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Life : Origine inconnue – David Espinosa

Station Spatiale Internationale.

Un groupe de scientifique reçoit des échantillons provenant de Mars, contenant notamment un organisme multicellulaire. Leur mission est d’analyser les échantillons et de découvrir enfin si la vie sur Mars est possible.

Une belle brochette de héros.

Après de nombreuses manipulations, l’organisme, nommé Calvin, se réveille enfin. Et il n’est pas content.

Attention les amis, Life vous a été vendu comme du très très gros blockbuster, du Interstellar, du Gravity, mais avec du Alien dedans. Un mix magnifique d’espace et d’horreur, avec un gros casting. Ryan Reynolds et Jake Gylenhaall , entre autres. A grands coups de buzz sur la sortie du film et sur la promo délirante des deux potes, on pouvait s’attendre à du lourd.

Autant être clair : il n’en est rien.

Le film est, en soi, propre. L’image est propre, les CGI chiadés, l’alien est réussi. Ca POURRAIT être bien, mais on collectionne… les « mais »…

MAIS ça fait pas peur. MAIS ça ne prend pas. MAIS c’est pas foufou. MAIS l’alien est juste « bien », alors qu’il devrait être dément. MAIS on s’attendait à plus cool, plus trash, plus flippant, bref, mieux.

On a – allez on va être sympa –  deux, trois bonnes scènes.

La récupération mouvementée des échantillons, ça en met plein les yeux, on se dit que ça va bien bouger comme film… puis ça ramollit.

Quand l’alien commence à bouger, qu’on voit que le mec qui s’en occupe perd un peu les pédales tellement il est content, on vibre un peu, on se dit chouette, on va avoir du psychodrame en prime… mais non, ou si peu.

It’s alive ! It’s alive !

Quand Calvin écrase dans la joie et la bonne humeur la main dudit scientifique, ou qu’il dévore gaiement Ryan Reynolds de l’intérieur, dans des jolies bulles de sang en apesanteur, oui, là on n’est pas mal. On en veut plus, après cette première scène gore. L’enthousiasme ne va pas durer : ça sera la seule scène qui vous fera lever un sourcil. Ou les deux, vous faites comme vous voulez.

Quand Calvin attaque, chaque fois plus gros que 5 minutes auparavant, on se dit qu’il va lui avoir poussé des tentacules, des dards empoisonnés, des yeux, tout un attirail sadique de mixage et réduction en petits morceaux de sa victime. Mais non.
Il est à chaque fois un peu plus gros, et à chaque fois un peu moins flippant.

Bien dessiné, ce Calvin, certes. Mais rien de bien nouveau sous le soleil.
Notez, je plains les conept-artists. Passer après Giger, peu s’en sortent bien. On va donner un point à Starship Troopers, un à District 9, dix à Men in Black et même un à Avatar, malgré tout.
Mais on n’arrivera pas à féliciter le malheureux qui a donné à Calvin un tête de Xénomorphe sur un corps de poulpe-méduse, car sa créature ne restera pas dans les annales des monstres réussis. Il est juste cool, pas assez sale pour être écœurant, pas assez vicieux pour être inquiétant, pas assez furtif pour vous faire bondir de votre siège.

Fuyons ! Mais pas trop vite.

A chaque fois, on retombe dans la spirale de la déception.
On attend le bain de sang pendant tout le film, et il n’arrive pas. On s’ennuie ferme.

On finit par espérer des jumpscares bien placés, mais là non plus, rien à voir, passez votre chemin.
Le suspense ne tient pas.
La mise en scène manque de peu tous les éléments-clés d’un suspense réussi, et ne parvient à aucun moment à nous faire frissonner.

Les personnages sont insipides, du héros prêt-à-se-sacrifier-car-de-toute-façon-il-n-aime-pas-la-vie au scientos prêt à crever pour son alien chéri, du Japonais à l’imperturbable sens moral à la badass girl (mais avec des fêlures. Il faut toujours que le personnage féminin soit un peu fragile pour que l’homme puisse la sauver d’elle-même, voyez). On ne s’y attache pas une minute, j’ai connu des prods Asylum avec des personnages plus sympathiques. Et ce n’est pas peu dire.

La fin aurait dû être géniale, mais on s’y attend, c’est gros comme un hélicoptère Apache et je me permettrais d’ajouter que ça ressemble à la fin de TOUTES les nouvelles de Stephen King des années 70, et TOUS les épisodes de La Quatrième Dimension. Du coup, ça perd un peu de son charme, les mecs.

Loin d’un Gravity, chiant comme la pluie mais à l’image incroyable, loin d’un Alien jouant avec les clairs-obscurs et les contrechamps pour une angoisse parfaite, loin d’un Solaris et de son ambiance de plomb, Life ne décolle absolument pas.

Comme souvent, je me dis que si je découvrais le cinéma aujourd’hui, j’aurais adoré ce film. Je l’aurais adoré comme première approche des films de SF et/ou d’angoisse spatiale.
Oui, je suis bien en train de conclure que cet opus convient à des enfants de 13 ans pour leur donner envie de voir tellement mieux par la suite.
On en vient à se dire que si Ryan Reynolds et Jake Gylenhaall ont autant fait les cons en interview, c’est surtout qu’ils n’avaient rien à raconter sur le film.

Je suis bien triste d’arriver à une conclusion que je pourrais copier-coller au moins 10 fois par an depuis quelques années :
A force de craindre le fameux PEGI 13, les grosses prod US perdent décidément toute capacité d’analyse sur elles-mêmes, toute initiative, tout risque, et au final, toute âme.

Une vraie tristesse quand on connaît le budget du film et les compétences indiscutables de tout le casting.

Presque pire qu’un film qu’on déteste, donc : un film qui nous laisse parfaitement froids.
On ressort avec une petite pointe d’amertume pour les 10 euros et les 2 heures gâchées.
Quel dommage.

Première sortie : 22 mars 2017 (Indonésie)

Réalisateur : Daniel Espinosa

Société de production : Skydance Productions

Directeur musical : Jon Ekstrand

Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick

À propos Nab

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