cette guerre sera au centre des évènements des quelque 400 pages du roman ; cependant, celle-ci est rapidement évacuée vers la sortie, ce qui m’a un peu surpris je dois dire. S’ensuit une enquête assez classique de l’héroïne, sur les traces d’un être aspirant les pouvoirs surhumains de ses victimes. Là encore nombre de surprises sont au rendez-vous…

Cassandra O’Donnell connaît le succès avec sa série mais ne se prive pas de continuer à développer son univers à travers la création de références, de personnages, de statuts sans cesse nouveaux mais se plaçant à merveille dans sa trame générale. Et c’est finalement à cela que l’on reconnaît un bon auteur d’urban-fantasy et donc une excellente série : l’univers est cohérent, bien pensé, au-delà des habituelles relations extraordinaires et torrides entre espèces, qui ne sont clairement pas la motivation de mes lectures. Et je dois dire que Cassandra O’Donnell s’en sort à merveille avec toutes les espèces, castes, qu’elle a crées au fil des tomes. Je n’ai relevé aucun erreur de cohérence alors que cela fait tout de même un moment que la saga a débuté, situation dans laquelle on retrouve souvent de petites erreurs de ce type. Mais là rien, le travail d’auteur est effectué de manière rigoureuse et c’est un plaisir pour le lecteur.

Stylistiquement, on retrouve la patte de l’auteur avec une action débridée et pourtant parfaitement contrôlée. Je ne sais pas si je m’exprime clairement, mais le personnage de Rebecca n’est pas contemplatif et va donc toujours à l’efficacité, l’auteur parvenant à donner un véritable but à tout ce qu’elle accomplit. Rien ne reste « inutile » ou bien posé là pour grossir le roman. L’efficacité est donc le maître mot puisque les phrases, paragraphes, pages s’enchaînent avec une facilité déconcertante : on ne voit pas le temps passer tant Cassandra parvient à nous entraîner dans l’univers de son héroïne, à nous faire vivre l’action à ses côtés. C’est cette immersion totale qui fait pour moi le succès de cette série auprès des lecteurs et surtout lectrices.

Ancestral est donc la continuation parfaite de l’une des meilleures sagas d’urban-fantasy jamais écrites. Loin des poncifs trop twilightiens sur « les vampires sont trop beaux et sont des dieux du sexe », Cassandra O’Donnell parvient, tout en conservant le principe des histoires d’amour, à les faire passer au second plan, derrière une intrigue riche en rebondissements et en aventures. L’humour et les références ne sont également jamais loin. Bref, tous ces éléments font de la série Rebecca Kean une des plus à même de rejoindre les premiers tomes d’Anita Blake (les meilleurs) au panthéon de la littérature fantastique contemporaine…

Ancestral
Rebecca Kean T4
Cassandra O’Donnell
J’ai Lu Darklight

12,20€