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Entretien avec Sky et Shelby, du groupe One Last Shot

A l’occasion de la sortie du premier album de One Last Shot, et de leur concert de début juin à la Boule Noire, nous avons pris le temps de leur poser quelques questions, en toute décontraction comme autour d’un bon whisky dans un bar américain au boiseries usées…

eMaginarock : Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Pourrais-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer ce qu’est One Last Shot exactement comme groupe ?

Sky : Je suis le chanteur du groupe. One Last Shot est un groupe naviguant dans les mouvances Metal, Rock N Roll, Stoner voire Punk. Nous, on appelle ça du Dust Metal : un style rocailleux puisant ses influences dans le Southern Rock de Lynyrd Skynyrd, dans la hargne de Motörhead et dans l’amour du solo à la Guns N’Roses. Une sorte de gros Rock US joué par des mecs bercés au Thrash Metal des années 90, et qui sont persuadés de faire du rock (rires).

Shelby : Pas mieux !!! C’est aussi un groupe de potes qui adore jouer de la musique ensemble !

eMaginarock : Comment en êtes-vous venu à la musique, et plus particulièrement au rock ?

Sky : hum, je dirais que ça a commencé comme beaucoup de gars de mon époque, en étant ado avec une gratte et un ampli pourri, à faire du bruit dans sa chambre en étant persuadé d’être le nouveau Kurt Cobain (rires).
Puis début des années 2000 on a décidé de démarrer un groupe Shelby, dans lequel j’ai pris la basse, puis la gratte/chant. Et on ne s’est jamais arrêté depuis !

Shelby : Moi c’est venu très tôt grâce à mes parents. Je me souviens qu’au collège mes potes écoutaient Ace Of Base ou Coolio et moi je leurs parlais de Dire Straits ou de Queen alors forcément c’était compliqué !

eMaginarock : Even Cowboys Have Sundays est le tout dernier du groupe. Comment s’est passé sa réalisation ? Qui a écrit la musique et qui s’est penché sur les paroles ?

Sky : L’écriture de l’album a été plus longue que prévue, car on a voulu prendre le temps de bien digérer les compos, de faire un style cohérent et en continuité de notre EP. On s’était fixé 1 an à peu près, et je dirais qu’on a dû mettre 1 an et demi au final.

Shelby : Faut dire qu’en plus on compose tous ensemble, donc ça n’aide pas à aller vite !

Sky : En fait pour le process de composition habituel, je dirais que c’est Shelby qui arrive avec des idées de riff, voire une chanson complète. Puis on fait le tri tous ensemble en virant ou modifiant ce qui ne plait pas à tout le monde, on débat sur la structure, sur le groove, etc… En parallèle, dans le meilleur des cas, j’écris la plupart des paroles, puis je fais une proposition de mélodie de chant. Et je modifie si ça ne plaît pas aux gars.

eMaginarock : L’artwork de cet album est finalement assez classique et très porté US. Était-ce une volonté d’ancrer le rock de One Last Shot dans une mouvance rock américain, y compris en termes graphiques ?

Sky : Le choix de l’artwork a été difficile, car nous avons tous des univers et goûts bien différents ! Donc après de nombreux débats, on a fini par décider de prendre un artwork effectivement assez classique, qui illustrait bien notre univers musical. Et vu qu’on aime bien jouer avec les codes du western et des gangs de bikers, forcément y un côté « américain ».
Et disons que ce qu’on fait, j’ai plus l’impression de le retrouver dans la scène power rock US (Godsmack ou autres) que sur la scène metal française.

Shelby : Personnellement, le rock anglais des 70/80’s ou le metal US sont les styles qui me parlent le plus. N’étant pas fan de la scène metal scandinave ou germanique du coup l’imagerie rock de gros ricain me va bien !

eMaginarock : Un premier clip lié à cet album est sorti récemment. Comment s’est passé le tournage ? Ce n’est pas trop stressant de passer de la scène à la caméra ?

Sky : Ah ça n’a pas du tout été stressant ! En fait on voulait profiter d’être en studio pour tourner quelques vidéos. Et on s’est dit qu’il faudrait qu’on filme un titre pour montrer l’ambiance studio, un peu comme l’avait fait Metallica dans Nothing Else Matters. Donc on a appelé quelques potes et on a tourné ça rapidement après une journée d’enregistrement !

Shelby : C’est un clip authentique ! le dernier jour d’enregistrement après s’être bouffé encore 6 ou 7h de grattes, on a tourné ça direct dans le studio, encore dans le jus !

eMaginarock : Comment se passe la promo de l’album ? Les premiers retours sont bons ?

Sky : Ca se passe tranquillement, il faut dire que c’est une grosse période pour la presse avec beaucoup de sorties, et des festivals qui approchent. Donc peu de chroniques pour le moment, mais celles qui sont sorties sont toutes excellentes ! Je ne te cache pas que, forcément, ça fait plaisir !

eMaginarock : Peux-tu, en cinq mots, donner envie à nos lecteurs de se pencher sur ta musique ?

Sky : Everybody loves it until now.

Shelby : L’écouter, c’est l’adorer!

eMaginarock : Quel est ton pire souvenir sur scène, en tant que musicien ?

Sky : J’ai pas vraiment de souvenir horrible, plutôt plein de petites galères ou anecdotes. Mais tiens, par exemple un qui me semble pas mal, avec notre précédent groupe : on jouait à côté de Bordeaux, invités par une asso de kids dans une salle des fêtes. Notre batteur nous lâche quelques jours avant pour je ne sais plus quelle raison. On ne se dégonfle pas, et plein d’enthousiasme et de naïveté, on décide d’y aller quand même, en mettant les pistes batteries (de nos maquettes) sur CD, la veille du départ. Une fois sur scène, on s’est retrouvé avec des moments de blanc ou de sauts de passage, à cause d’un mauvais gravage de CD ou du lecteur pourri de la salle. Heureusement, il n’y avait que 3 personnes dans le public (rires)

Shelby : Ahah mon pire c’est d’avoir joué au  Hellfest en 2006 avec un autre groupe et que ma gratte a eu des putains de faux contacts et qu’en plus on était filmés pour le dvd du Hellfest… On me voit galérer et on entend des coupures dans le son de gratte, c’est horrible !

eMaginarock : Quels sont les prochains concerts du groupe ?

Sky : On vient juste de se faire la Boule Noire à Paris, qui fut un putain de kiff. L’été sera calme, et sûrement un concert vers Reims à la rentrée. On attendait la sortie de l’album, et les chroniques qui vont avec, pour démarcher les salles.

eMaginarock : Mêler ses activités professionnelles et personnelles tout en étant musicien est généralement compliqué. Comment fais-tu pour gérer ces aspects de ta vie ?

Sky : Je te confirme que c’est compliqué ! En fait c’est surtout que ça prend beaucoup de temps dès que tu essayes de faire ça bien, et donc d’être un groupe qui fait plus que jouer dans son garage et à la fête de la musique. Et sans compter qu’en plus de la musique, il faut gérer les aspects annexe (management, recherche de dates, promo, etc…).
Donc on gère ça avec du temps et de l’organisation.

Shelby : c’est beaucoup d’investissement !! Sky gère la majorité du truc mais après en dehors des 2 répètes semaines y a plein de choses à gérer dans l’administratif puis la partie communication sur les réseaux sociaux du groupe (Facebook,Twitter, Youtube, Instragram) et évidemment composer la musique ! C’est presque un taff à plein temps !

eMaginarock : Que répondrais-tu aux gens qui disent qu’à l’heure actuelle il y un trop grand nombre de groupes sur les scènes rock et métal, et comment vois-tu le marché musical actuel ?

Sky : Qu’ils n’ont pas complètement tort, mais en même temps ça serait con de mettre des quotas. C’est beaucoup plus facile qu’avant de sortir un disque (ou quelques titres) et de faire un clip. D’autant que l’exigence de qualité vidéo du public a diminué, maintenant qu’on s’est habitué à regarder des vidéos prises à l’arrache avec un smartphone.
Donc forcément t’as beaucoup plus de groupes accessibles : prends-toi un compte sur bandcamp, deezer ou youtube, et t’en découvres un par heure ! Et la quantité n’empêche pas la qualité, c’est juste qu’on a beaucoup plus d’offre qu’il y a 20 ans. Et la capacité d’écoute, d’attention ou de fan attitude n’ayant pas changé, on se retrouve avec un public habitué au « zapping » : tu kiffes un groupe, puis tu l’oublies 6 mois après car t’as écouté 25 nouveaux groupes depuis. C’est pour moi ce qu’on retrouve dans les gros fest : les têtes d’affiches fédératrices ne sont que des vieux groupes (ou années 2000 pour les plus jeunes), datant d’une époque où les gens les suivaient sur le long terme, car il y avait moins de groupes à aimer.

Ça me semble plus difficile dans le marché actuel d’avoir une visibilité importante dans la longueur. Mais par contre, Internet et les nouveaux modes de consommation de la musique permettent à des plus petits groupes comme nous d’atteindre potentiellement un public inaccessible auparavant, avec une visibilité possiblement mondiale.

Shelby : Effectivement je ne dirais pas qu’il y a un trop grand nombre, mais juste plus de groupes qu’avant ! et qu’effectivement la musique s’est démocratisée. Aujourd’hui de plus en plus de mecs ont des groupes, c’est cool ! C’était surement le cas dans les pays anglo saxons, j’ai l’impression que c’était moins le cas en France et si ça provoque un changement alors tant mieux !

eMaginarock : Merci pour tes réponses et à très bientôt au détour d’un concert !

Sky : merci pour l’interview !

Shelby : merci !

About Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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