Une Blade Runner, surnommée ASH, lancée à la recherche de la femme et de la fille de l’industriel Alexander Selwyn, dans le Los Angeles fictif de 2019. Mais son enquête va la mettre sur la piste de replicants – ces androïdes synthétiques aux comportements étrangement humains, mais aux intentions pas toujours très nettes – et au coeur d’une vaste conspiration, Selwyn est en effet proche du milliardaire Eldon Tyrell.

Difficile exercice que d’adapter un film culte en comics, mais je vous vois venir les blasés du marketing hollywoodien : tout n’est pas à jeter, il y a même de nombreuses réussites, d’Alien (les innombrables volumes de chez Dark Horse) à Star Wars (A la qualité souvent bien supérieure à certains films de la saga – hum).
En ces temps de revival 80’s, c’est au tour de Blade Runner de se plier à l’extension de son univers dans le monde de la bande dessinée. Un film culte, dans son sens premier : moins connu que les sus-cités, moins apprécié peut être par son rythme lent et son ambiance contemplative, mais adoré par un petit nombre de fans ; un univers au potentiel élevé – que certains considèrent comme fondateur du cyberpunk au cinéma, aux possibilités bien plus étendues qu’Alien. Etonnant qu’il ait fallu attendre si longtemps pour avoir sa propre série. Le succès d’estime de Blade Runner 2049 aurait décidé Titan comics de tenter l’aventure ? Le scénariste, Michael Green, ayant également travaillé sur Blade Runner 2049 n’y est surement pas étranger. Le monsieur ayant également travaillé sur Logan, puis en tant que créateur et showrunner de American Gods, c’est avec une certaine confiance que je me procurai ce volume.

L’histoire qu’il nous propose se situe à peu près en même temps que le premier film, mais il n’y est fait quasiment aucune allusion en dehors des éléments constitutifs de cet univers : la Tyrell corporation, les spinners (les voitures volantes) et bien entendu les répliquants. Pas de Deckard, de Rachel, ni même de Gaff (snif). Michael Green développe une intrigue différente, tout en élargissant un peu le monde que l’on connait. Son enquête nous emmène dans des lieux à la fois familiers et nouveaux, où les choses ne sont pas toujours ce que l’on croit. Dans cette histoire, personne n’est vraiment ce qu’il affiche.
Le personnage de Ash, badass voire cruelle, est elle-même suffisamment différente de Deckard pour qu’aucune comparaison ne s’impose.

 

L’ambiance poisseuse du Los Angeles de 2019 est bien retranscrite, notamment grâce aux superbes dessins d’Andres Guinaldo et aux couleurs sombres de Marco Lesko. Ne manque que la musique de Vangelis. (mais le best of de ISON, post rock spatial, accompagne fort bien la lecture. (4) Best of ISON – YouTube)

 

Ce Tome 1 de Delcourt reprend les 4 premiers volumes mensuels d’une série de 12 parus en anglais chez Titan comics. Le Tome 2 couvrant les 4 suivants est déjà sorti.

S’il n’a pas la puissance du chef d’œuvre de Ridley Scott, ce premier tome, est une belle réussite qui conserve l’essentiel du chef d’œuvre de Ridley Scott, sans jamais tomber dans la redite ou le sentiment de déjà-vu.
Un comics sorti un peu de nulle part, et qui mérite une lecture.

Martin Silenus

Martin Silenus

"L'évolution donne l'être humain. L'être humain, après un long et douloureux processus, donne l'humanité." Dan Simmons - Hypérion.

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