Depuis que l’Empire a conquis son pays, Loren, druide de Bronte, se voit forcé d’opposer une résistance à l’invasion ennemie pour protéger son village. Mais si Bronte est épargné grâce à ses efforts, son seul espoir de victoire réside dans la mort de Hassya, l’inaccessible Impératrice. Alors que ses tentatives d’assassinat restent vaines, un étrange personnage, issu d’anciennes légendes, revient d’Avalon pour lui venir en aide. S’ouvre alors à Loren une bien étrange voie, où le sens des principes qu’il a suivis au cours de son existence prend une tout autre dimension et où l’ombre de la trahison se dessine là où il ne l’attend pas.
Le Dernier Chemin est un roman captivant qui, loin de nous proposer des batailles sanguinaires et des combats de magiciens qui s’éternisent, met en avant les enseignements druidiques. Avec la montée de l’Empire romain, les Celtes et leur culture sont peu à peu écrasés pour laisser place à un nouvel ordre du monde.
La couverture d’Adrien Merzeau résume à elle toute seule la relation entre Loren et Merlin. Le choix d’une couverture en relief donne une certaine originalité au livre qui devient un petit objet.

Le roman est assez pessimiste et, pourtant, il y a un vrai ton poétique. L’intrigue est simple et l’auteure ne nous perd pas dans des descriptions sans fond, mais donne une part importante à ses personnages. Loren est clairement un anti-héros alors que la favorite de l’Impératrice, Keitha est loin de n’être qu’une antagoniste. Eva Li glisse sur les complots et intrigues de cours tout en s’attachant au quotidien des petites gens. Un bon moyen pour séduire un peu tous les différents lecteurs de Fantasy!

L’arrivée surprenante de Merlin passe toute seule par la suite grâce à son rôle bien calibré pour l’intrigue. Son rationalisme donne à certains passages un caractère très émouvant: le mage sait qu’il doit accepter la situation et il est venu pour le faire comprendre à Loren qui lui ne souhaite que la vengeance.

En mêlant habilement Histoire et fiction, réalités de l’époque et conte philosophique, Eva Li nous transporte dans le petit village païen qu’est Bronte où la résistance face aux envahisseurs est bien difficile à mener. À travers cette histoire de rébellion face à l’Empire, l’auteure glisse également des sujets plus sérieux comme la perte de certaines valeurs, la bêtise humaine ou la perversion du pouvoir. On peut également déceler un point de vue sur l’immuabilité du destin.

CONCLUSION

Le Dernier Chemin est un roman qui se lit d’une traite tant la fascination pour les personnages va grandissante. De plus, l’émotion générale qui règne dans l’histoire est assez rare pour être soulignée.

Le Dernier Chemin

d’Eva Li

couverture: Adrien Merzeau

Éditions Black-Out

17 euros