Le Passager n°4 – Joe Penna

Les + :

  • une reconstitution magnifique de l’espace
  • une belle tension
  • émotions bien dosées

Les -:

  • manque un peu de corps

Un passager clandestin est découvert au sein d’un vaisseau spatial en direction de la planète Mars. L’équipage se trouve trop loin de la Terre pour faire demi-tour et il n’y a pas assez de ressources alimentaires. Une seule voix s’oppose au sombre dessein que l’équipage prévoit au passager.

Joe Penna à qui l’on doit Artic avec Mikkelsen revient dans un film Netflix : cette fois-ci, pas de grandes étendues sauvages enneigées, mais de grandes étendues sauvages dans l’espace ! On retrouve la qualité de mise en scène et d’ambiance déjà présente dans Artic. Pendant 1h56, nous avons clairement l’impression d’être propulsé dans l’espace à destination de Mars. Il est fort probable que si le film était projeté sur grand écran, on aurait les mêmes sensations qu’avec Gravity !

Le pitch du film est simple : alors qu’une équipe est en route pour Mars pour rejoindre une colonie de scientifiques (préparant sans doute une future installation des humains), elle découvre qu’un ingénieur est resté coincé dans l’habitacle de prélèvement du CO2 or la navette n’est prévue que pour trois personnes. La mission doit durer 2 ans : il faut donc trouver une solution. Mais des solutions, il n’y en as pas, car les ressources en air et nourriture sont insuffisantes et le combustible n’est pas suffisant pour faire demi-tour. Une personne va devoir sortir.

La tension du film est parfaitement menée avec une partie à l’intérieur (les blessures, les algues qui meurent) et une autre à l’extérieur bien plus tendue encore (grimper les filins, l’éruption solaire, les bouteilles d’oxygène à récupérer).

Le son très immersif et la bande-son parfaitement ajustée à l’intrigue donne à l’ensemble une cohérence dans l’ambiance.

Si Toni Colette fait vraiment du bon boulot en commandant du vaisseau, Anna Kendrick est toujours aussi peu convaincante. C’est dommage que l’intrigue tourne autour d’elle en tant que médecin à bord, car elle n’est pas très attachante. Sauf à la fin où son personnage prend une autre dimension. Le film manque d’un propos clair, même si on ressent le sous-entendu concernant l’importance des médecins et le sacrifice de leur travail. Cependant, cela aurait pu être mieux appuyé notamment si Michael, le passager clandestin, était resté plus longuement blessé.

La fin du film est vraiment émouvante, car réaliste (à l’inverse de Gravity…). Les actions des personnages qui les mènent jusqu’à cette conclusion donne un visage moins fantasmé des astronautes et scientifiques envoyés dans l’espace : le côté glamour est effacé pour laisser place à un ressenti plus sensoriel. C’est bien joué !

CONCLUSION

Film sans prétention, Le Passager n°4 mêle habilement SF et drame. La qualité visuelle du film nous permet de se plonger entièrement dans cet environnement claustrophobique (malgré le grand espace !) et donne parfois des sueurs froides tout en nous proposant des moments plus intimistes et émouvants. Si le propos manque de consistance, la balade reste vraiment agréable.

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