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Morse – Tomas Alfredson


Oskar, un écolier persécuté par ses camarades de classe, fait la connaissance d’Eli, jeune voisine nouvellement installée dans son immeuble. Ne sortant que la nuit, et en T-shirt malgré le froid glacial, elle ne manque pas de l’intriguer. D’autant que son arrivée dans cette banlieue coïncide avec une série de meurtres inexplicables…

Poétique et brut à la fois, Morse, première adaptation du roman Laisse-moi entrer de John Ajvide Lindqvist, propose une histoire de vampire bien loin des clichés du genre.

Enfants rejetés et perdus, Oskar et Eli touchent bien vite notre compassion et notre sympathie.

Oskar, 11 ans, vit avec sa mère célibataire, dans une banlieue triste et froide. Harcelé constamment par ses camarades de classe, il peine à se défendre et la solitude lui pèse. Pour se défouler, il attaque tous les soir au couteau l’arbre qui se dresse dans la cour de son immeuble.

C’est ainsi qu’il rencontre Eli, adolescente étrange sur laquelle l’hiver nordique semble bien peu avoir prise. En apparence, Eli a 13 ans et vit avec celui qu’elle appelle son père, dans l’appartement voisin de celui d’Oskar. Mais le jeune garçon se rend rapidement compte du mystère qui entoure ces deux-là : cette fille qui lui offre son amitié dissimule une nature dérangeante, que seul le sang peut satisfaire.

La relation entre ces deux enfants à peine entrés dans l’adolescence se dessine avec beaucoup de sensibilité et de justesse.

L’ambiance glaciale et glauque de ce film apporte énormément à l’histoire. La banlieue où elle se déroule est désespérante : les immeubles sont laids et gris, le ciel plombé par les nuages et la neige, le brouillard et la nuit règnent en maître. Il en ressort une atmosphère d’autant plus étrange qui nous laisse petit à petit glisser vers le fantastique.

Pour autant, l’histoire est par certains côtés très réaliste. La plupart des vampires actuels sont présentés comme des héros au physique parfait, à l’âme torturée, désespérés par leur condition de prédateurs et de préférence « végétariens ». Ici, la nature monstrueuse de cette fille de la nuit ne nous est pas épargnée : les meurtres sont crus et brutaux, ce qui ne m’a pas empêchée de m’attacher à cette serial killeuse.

D’autant que cet aspect violent n’empêche pas ce film hypnotique de porter une véritable poésie. On y retrouve aussi cette ambiance propre aux histoires venues du nord, que j’apprécie particulièrement.

Morse revisite donc le mythe du vampire avec beaucoup d’originalité. Habituée des histoires du genre, j’ai souvent du mal à être surprise par les titres ou les films de ce style. Je me suis pourtant très facilement laissé emporter dans ce voyage étrange.

L’ensemble est également très fidèle au livre dont il est tiré, tout en laissant son empreinte, ce qui n’est pas toujours évident.

Morse ravira donc sans doute autant les amateurs de vampires que les autres cinéphiles !

Morse, 

réalisé par Tomas Alfredson,

avec Kåre Hedebrant, Lina Leandersson, Per Ragnar,… 

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