BastardsJe connais Ayerdhal depuis quelques années mais hormis quelques textes j’ai rarement eu le temps de me pencher sur son œuvre, à mon grand regret. Son dernier né aux éditions Au Diable Vauvert m’en a donné l’opportunité et Bastards m’a mis la plus grosse claque littéraire que j’ai prise depuis fort longtemps…

La couverture est simple, pas forcément, de base, dans mes goûts mais au final elle représente très bien ce roman. L’objet est lui aussi très réussi avec un mise en relief et un vernis du plus bel effet. Mais entrons vite dans le vif du sujet car il y a clairement beaucoup à dire ! Voici déjà la présentation de l’éditeur :

Depuis qu’il a été récompensé par le prix Pulitzer, Alexander Byrd est à court d’inspiration. En désespoir de cause, il envisage de s’inscrire au cours d’écriture créative de Colum McCann, qui attire son attention sur un curieux fait divers, une très vieille dame qui se serait débarrassée de trois agresseurs avec un outil de jardin et la seule aide d’un chat, Cat-Oldie.

Entre l’écrivain et la vieille dame naît une relation étrange.

Des femmes aussi félines que fatales, sensuelles, protectrices et violentes, font leur apparition dans sa vie, se révélant impliquées dans une étrange guerre dont les racines plongent profondément dans l’histoire…

La quête d’Alexander se transforme en une dangereuse investigation qui ravive une guerre entre services spéciaux impliquant cette mystérieuse matriarche, et le conduit à requérir l’assistance de ses amis Norman Spinrad et Jerome Charyn…

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre après avoir lu cette quatrième de couverture. Mais cet état dubitatif n’a pas duré puisque l’auteur nou emmène sur les chapeaux de roue dans son aventure. Tout part de cet auteur à succès en panne d’inspiration qui finit par trouver, avec l’aide d’amis, un fait divers intéressant qu’il va explorer plus avant, plongeant sa vie dans un tourbillon inexorable.

Ce roman est intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord scénaristiquement, Ayerdhal nous prouve une fois de plus la maîtrise totale qu’il parvient à avoir sur son histoire. Partant d’un thriller policier finalement assez classique bien que parfaitement mené il nous entraîne ensuite dans une aventure étonnante, emplie de références en tout genre. L’aventure très polar du début vient rapidement se mâtiner d’un mystère quasi-ésotérique plongeant ensuite dans le fantastique, pour mon plus grand plaisir. Le rythme imposé par l’auteur est trépidant et à aucun moment vous ne devriez vous ennuyer à la lecture de Bastards, et cela jusqu’à la dernière page, les secrets pleuvant sans cesse.

Son personnage d’Alexander Byrd est un exemple de protagoniste principal tant par ses traits de caractère bien dessinés que par la manière de penser véritablement humaine qu’il adopte face aux événements. Au fil des pages il devient de plus en plus attachant, tout comme pas mal de personnages secondaires dont certains donnent l’impression de ne faire qu’une apparition alors qu’Ayerdhal leur donnera un tout autre rôle, bien plus important par la suite.

Il m’est arrivé assez souvent de me replonger dans mes souvenirs des pages précédentes car des petits éléments s’avèrent finalement prendre leur importance de manière assez inattendue.

Le style d’Ayerdhal est toujours aussi fluide et il donne sans difficulté les impulsions nécessaires à son récit avec la précision d’un chirurgien. Les descriptions aussi bien que les dialogues sont hauts en couleur et les traits d’humour de Cat-oldie me laissent à penser que l’auteur s’est vraiment lâché tant certains sont vraiment bien trouvés.

Bastards est vraiment, pour moi, LA grosse claque littéraire que j’ai pris depuis le début de l’année : intense du début à la fin, écrit avec un talent rare et proposant une histoire passionnante, je ne vois aucune raison de ne pas défendre ce roman qui a su me prendre au débotté pour m’entraîner loin de moi-même, sur les traces de Cat-Oldie…

Bastards
Ayerdhal
Au Diable Vauvert
20 €