Interview Atlantis Chronicles

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Aujourd’hui c’est une rencontre avec le groupe Atlantis Chronicles que nous vous proposons. Et tant qu’à faire nous n’avons pas rencontré qu’un seul membre, mais trois : Antoine, le chanteur, Alex le guitariste et Sydney le batteur.

eMaginarock : Comment en êtes-vous venus à la musique métal et quel a été votre parcours avant Atlantis Chronicles ?

Sydney : J’écoutais beaucoup beaucoup de métal au collège avec ds groupes comme Panthera, Sepultura, Metallica, ce genre de groupes. Puis au lycée Slipknot, les univers un peu plus extrêmes. Et du coup j’ai eu envie d’en jouer, et je me suis lâché sur la batterie. Je me suis lancé en même temps qu’Alex, avec qui je suis ami d’enfance et on a fini par se lancer ensemble. On a alors entamé un groupe appelé Abyss à l’époque puis le line-up a changé pour intégrer Antoine, en 2010, et fonder Atlantis Chronicles.

Alex : J’ai commencé la guitare par hasard. J’écoutais du métal et en fait je voulais faire des percussions. En allant dans ce que je pensais être un magasin mais qui était une école de musique. Et dans un petit espace je vois un mec avec une guitare et là ce fut la révélation. Avec Sydney on a fait la même école de musique et très rapidement on a monté Abyss.

Antoine : Le chant est arrivé assez tard pour moi. J’y étais sensible, plus à l’électro, surtout assez sombre. J’aimais les rythmiques puissantes et un jour, vers 18 ans, je suis tombé sur le métal et j’ai vu Korn à Bercy. Je me suis pris une décharge et il a fallu que je trouve un moyen de faire pareil. Comme je ne savais pas jouer d’instruments je me suis dirigé vers le chant hurlé. J’adore écrire également et donc je me suis dit que ça le ferait. J’ai pris des cours de chant pour ne pas me flinguer les cordes vocales et petit à petit j’ai découvert, avant d’entrer dans différentes formations, et de finir par intégrer Atlantis Chronicles.

M.net : Quelle a été la genèse du groupe ? Notamment son nom.

Sydney : On s’est retrouvé à quatre potes, on a fondé Abyss. On fait une démo, quelques concerts, et là on se dit qu’on est influencé par d’autres choses et qu’on doit faire évoluer le projet. L’arrivée d’Antoine en 2010 a changé notre vision des choses et de l’écriture. Le groupe est le même à l’exception de lui et toutes ces modifications ont amené un changement de nom et d’univers.

Alex : Atlantis Chronicles vient du nom d’un morceau du premier album, Tales of Atlantis et on s’est dit que ce nom était pêchu.

Antoine : On s’est dit que cela sonnait bien à la fois en français et en anglais. On a renommé le morceau et changé le nom du groupe. La thématique sur les fonds marins reste présente, et notre univers visuel et thématique est préservé.

M.net : Parlons un peu de ce nouvel album, justement. Évoquer les questions marines lorsque l’on s’appelle Atlantis Chronicles est évident, mais quelle histoire se cache derrière ce nouvel opus, intitulé Barton’s Odyssey ?

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Antoine : C’est toujours un peu compliqué de répondre car il y a beaucoup de choses dans la forme et dans le fond. C’est Alex qui a initié cet album-là car il voulait que la notion d’apocalypse soit présente, par la destruction du monde par les eaux. A partir de là, ils m’ont laissé broder une histoire. Dans la forme cela reprend à la fin de l’album précédent avec cet explorateur, William Beebe, qui construit un submersible, la batisphère, avec lequel il a pu plonger à un peu plus de 900m de profondeur. C’est l’un des premiers à avoir exploré les fonds marins, et il l’a conçu avec un ingénieur, Otis Barton, qui avait plusieurs casquettes (explorateur, ingénieur, écrivain). C’est d’ailleurs lui qui a designé ce sous-marin. A la fin du premier album Beebe disparaît et sur le second on retrouve Barton, qui va lui aussi plonger avec un autre submersible mais très vite il va se retrouver face à un bouleversement inattendu, cette fameuse apocalypse, dont il va justement être témoin. Et cela aboutit à la destruction d’un monde qui mène à l’émergence d’un autre, notamment à travers la sortie des eaux de l’Atlantide. Tout cela est très symbolique, évoquant la notion de cycle de la vie, avec une vision optimiste de la mort. Le but est de montrer que s’il y a une renaissance il faut regarder dans le rétro pour voir quelles ont été nos erreurs et comment les éviter. Cela ouvre sur énormément de thématiques.

M.net : Commençons avec l’artwork et le livret qui accompagnent le CD. Ils sont tous deux magnifiques. Le groupe s’est-il particulièrement impliqué dans cette réalisation graphique ? Comment s’est créé cet ensemble ?

Sydney : La cover a été faite par un artiste suédois, Par Oloffson, qui avait déjà bossé pour des groupes et des albums que l’on aime. Comme on cherchait un artiste capable de représenter une charte graphique puissante et qu’il a fait celle du premier album, on a souhaité continuer avec lui. Du coup on a renoué avec lui pour cette occasion et lui avons donné un cadre simple, tout le reste est le fruit de sa créativité. Pour le livret c’est un ami à moi, David, qui est graphiste et à qui nous avons expliqué le concept et qui a travaillé à partir de cela. Otis Barton qui raconte son journal via les lyrics.

Antoine : Cela permettait de rendre l’objet plus immersif et que l’auditeur soit happé par l’univers et le concept.

Atlantis Chronicles
De gauche à droite : Alex, Antoine, Sydney.

M.net : Parlons de chant, maintenant. L’alternance entre chant hurlé et moment parlés est particulièrement intéressant et joue vraiment avec la musique globale. Ce mélange entre emballement métal et courts moments plus calmes fait vraiment la particularité de l’album. Mais comment avez-vous travaillé ces structures musicales particulières ?

Antoine : Alors pour les moments parlés ce n’est pas ma voix, ni même celle d’un membre du groupe, mais quelqu’un qui a un grain de voix particulier, incarnant Otis Barton. Ces moments permettent de faire une pause musicale et vocale. Ainsi l’explorateur a pris vie au final, sous la forme d’un journal radiophonique, et donc d’happer l’auditeur.

Le sound-design est voulu comme assez sombre mais reprendre les mêmes mélodies sur différents instruments pour créer des ambiances différentes.

Sydney : Sur l’un des morceaux on a un interlude entre deux morceaux, comme si le personnage écoutait cela à travers un vieux poste radio.

Antoine : Au moment où l’on composait on a de suite identifié les endroits où il était nécessaire d’inclure ces pauses, ces moments résumant l’aventure. Cela permet d’insister sur le chapitrage de l’album.

M.net : Une vidéo est sortie, comment se sont passé le tournage et la production ?

Antoine : On l’a produit tout nous-même. Pour le premier album on a fait un clip dans un décor naturel, sorte de cimetière à vieux bateaux, des thoniers. Pour celui-ci on souhaitait quelque chose de différent, de proposer autre chose. On a eu la chance de rencontrer une équipe qui nous a permis d’explorer les arts numériques. On leur a permis de faire des tests et nous d’avoir un clip.

Sydney : Pour ce clip on est posés sur une structure pyramidale, les uns au-dessus des autres et derrière nous il y a une projection sur un mur de LED de 6m de hauteur positionnés en angle. Le jeu technique est de jouer sur la perspective filmée afin d’obtenir une immersion totale.

Alex : Pas de fond vert, pas de post-production lourde. C’est de la 3D sans relief en fait.

Antoine : Cela nous a permis de capturer une scène de l’album et de la mettre en vidéo.

M.net : Je suis un gros lecteur et est-ce que le groupe a eu des références littéraires spécifiques au moment de la création de l’album ? D’autres sources d’inspiration ?

Antoine : Alors oui, mais elles ne sont pas en rapport avec l’Atlantide ou la mythologie. J’ai toujours un peu de mal à les balancer comme cela car ça fait un peu pompeux mais il s’agit de Spinoza, Krishnamurti et un peu de Nietzsche. Car cela parle beaucoup de conditionnement et de manière de s’en sortir. C’est quelque chose qui inspire beaucoup d’auteurs et cela me parle énormément. Je souhaitais vraiment insuffler cela dans l’album en l’ancrant dans la mythologie sur la forme. Jules Verne est aussi une grande inspiration, le cinéma également. Cela joue sur la façon dont on va faire évoluer le groupe et le concept. Alex et Sidney sont eux des gros joueurs de jeux-vidéos, notamment Bioshock, et d’autres plus anciens. Alex s’inspire de mangas et de comics.

Alex : J’ai certaines références manga, mais cela ne joue pas trop sur les couleurs musicales que je veux donner.

Sydney : C’est Alex qui va créer la bande-son des images d’Antoine au final. Pour ma part sur ce deuxième album je me suis laissé embarquer, ayant amorcé le thème du premier. Ainsi j’ai été finalement assez spectateur de ce « nouveau film ». Cela m’a fait du bien de le voir grandir.

M.net : Quelles sont les prochaines dates de concert du groupe ?

Alex : La tournée a commencé en avril et va toucher Rennes, Nantes, un festival en Suisse. Pas mal de dates sont en cours de confirmation. La sortie de l’album va aussi faire bouger les choses, de même que le clip.

Sydney : Cela nous a fait du bien de reprendre la scène, comme si on avait fait une pause entre les deux albums et que tout reprenait à l’affilée.

Antoine : Sauf que l’on a eu plus de monde arrivés pendant cette pause !

M.net : Des festivals de prévus cet été ?

Sydney : Nevers, la Suisse, mais pour le reste on attend les confirmations. Pour les gros festivals d’été c’est un peu mort car les décisions sont prises vers décembre, or l’album était juste annoncé.

M.net : Passons à des questions plus classiques mais qui permet de faire des sondages auprès des groupes interviewés : selon vous quel est le meilleur festival de métal ?

Sydney : C’est dur de répondre on en a pas fait beaucoup en tant que groupe. C’est le public qui fait le festival. Bêtement, je vais te dire le Hellfest en tant que spectateur car je l’ai fait une fois et j’ai adoré.

Alex : J’en ai pas fait énormément donc ça va être dur.

M.net : Merci beaucoup pour toutes ces réponses et à très bientôt pour la suite des aventures d’Atlantis Chronicles !

 

 

 

 

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