motocultor 2015

Fondé en 2007 dans le Morbihan, le Motocultor a vécu une première histoire en salle mais se tient, depuis 2010 en plein air. Après une histoire mouvementée faite de changement de terrain notamment, le festival se tient désormais à Saint-Nolff depuis 3 ans et est surtout devenu le 2e festival Metal le plus important derrière le Hellfest avec plus de 22 500 entrées cette année.

Mais trêve de bavardage, que vaut, alors, cette édition 2015 ?

Vendredi 14 août :

Arrivés sur les coups de 21h15 pour cause de taf, j’aurais malheureusement loupé les shows de MARS RED SKY et SOLSTAFIR notamment. Qu’à cela ne tienne, après s’être garé tant bien que mal, avoir échangé nos billets contre un joli bracelet en tissu et s’être fait vérifié nos sacs, nous voilà sur le site élargi du MOTOCULTOR. A peine avons-nous le temps de remarquer sur notre gauche la nouvelle et troisième scène installée cette année – et répondant au drôlatique nom de… Massey Ferguscène – que nous nous précipitons devant le premier concert de ces 3 jours.

Et c’est donc avec FINNTROLL que nous entamons les festivités. Et si le death/black folkisant des finlandais est toujours aussi efficace lorsque retentissent les hymnes que sont « Trollhammaren », « Jakens Tid » ou encore « Nattföd », les dernières compos du groupe ne sont pas en reste, bien qu’elles soient nettement moins joyeuses. Mais ce qui rebute au final c’est l’attitude du hurleur en chef, ce dernier ayant le charisme d’une mouche naine… Ainsi, bien que vocalement il tienne largement la comparaison avec son prédécesseur, son jeu de scène aussi ridicule qu’inexistant ne nous retiendra pas jusqu’à la fin du concert.

Du coup, direction les guérites pour nous équiper des précieux tickets qui nous permettront de nous sustenter en liquide et en solide. Puis première mousse commandée au bar : pour 2.50€, le choix est plutôt large et de bonne qualité puisque c’est toujours la brasserie artisanale Coreff qui alimente le festival, et ce depuis ses débuts.

Ainsi équipés, nous voilà en route pour le show de PENTAGRAM. Pionniers du Doom Metal, les américains sont emmenés par un Bobby Liebling totalement habité par sa musique. Il est vraiment impressionnant de voir avec quelle énergie ce papy à qui l’on pourrait facilement donner 80 piges – alors qu’il n’en a « que » 60… – tient et casse la baraque ! Même si l’on a clairement l’impression qu’à chaque déhanchement il va perdre sa prothèse, le bonhomme est tellement charismatique que l’on est fasciné par le phénomène. Et les zicos ne sont pas en reste ! Ils balancent la sauce et sont complètement au service d’une musique par ailleurs ultra efficace et fort bien écrite. Premier moment fort du festival, et quel moment ! Bien des chanteurs et des frontman peuvent prendre exemple sur le sieur Liebling, tant le bougre aura chanté juste et donné à ce show ce supplément d’âme qui fait que l’on adhère totalement à la musique.

Après cette première claque du festival, nous voilà revenu devant la Dave Mustage, la scène principal du festoche, pour y voir ELUVEITIE. Et au vu du monde présent devant ladite scène pour accueillir les suisses, nous ne sommes pas les seuls à apprécier leur Folk Metal mâtiné de Death. Pas de surprise avec eux, tant leur musique aussi bien agressive que dansante et mélodique est efficace. Ainsi, les tubes que sont « The call of the mountain » (chanté en français !), « Thousandfold » ou encore l’incontournable « Inis Mona » viennent ponctués un excellent moment distillé par les partenaires du charismatique Chrigel Glanzmann.

 

Pas de repos pour les braves, sitôt le concert d’ELUVEITIE terminé, nous voici en route pour la Massey Ferguscene afin d’y voir TRIPTYKON. Si sur album, la musique si personnelle du groupe a fini par me subjuguer et me transporter dans les profondeurs indicibles d’un abîme musical sans fond, ce vendredi soir il m’est difficile de rentrer dans leur concert. Pourtant alléché par les différents commentaires dithyrambiques qui avaient fleuri sur le net à propos de leur prestation au HellFest, le show auquel j’assiste ne me convainc pas. Malgré tout, l’ambiance lente, lourde et sombre à souhait est bien là, les musiciens ont l’air vraiment habités par leur musique, mais je ne sais pas, ça ne prend pas pour moi. Peut-être la faute à un son un peu trop sec  et « clair » ou tout simplement qu’en plein air l’atmosphère malsaine et pesante qui se dégage de la musique du groupe habituellement, est moins prégnante qu’en salle ou sous une tente. Ma chère et tendre partageant mon sentiment, nous nous éclipsons donc à la moitié du set pour aller jeter un coup d’œil au NYHC de MADBALL qui jouent en même temps sur la Supositor Stage. Bien que peu friand de Hardcore en général, l’énergie et le son déployé par les américains fait plaisir à voir. Et même si leur musique ne me touche pas au point d’aller pogoter comme un déjanté, leur prestation m’aura plutôt fait bonne impression.

Little BigAvant de quitter les lieux pour rentrer dans nos pénates, je tiens tout de même à faire poireauter ma dulcinée pour qu’elle me donne son avis sur l’OVNI du Motocultor 2015, j’ai nommé LITTLE BIG. Ce groupe d’electro-thrash russe fait figure d’épouvantail sur l’affiche du festival breton. Malgré tout, le trio semble attendu de pied ferme par une majorité de festivalier et dès les premières notes, le bordel est de mise dans la fosse. Quant à nous, bien que tout cela nous fasse gentiment sourire, nous préférons nous éclipser et rentrer nous reposer pour attaquer la seconde journée frais et dispos.

Samedi 15 Août :

De retour sur le site en ce samedi 15 août, nous arrivons tout juste lorsque retentissent les premières notes jouées par DRAKWALD groupe Tourangeau de Folk/Death Metal. Leur musique accrocheuse, variée et entraînante nous fait très bonne impression. Et pas que sur nous apparemment puisque wall of death, pogos et autres circle pit sont de mises dans le public (fourni) de ce milieu d’après-midi ! La seule chose que l’on pourrait regretter est le chant clair parfois complètement faux et souvent à l’avenant. Toutefois, celui-ci étant plutôt rare, il ne gâche pas la musique du groupe. Un premier concert ma foi fort sympathique pour lancer la journée et un groupe à suivre désormais.

Passé ce premier bon moment et après un détour par le stand de merchandising pour nous procurer le premier album des tourangeaux bretonnisant, nous décidons de flâner dans le metal market pendant que KRONOS démonte la scène principale. Nous rejoignons d’ailleurs celle-ci pour notre deuxième concert, en l’occurrence celui de ONE LAST SHOT. Ce tout jeune groupe français distille un hard-rock/stoner couillu qui n’est pas sans rappeler MOTÖRHEAD par moment (ils en effectueront d’ailleurs une reprise). Le groupe est en place, motivé et énergique. Le chanteur tient bien sa place de frontman, mieux que ses notes. En effet par moment son chant perd de sa justesse mais l’énergie qu’il développe à l’instar de ses petits camarades fait que l’on ne s’attarde guère là-dessus. Bref un nouveau bon moment passé en compagnie d’un groupe français en devenir qui, à défaut d’être tout à fait original dans sa musique, mène très bien sa barque et n’a guère de mal à nous faire taper du pied et headbanguer avec plaisir.

TANKARD, KLONE et SODOM ne retenant pas nos faveurs c’est en buvant quelques verres de boissons houblonnées et en délestant nos portefeuilles de quelques billets superflus que nous patientons avant le show de BÖMBERS. Ce groupe de reprise de MOTÖRHEAD emmené par Abbath, leader et fondateur du groupe de Black Metal légendaire IMMORTAL, est finalement assez énigmatique dans sa démarche. En effet, si tout dans l’attitude rappelle cette autre légende vivante qu’est le groupe emmené par Lemmy, il ne s’agit jamais là que d’un groupe de reprise. Ni plus ni moins. Alors certes le chanteur norvégien est un showman aguerri qui sait très bien comment prendre la pause pour faire de belles photos, mais niveau musical eh bien…c’est du MOTÖRHEAD quoi… Le seul avantage de ce concert aura été de nous dire qu’il fallait que nous creusions beaucoup plus la discographie des anglais. Après tout, peut-être est-ce là le but ultime d’Abbath et consorts ?

Quoi qu’il en soit, après cette semi-déception, nous décidons de nous poser un peu devant la Supositor Stage sur laquelle joue un groupe allemand au nom imprononçable, DER WEG EINER FREHEIT. Si de prime abord je ne prête qu’une oreille distraite à la musique du combo, celle-ci fini tout de même par éveiller ma curiosité. Mais le temps de me dire que le Black Metal joué par les teutons est finalement vachement bien travaillé, personnel, varié et que le groupe délivre une prestation sobre mais totalement habité par sa musique, que leur concert est déjà fini. Un léger sentiment de frustration nous envahit donc mais nous nous promettons de suivre le groupe de plus près désormais.

Il est maintenant 21h20 et c’est l’heure de CARCASS. Si le groupe anglais fait figure de légende vivante quand on parle de Death Metal, je n’ai personnellement jamais réussi à accrocher. Ce sera la deuxième fois que je les vois en concert et rien à faire, la sauce ne prend pas avec moi. En ce 15e jour du mois d’août 2015, j’en incombe personnellement la faute à un son bien trop brouillon lors des 3 premiers titres qui (me) ruine les oreilles et aura finalement raison de ma patience. Tant pis. De toute façon une autre légende du Death se tiendra là, bientôt, et au moins j’aurais les cages à miel en forme pour en profiter.

En attendant, c’est l’heure de la franche rigolade. En effet, les joyeux lurons d’ULTRA VOMIT prennent possession de la Supositor Stage sur les coups de 22h20 et on peut dire tout de suite que leur show est bien trop court tellement leurs compos incisives et jouissives font mouches à chaque fois. Les tubes que sont « Tirelipimpon sur le Chihuahua », « Pov’ connard » ou encore « Je collectionne les canards vivants » font rire à gorges déployées aussi bien qu’headbanguer massivement une assistance toute acquise à leur cause. Les gaziers mènent leur barque d’une main de maître : le spectacle est hyper bien rôdé et hilarant et la musique diablement efficace !

On en aurait bien repris une bonne grosse louchée mais il est tant. L’heure du Maître a sonné.

Car autant le dire tout de suite, DEATH DTA m’aura flanqué LA baffe de ce Motocultor, cru 2015. Une baffe magistrale, qui pourtant partait mal. Comme pour CARCASS, le son de début de set me faisait craindre le pire. Mais que nenni, au bout des 2/3 premiers morceaux tout était entré dans l’ordre et la démonstration pouvait commencer. Pour quelqu’un qui, comme moi, n’a pas eu la chance de voir le Maître Shuldiner à l’œuvre de son vivant, ses illustres contemporains se chargent de lui rendre un hommage à la hauteur du génie américain. Le son est excellent, la précision des musiciens est hallucinante et rend particulièrement honneur au talent de compositions du sieur Chuck. Alors certes nous pourrions déplorer une communication minimaliste de la part du line-up présent devant nous ce soir-là, mais au final, ce qui reste et restera à jamais sera la Musique. Une musique qui vous prend aux tripes et vous emmène au-delà de tout ce que vous auriez pu imaginer : entre violence extrême, mélodies tranchantes et rythmes jazzy toujours efficaces et jamais bavardes, ce fut du grand Art !

Après une telle claque, impossible d’embrayer sur autre chose, bien que MY SLEEPING KARMA entame ses premières notes. Il est temps pour nous de rentrer, la banane jusqu’aux oreilles, avec le sentiment d’avoir assisté à un vrai, beau et grand concert !

Dimanche 16 Août :

Ce dernier jour de festival aura été le plus léger puisque arrivés sur site à 16h30, nous en sommes reparti vers 22h alors que commençaient à retentir les premières notes du concert de TRIVIUM. Cette fois-ci nous aurons passé la majeure partie du temps devant la Dave Mustage, la plus grande des trois scènes du festival.

Premier concert pour nous, MUEZLI qui, malgré un nom de groupe quelque peu…original, nous fera passer un excellent moment ! Tout jeune combo originaire de Nantes, les quatre gaillards nous envoient à la tronche un stoner riche d’influences multiples et diablement inspiré. Les compos sont franchement bien troussés, efficaces et foutrement groovy. Quant au chanteur, que dire… Le garçon semble avoir à peine quitté la puberté mais tient ses lignes de chant de façon absolument remarquable ! Que ce soit sur les parties criés ou claires, tout sonne juste ! Lorsqu’il aura gagné en expérience et en présence scénique, il n’y a pas à douter que ce groupe prendra une toute autre dimension. Une autre bien belle découverte française donc, à suivre obligatoirement !

Dans la foulée nous nous dirigeons vers le phénomène allemand NE OBLIVISCARIS. Bien que totalement novice de la musique du combo, le tapage populaire autour de ce groupe d’Outre-Rhin m’avait interpellé. Et après avoir assisté à une bonne demi-heure de leur set, force est de constater que leur musique ne me touche pas beaucoup. Si sur le papier, ce mélange entre Black/Death et violon, chanteur extrême à l’attitude clairement « ivôôôôl » et un autre assurant le chant clair et à la mine réjoui pourrait être une bonne idée, les longueurs progressives mal assurées par le groupe ne me convainc franchement pas. Du coup, nous nous extrayons d’un public, lui, visiblement conquis pour aller jeter un œil sur ANTHROPOMORPHIA pratiquant un Black Metal tout ce qu’il y a de plus classique et, donc, de plus inintéressant.

Après ces deux concerts plutôt mitigé pour ma compagne et moi, voici venu l’heure de se confronter à KATAKLYSM. Les cousins canadiens pratiquent un Death Metal mélodique efficace et de fort belle facture. Le son est bon en cette fin d’après-midi et ne manque finalement qu’un public vraiment au taquet – ce que regrettera le frontman et leader du groupe à plusieurs reprises – pour faire de ce concert une totale réussite. Toutefois, ce fut pour nous un excellent moment passé à headbanguer furieusement et à fredonner les mélodies du combo d’outre-atlantique.

Après nous être sustenté, nous nous plaçons de façon à voir la légende du thrash brésilien, je veux bien sûr parler de SEPULTURA. S’il est indéniable que le groupe est de retour en forme pour fêter ses 30 ans de carrière, il manque un petit plus aux sud-américains pour complètement emporter notre adhésion. Ou alors est-ce juste que, sorti des tubes monumentaux que sont « Roots, bloody roots » et « Refuse/Resist », la musique des gaziers ne nous émeut guère. Décision est alors prise de rentrer dans nos pénates, de toute façon comblés par ces 3 jours de concerts !

En guise de conclusion, je vous propose de retrouver ci-dessous les points positifs et à améliorer de ce Motocultor édition 2015, qui fut un excellent moment pour nous !

 

Points positifs :

  • Concerts mémorables (DEATH DTA, PENTAGRAM, ULTRA VOMIT).
  • Découvertes nationales très prometteuses (MUEZLI, DRAKWALD, ONE LAST SHOT).
  • Organisation générale du site (3e scène, Metal Market, parking…).
  • Choix très large pour manger.

 

Points à améliorer :

  • L’attente au stand de nourriture (3/4 d’heure d’attente pour une part de pizza, même faite maison, ça fait quand même beaucoup…).
  • Déco inexistante et qui pourrait donner, à mon avis, un côté beaucoup plus chaleureux à l’événement

 

Un grand merci aux bénévoles et organisateurs ainsi qu’à Manu Wino et Claire Vasseur pour les photos ! Et peut-être à l’année prochaine !