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En 1973, Georges Lucas vient de terminer « American Graffiti » et se rend sur le plateau de tournage de son ami, Brian De Palma. Celui-ci est en pleine réalisation de l’opéra rock en devenir, « Phantom of the Paradise ». Le père de « La Guerre des Étoiles » est grandement impressionné par le fantôme de l’histoire. Le personnage est masqué, respire difficilement, et n’arrive à parler qu’avec l’aide d’une vague machine. C’est ainsi que l’image du maître Sith (Vador) prend forme dans l’esprit de Lucas… Pour la énième fois, je me suis retapé ce film et n’en suis toujours pas rassasié… Le film de Brian De Palma est sorti en salle le 31 octobre 1974. Je me suis dit qu’à l’approche de l’Halloween, l’idée de le visionner pourrait vous charmer.

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À l’inverse du film que Lucas s’apprête à sortir, « Phantom of the Paradise » est un échec au Box-Office. Pour une raison obscure, il est tout de même fort apprécié dans la ville de Winnipeg, au Canada. Les Winnipegois le gardent sur leurs écrans plusieurs mois durant. Le même phénomène énigmatique se produit à Paris… Pour son film, De Palma s’inspire aux quatre vents : Frankenstein, Faust, Dorian Gray, Le fantôme de l’opéra (film de 1943), et plusieurs autres… Malgré un premier tiers un peu expéditif, l’heure suivante se transforme en un surprenant mariage entre le romantisme et la musique rock. Les scènes sont souvent frénétiques, rythmées par la musique elle-même. Le kitsch est également présent et combiné de belle façon au « peace and love » de l’époque. Une folle toile sur laquelle de nombreuses couleurs sont projetées avec beaucoup de soin. Le résultat est phénoménal ! On est loin de « Scarface » ou de « Body double », de tous ces films du genre qui ont fait la renommée du réalisateur ; mais le talent de conteur est déjà présent et s’impose dès le début du film. Bien connu dans les années 70, c’est Paul Williams qui signe la musique du film et qui interprète la plupart des titres. Sa voix est envoûtante et semble constamment sur le point de se briser. Il faut voir et entendre le fantôme s’enfermer et composer sa cantate pour son amoureuse. Son piano et sa voix (celle de Williams) transporteraient un immeuble de cinquante étages. C’est du Paul Williams à son meilleur. C’est l’efficacité de « Grease », rempli de macabre, d’humour noir, et de diableries. C’est le début d’un grand réalisateur dont la marque sur le septième art sera bientôt indélébile.