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Rollerball – Norman Jewison

Je l’avoue, j’ai toujours eu un faible pour les films de science-fiction des années soixante et soixante-dix. Le grain de l’image, les couleurs de l’époque par Technicolor. Ajoutez à cela les décors kitchs, les costumes, la trame sonore qui se veut nouvelle, mais qui flirte la plupart du temps avec la musique Funk de l’époque. Et bien sûr, les acteurs de série B qui se suivent et qui se ressemblent. Qui ne serait pas preneur ?

Il en existe plusieurs qui se distinguent en raison de leur originalité et conformément à la qualité de leur production. On a qu’à voir « Westworld », avec Yul Brynner, ou encore « Soylent Green », avec Charlton Heston. À mon avis, c’est aussi le cas de « Rollerball » (version 1975) de Norman Jewison. Le film de Jewison est une dystopie tirée d’une nouvelle de William Harrison. Pour écrire son histoire, ce dernier se serait tout simplement inspiré de la réaction de la foule lors d’une bagarre générale durant un match de basketball… L’histoire du film se passe dans un avenir assez rapproché, alors que le monde est gouverné par une corporative qui a pallié les problèmes majeurs de la race humaine. Mais à quel prix ? Possédons-nous toujours notre libre choix ? Le personnage principal (James Caan), vedette mondiale et ultime du rollerball, refusera éventuellement de jouer selon les règles imposées.

C’est sur la musique de Johann Sébastien Bach (Toccata et Fugue) que Jewison pose les premières bases de son film culte. On assiste, tandis que l’orgue chante, à la préparation du match de la soirée entre l’équipe de Houston et celle de Madrid. L’ambiance est à son paroxysme dès les premières minutes du film. Les gladiateurs du futur sont sur le point de s’affronter dans un match de rollerball des plus important pour la finale à venir. Le sport est violent, les athlètes sont sans pitié, et le rythme du jeu est relevé de belle façon. Comme Martin Scorsese le fait, cinq ans plus tard avec « Raging Bull », la caméra de Jewison est au centre du jeu et vous donne littéralement l’impression de participer au match. Sans oublier la voix d’un habile commentateur sportif, en arrière-plan, qui analyse la partie au fur et à mesure qu’elle avance. « L’adagio d’Albinoni » est également utilisé à plusieurs reprises pour nourrir la trame sonore de quelques scènes qui s’imprègneront longtemps dans votre esprit.

Ce sont les bonnes années de James Caan, de Maude Adams, et de John Houseman qui joue ici un magnifique vilain. « Rollerball », dans son genre, est une œuvre remarquable, voir incontournable pour les amateurs. C’est le récit d’une prise de position contre une autorité abusive. Vous vous souviendrez toute votre vie des trois dernières minutes… Elles sont redoutables !

Rollerball
Réalisé par : Norman Jewison
Scénario : William Harrison
Avec : James Caan, Maude Adams, John Houseman et John Beck
United Artists (MGM DVD)

À propos Eric Simard

Eric Simard est répartiteur pour une centrale d’urgence depuis quelques années. Grand amateur d’arts et de récits surnaturels, il décide, à l’aube de la quarantaine, de se mettre sérieusement à l’écriture. Il est grandement influencé par des écrivains tels Claude Seignolle, Lovecraft, Rice Burroughs et tant d’autres auteurs… C’est Ray Bradbury, toutefois, qui est à l’origine de son intérêt pour l’écriture. Il passe donc ces temps libres, depuis, entre l’écriture, la peinture, et le dessin. Il a dernièrement publié sa première nouvelle dans le fanzine Clair-obscur. Il est heureux de contribuer au journal Mythologica comme chroniqueur et espère ainsi vous faire partager ses passions.

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