Cernunnos Pagan Fest 2020 – Jour 1

Le rendez-vous Païen annuel à ne pas manquer, c’était le week-end du 22 et 23 Février 2020 à la Ferme de Buisson de Noisiel. Pour les 12 ans du Cernunnos, Marie, l’organisatrice et programmatrice du festival nous a encore concocté une très belle affiche. Riche et intéressante avec plusieurs pépites et aussi quelques groupes provenant de loin comme les Taïwanais de Bloody Tyrant ou encore les Russes de Kalevala.

Notre équipe s’est donc rendue sur place afin de vous parler de nos découvertes, nos coups de coeurs, des bonnes surprises comme des mauvaises comparées aux éditions des années précédentes.

Nous arrivons donc par un samedi venteux pour l’heure du déjeuner. La ville de Noisiel est déjà envahie par une horde de médiévistes et de metalleux, une heure avant les premiers concerts. Le festival a donc toujours autant de succès. 

Sur les pelouses, on retrouve plusieurs stands proposant des objets ou activités diverses. Le auvent abrite toujours les stands de nourriture et le Caravansérail étale ses sympathiques petites boutiques. Cependant, en arrivant sur place, quelques petits changements sont à noter… En faisant le tour des stands extérieurs et ceux du Caravansérail je remarque qu’il n’y a pas (du moins je ne les ai pas trouvés) de stands de spécialités régionales. Tous les stands de nourritures à acheter et à embarquer chez nous (pâtisseries, sauces piquantes et autres joyeusetés gustatives) n’étaient plus là… Autre stand qui manque à l’appel au plus grand désarroi des festivaliers – et du mien – le stand des délicieux brods, qui étaient clairement victimes de leur succès lors des éditions précédentes. Grosse déception pour nos estomacs… Même si l’échoppe du Griffon noir et de la Muse pouvaient nous fournir de bons plats typiquement médiévaux, comme par exemple leur délicieux rôti de porc au cidre…

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Il est 14h00, le moment du premier concert est arrivé, je me rends donc à l’Abreuvoir, la petite salle qui est tout de même relativement grande, afin de voir Unnamed Season, groupe français très récemment formé. J’étais très impatiente de les voir sur scène et je n’ai pas été déçue du voyage…

Laissez-moi vous conter la poésie de leur univers : le quatuor débute son concert avec des chants grégoriens, quelques percus typiquement tribales sur fond de basse et de petites mélodies à la guitare. Le guitariste chanteur se partage ces chants grégoriens avec le percussionniste et le bassiste. Tandis que la frontwoman commence à nous montrer l’étendue de sa palette vocale. La salle est déjà bien remplie pour ce premier concert et le public semble conquis par la musique mélancolique et poétique des français. Le plus grand atout du quatuor est incontestablement la voix de la chanteuse lead qui passe du lyrique à des voix jazzy avec beaucoup d’aisance. Bref, superbe concert de la part d’Unnamed Season, indubitablement, ils auront marqué les esprits. Nous les retrouverons quelques heures plus tard au Caravansérail sous forme de duo, pour un concert plus intimiste.

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Je laisse maintenant la plume, à Nokomis pour les concerts à suivre, ayant une interview de prévue et un petit creux dans l’estomac.

À 14h40, Prima Nocta prend place sous La Halle. Sur scène, les musiciens portent des costumes très folkloriques, chaussures à pointes et tricornes. Forts de plusieurs instruments traditionnels à vent, d’un tambour et d’un violon, ce groupe sait mettre l’ambiance dès le départ avec des mesures rythmées et interagit non sans humour avec le public. La salle est déjà bien remplie. Les titres s’enchaînent, morceaux folks entêtants dont les accents dansants se répètent. Certains d’entre eux portent même une petite touche de métal (rythmes et guitares), ce qui n’est pas pour déplaire aux spectateurs. Prima Nocta nous fait donc passer un très bon moment.  

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Sur les coups de 15h35, Vermilia prend la suite à l’Abreuvoir (où, comme les années précédentes, le son sera trop fort et ce pendant l’intégralité du festival). Les musiciens prennent place, vêtus de capuches et de cache-nez : seuls leurs yeux restent visibles. Au centre est installé un micro décoré d’une branche de rosier. La chanteuse apparaît alors, en habits et maquillage païens, jouant d’un petit tambour et d’une flûte. Les accents de black atmosphérique que portent sa musique promettent un joli moment. Vocalement, rien à redire : Vermilia alterne entre voix claire et growl avec beaucoup de maîtrise. Si elle m’a semblé, de prime abord, un peu froide avec son public, j’ai été impressionnée d’apprendre par la suite qu’il s’agissait de son tout premier concert : une jolie performance pour un début ! 

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16h25, Black Messiah prend la relève dans la Halle et nous interprète son black symphonique dansant bien exécuté. J’ai été un peu surprise par la différence entre l’ambiance présente sur les albums et le jeu de scène des musiciens, plus posée que ce que laissait entrevoir leurs clips. Difficile, cependant, de ne pas se laisser entraîner par la musique épique et dansante du groupe : ça pogotte dans la fosse, et le concert s’achève sur une grosse ambiance.  

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Pendant ce temps là au Caravansérail… Delora reprend l’écriture : 

Avant le concert d’In Vino Veritas à l’abreuvoir, il me tenait à cœur de voir tout de même le début du set intimiste (sous la forme du duo originel) d’Unnamed Season au Caravansérail. Je m’y suis donc rendue et je ne le regrette en aucun cas. Si pendant leur concert à l’Abreuvoir, les voix des chanteurs lead pouvaient sembler un peu faibles dans le mix, ici, nous pouvions les entendre à merveille pour notre plus grand plaisir. Le duo nous fera la même setlist qu’à l’Abreuvoir mais avec quelques bonus forts sympathiques, une œuvre de la Renaissance composée par le grand John Dowland ainsi qu’un texte médiéval mis en musique.

Après les quelques premiers morceaux romantiques d’Unnamed Season, il est temps pour moi d’aller rejoindre l’Abreuvoir, pour découvrir In Vino Veritas, nous venant tout droit d’Italie.

J’arrive dans une ambiance très festive, où toute la fosse semble éprise de frénésie, le public danse et frappe dans ses mains. Il y a de la joie dans l’air et énormément d’énergie. Je peine à me frayer un chemin vers la scène tellement la salle est bondée. Les italiens arborent des masques d’animaux et des tenues médiévales. Le groupe a de nombreux instruments traditionnels (duduk, cornemuse, harpe, vièle etc.), le bassiste nous offre même quelques chants diphoniques ! Pendant leur set j’aperçois les festivaliers former une ronde médiévale, bras dessus, bras dessous, ils tournent autour de toute la salle. Vu l’ambiance de folie qu’il y avait, je pense qu’In Vino Veritas a fait l’unanimité. J’étais attristée de quitter le concert d’Unnamed Season au Caravansérail, mais j’ai été ravie de découvrir ce groupe.

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Je laisse Nokomis vous parler de l’excellent groupe ecossais Saor

Deux ans après leur passage au Cernunnos Pagan Fest, Saor est de retour, cette fois-ci sous la Halle. Comme c’était déjà le cas sur album, j’ai beaucoup apprécié leur performance live. Le métal black/atmosphérique un peu planant du groupe est toujours aussi hypnotique. La présence d’un violon et les accents très folks de Saor ajoutent encore à leur originalité : l’inspiration écossaise se ressent dans chacun de leurs morceaux. Sur scène, les musiciens ont peu d’interactions avec le public ; cependant les spectateurs sont réceptifs. Les écossais nous proposent donc un concert à l’image de leurs albums.  

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L’heure de dîner se profile. L’offre alimentaire du festival étant relativement variée, elle devrait convenir aux divers régimes alimentaires. Il y a cependant beaucoup d’attente et les stands ont quelques difficultés à gérer l’affluence, surtout à l’heure des repas.  

Après m’être rassasiée avec un rôti de porc au cidre fort goûteux à la Muse, il est temps pour moi (Delora), d’aller voir Rastaban à l’Abreuvoir, provenant de Belgique et de Hollande.

Formation Belgeo-Hollandaise, la petite particularité intéressante pour Rastaban, c’est l’un des musiciens arborant un slideridoo (un didgeriddo à coulisse, ce qui permet d’avoir plus de sonorités et de nuances qu’un didgeridoo lambda). La chanteuse offre à son public une voix pleine d’enchantement tandis que son violoniste débordant d’énergie, ne manque pas de faire participer les festivaliers. Agréable surprise dans le set, la découverte du titre L’aube des Dieux, chanté intégralement en français. En revanche, j’ai tout de même quelques petites réserves sur ce groupe, c’était très bien joué et agréable, mais j’ai trouvé ça, un peu trop linéaire, malgré toute la hardiesse du violoniste, Rastaban manquait d’un petit grain de folie.

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Il est temps maintenant de rejoindre, l’un des groupes les plus attendus du premier jour du Cernunnos : Heidevolk. La halle est envahie par une horde de festivaliers brûlant d’impatience à l’idée d’entendre les premières notes de pagan du groupe néerlandais. Une intro samplée très folk, sur laquelle les musiciens entrent en scène acclamés par leur public. Dès les premières notes, nous ressentons bien les chants vikings exécutés par les deux chanteurs du groupe. L’un a la voix grave et parfois gutturale, tandis que l’autre a une voix plus aiguë et mélodieuse. Les deux voix se complètent bien et sont souvent harmonisées. De nombreux slammeurs font leur apparition sur scène et au cœur de la fosse, d’ailleurs nous avons frôlé l’accident, car une slammeuse est arrivée sur scène et a failli faire tomber le grand roll up du groupe sur le matos. Mais heureusement, les techos du fest sont réactifs et efficaces. Sur le morceau, “Yngwaz’zonen”, où les voix sont seulement accompagnées par des percus, beaucoup de festivaliers se sont assis par terre et se sont mis à ramer comme s’ils étaient sur un drakkar. Bref, une ambiance de folie et un set vraiment sympa de la part d’Heidevolk, avec le titre culte “Vulgaris Magistralis“, où toute la fosse s’est mise à chanter à l’unisson avec le groupe.

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Si moult festivaliers étaient impatients à l’idée de voir Heidevolk sur scène, en ce qui me concerne, j’avais surtout hâte de découvrir les autrichiens d’Anomalie. Je ne suis pas très attirée par le black metal, mais Anomalie a su me séduire par ses albums et son univers visuel. Certes, ce n’est pas du black pur et dur, c’est avant tout du post avangardiste et atmosphérique… De chaque côté du frontman, il y a deux grands troncs de bois blanc, on dirait des bouleaux, son pied de micro étant également fait du même bois. Quelques grigris sont accrochés à son micro, le tout est du plus bel effet. Simple, épuré, mais efficace. Devant la batterie, il y a une espèce de petit autel sur lequel est installé un genre de calice entouré d’encens et d’os d’animaux. La fumée de l’encens enveloppe le chanteur, encapuchonné et grimé de maquillage. Les lignes de basse sont impressionnantes et percutantes, sans parler du fait que le bassiste tient une basse 6 cordes ! A la fin du set, le frontman se met à genoux, comme transcendé par sa musique, dos à son public, face à son autel, tout en continuant à hurler sans son micro. Beaucoup d’émotions se dégagent de sa voix presque torturée. Ce live était empreint d’une poésie sombre et mélancolique.

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Alors, je ne sais pas du tout si c’est parce qu’Unleashed fait du gros death qui tâche ou si c’est parce que bon nombre de festivaliers voulaient rentrer tôt et éviter la cohue des transports en commun, mais j’ai trouvé que le pit devant les suédois manquait d’abondance. Étant fan d’Unleashed, je me réjouissais à l’idée de les revoir. Or, il est vrai que ce groupe pouvait détonner sur l’affiche du Cernunnos, car leur metal n’a rien de pagan. J’imagine que c’est par rapport aux textes des titre comme Lead us into war, Hammer Battalion ou encore Into glory ride (qui ont d’ailleurs été joués ce soir) que les suédois ont été choisis en tête d’affiche du Festival. Il faut dire aussi qu’ils ont de la bouteille, le groupe s’est tout de même formé en 1989 ! Les titres s’enchaînent terriblement bien, tantôt groovy, tantôt lourds et souvent agressifs. Les musiciens ne manquent pas de charismes et réussissent à faire participer le public très facilement. Le groupe a mis en valeur les titres de son nouvel album “The hunt for White Christ” sans oublier de penser à leurs fans, en nous jouant également plusieurs morceaux de leur tout premier album datant de 91, Where No Life Dwells. Même si la fosse était un peu clairsemée, le public débordait d’énergie, au plus grand plaisir des suédois. 

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BILAN DU PREMIER JOUR : 

Cette première journée était très réussie, beaucoup de bons concerts, de bonnes découvertes, bref, de quoi se sustenter les oreilles ! 

Quelques petites déceptions aussi, en découvrant les stands de produits régionaux en moins sans parler des brods. Mais quoiqu’il en soit, vivement demain, pour remettre ça !

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