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Humain.e.s, trop humain.e.s – Jeanne-A Debats

J’ai toujours particulièrement apprécié la plume de Jeanne-A Debats, et plus particulièrement ses romans ou recueils de nouvelles d’urban fantasy. A travers le personnage de Navarre, vampire que je classifierais de « surprenant », un enchaînement de romans autour d’Agnès Cleyre s’en est suivi. Ce Humain.e.s, trop humain.e.s est chronologiquement précédé de L’Héritière, Alouettes, et complété du recueil Metaphysique d’un vampire autour du personnage de Navarre. Trois œuvres qui étaient déjà clairement des indispensables qui viennent d’être complétées par ce troisième opus, qui conclut de manière impressionnante une trilogie de grande qualité.

Derrière cette couverture un peu surprenante, bien que totalement dans la veine de ce qui nous a été proposé auparavant par l’éditeur, on va découvrir ce roman, présenté comme il se doit par l’éditeur en quatrième :

Je m’appelle Agnès Cleyre et je suis une sorcière. Une vraie cette fois. Ignorée durant toute mon existence par mes consœurs, voilà que la Grande Mère a enfin décidé de m’intégrer dans un convent. Mais pas le temps de m’interroger sur cet étrange revirement de situation. Au même moment, tous les vampires du Cénacle Majeur viennent de périr dans un mystérieux attentat, laissant à l’étude notariale de mon oncle la délicate question de la succession à régler et la garde d’un étrange coffre qui attire bien des convoitises. Serait-ce à cause de lui d’ailleurs qu’une pieuvre géante de l’espace s’est mise en tête de nous rayer de la surface de la Terre ?

Ma parole, tout l’AlterMonde semble devenir fou au même moment. Il ne manquerait plus que la fin du monde…

Alors là, attention les yeux ! Si vous pensiez que Jeanne-A Debats avait donné son meilleur avec Alouettes et que vous ne voyiez pas comment elle pourrait faire pour aller plus loin, eh bien sachez que vous vous êtes fourré les crocs dans les yeux quelque chose de bien ! Car oui elle va parvenir en un peu moins de 500 pages, à vous envoyer encore plus loin que ce que vous auriez pensé. Mais reprenons : nous retrouvons Agnès quelques années après Alouettes alors que le convent de sorcières a décidé de prendre Agnès en son sein. Mais comme vous vous en doutez, les choses n’iront pas aussi simplement que ce que l’on pourrait croire. Car les vamps débarquent avec un coffre millénaire contenant une chose énigmatique et le mettent en garde de Géraud, le parrain d’Agnès, et aussi son patron à l’Étude. Vous commencez à détecter le joyeux bordel qui s’annonce ? Eh bien ce n’est encore rien à côté de la réalité ! Le final du roman d’ailleurs m’a totalement pris à contrepied et je n’ai pas vu du tout venir le twist final qui conclue magnifiquement cette trilogie haute en éclats.

Le personnage d’Agnès, que Jeanne a fait progresser au fil des romans, s’est renforcé depuis qu’on l’a croisée pour la dernière fois. Et pourtant elle va passer ce roman à en reprendre de pleines louchées en pleine poire. Et pourtant elle va tenir le cap, forte dans la tempête. Navarre, Zalia, Géraud, Lise ou encore Adjaya sont des personnages particulièrement marquants dans cet univers et vont avoir plus que leur place dans ce roman, même si les deux dernières débarquent tout juste. Une belle brochette de protagonistes comme on en fait peu aujourd’hui.

Du point de vue style, Jeanne-A Debats nous a fait du Jeanne-A Debats : une plume incisive, très littéraire, jouant avec le lecteur et un humour acide. C’est terriblement rafraichissant à lire et personnellement je m’amuse beaucoup de sa plume. Ne serait-ce que son titre en écriture inclusive et la quatrième vous en disent déjà beaucoup dessus mais à l’intérieur c’est encore meilleur !

Humain.e.s, trop humain.e.s conclue une trilogie d’urban-fantasy proprement de toute beauté. Jeanne-A Debats sait jouer avec les codes pour proposer sa propre vision des choses. Franchement cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu quelque chose d’aussi fun et prenant. Bravo à elle, et je suis vraiment curieux de voir ce qu’elle va pouvoir nous proposer la prochaine fois !

Humain.e.s, trop humain.e.s
Jeanne-A Debats
Editions ActuSF
2017

Eldricht Tales

A propos de Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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