Avec Ravages, nous assistons à la fin de la deuxième mission confiée par l’ODI au binôme formé par la/le Sandjarr Mézoké Izzua et le Terrien Caleb Swany. Comme cela se présente dans l’énigmatique quatrième de couverture, la résolution diplomatique de l’affaire est plus que compromise et il faudra que nos héros fassent preuve d’un grand talent pour éviter une réaction en chaîne constituée d’une suite d’incidents diplomatiques.

La cérémonie de réconciliation entre Humains et Sandjarrs tourne au cauchemar pour Caleb et Mézoké, les agents de l’ODI.
Dans le port de Kuala Lumpur, des affrontements violents opposent les forces de sécurité aux syndicats de pêcheurs locaux. Partie sur la planète Dehadato à bord du névronome Angus, Nina va comprendre l’origine du danger. Mais pour affronter cette menace mortelle, Caleb et Mézoké vont se heurter à leur propre sen moral….
Face à la flambée de violence, est-il encore possible de sauver la paix ?

La couverture nous présente justement Mézoké et Caleb en pleine course dans les rues de la Kuala Lumpur du XXIIIe siècle. On y sent dans le mouvement, le choix de couleur et surtout l’étrange masse en haut à droite qu’une menace est prête à recouvrir la ville, la planète et peut-être s’étendre bien plus loin encore dans la galaxie.

N’oublions pas que dans le précédent volume, l’arrivée des nomades rapakhuns risquait de perturber les cérémonies de paix entre Humains et Sandjarrs. Comme les pêcheurs ne relevaient que des filets emplis de poissons morts, ils ont bien rapidement accusé les étrangers d’être la cause de ce malheur. D’autant plus que les mœurs de ces derniers ne correspondent pas vraiment à celles des Humains.

Quand une partie de l’armée malaise décide de donner un coup de main à des pêcheurs qui soupçonnent les Rapakhuns d’avoir tué leurs collègues, l’expédition punitive tourne au fiasco, mais le mal est fait. Le soupçon et les tensions entre les espèces et les différentes forces en présence ne menacent rien de moins que la paix galactique.

Les Rapakhuns sont entourés de mystère et seuls nos deux héros semblent leur accorder encore le bénéfice du doute. A la fin du précédent volume, il a donc été décidé d’envoyer Nina et Angus le vaisseau métamorphe enquêter sur la dernière planète à avoir été visitée par les Rapkhuns, ce qu’ils vont y découvrir risque de remettre en cause l’existence même de nombreuses planètes, à commencer par la Terre.

Par la saisissante qualité de ses graphismes, Serge Pellé donne à ce space opera tout le côté grandiose qu’on attend de ce genre. Pour sa part, Stéphane Runberg nous prouve une fois encore ses qualités de scénariste et réussit à nous sortir d’une catastrophe inéluctable tout en ne perdant pas de vue l’aspect humain de cette histoire. Une réussite qui permet dorénavant à Orbital d’être une des séries de science-fiction que la bande dessinée exalte. Je ne cache pas que la première mission m’avait laissé dans le doute quant à la suite de cette série. Je suis plus que rassuré et attends impatiemment la prochaine mission, d’autant que les auteurs nous laissent sur un cliffhanger de haut vol.

Ravages – Orbital T4
Scénario : Sylvain Runberg
Dessin et couleurs : Serge Pellé
Editions Dupuis
Collection Dupuis “Grand public”
2010

14,50 €