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Batman, la série animée – Bruce Timm

La ville de Gotham City est la proie de criminels sans foi ni loi. Les forces de l’ordre sont dépassées. Dans ce contexte, le Batman sort des ténèbres pour faire régner sa loi.

Bon anniversaire, Batman! Heu non… Pas le personnage. La série animée sortie en 1992; la première série animée de chez Warner Bros qui a ensuite lancé toute leur collection DC Animation.

Batman, la série animée représente d’abord des souvenirs. J’étais jeune dans les années 90 et je me levais tous les dimanches matin pour regarder France 3 depuis que TF1 avait laissé tomber certains dessins animés du Disney Parade. J’y découvre un matin Le Duel, épisode multi-diffusé de la série où Batman affronte une chauve-souris géante, Man-Bat. C’est le début d’une histoire longue faite de bas et de hauts, souvent peuplés de monstres touchant comme Clayface/Gueule d’argile ou Le Roi du Temps. Sans doute pas les plus connus du panthéon des méchants de DC, mais dont je chéris le souvenir.

La découverte du Batman de Tim Burton va renforcer ce sentiment d’attachement que j’ai vais vouer au super-héros, mais également à la série. A coups de plans tordus du Joker, elle a su gagner mon admiration.

Justement, les souvenirs s’attachent à des super-méchants en particulier. Leurs genèses, leurs fautes, leurs dilemmes sont dépeints simplement. Les épisodes les mettent volontiers en avant, justifiant à plein la règle qu’un scénario réussi vient d’abord d’un méchant réussi. Batman, la série animée réunie une brochette de scénaristes chevronnés autour de Paul Dini et Bruce Timm. Ils ont tous la culture du Comics ou de l’animation. Les scripts sont ainsi supervisés par Michael Reaves, auteur américain (que les fans de l’univers étendu Star Wars connaissent bien) qui a travaillé sur les Maîtres de l’Univers ou Transformers.

Bien entendu, l’architecte de la série est clairement Bruce Timm. Créateur du character design particulier de Batman, la série, il est également producteur, réalisateur et à l’occasion scénariste (sur Amour on Ice notamment, le touchant épisode introductif de Mr Freeze). Quand débute la série, en 1992, il n’imagine sans doute pas s’embarquer dans une série de créations qui vont l’occuper jusqu’en 2006 (et la fin de la Ligue des Justiciers).

Quand on redécouvre vingt-cinq ans après les histoires, on reste stupéfait, malgré notre regard d’adulte, devant la maturité des thématiques abordées : la mort, l’amour perdu, les vies brisées, les destins contrariés peuplent chaque épisode. Ce refus d’infantiliser les intrigues efface le côté mécanique de l’exercice de courts récits dans un schéma attendu.

L’autre surprise, c’est la qualité des dessins et de l’animation malgré cet âge vénérable. Le choix d’exploiter l’univers gothique des films originaux de Tim Burton, allié au design film noir, donne une esthétique hors du temps à la série. La technologie, décalée dans cet univers, est traitée à l’avenant. Cet ensemble confère à Batman, la série animée une identité visuelle très forte.

L’animation reste fluide et ne date pas trop la série, qui a ainsi une patine que peu de séries animées peuvent prétendre avoir.

La série a connu trois périodes, qui marquent trois ruptures : d’abord la version originale avec Batman seul ; ensuite les aventures de Batman et Robin avec Robin en acolyte ; enfin Les nouvelles aventures de Batman avec une vraie #teamBatman : Batgirl, Nightwing et le deuxième Robin.

L’ensemble compte 109 épisodes et trois films, une somme colossale. Dans chaque version, comme autant de saisons, des épisodes extrêmement marquants ont peuplé un imaginaire déjà dense. En voici quelques exemples

Double jeu est le double épisode introductif au personnage d’Harvey Dent/Double-Face. C’est aussi la preuve que la série est une incroyable porte d’entrée à l’univers Batman, sa mythologie et sa complexité. Dent y est décrit comme un procureur juste qui, par accident, va basculer dans la folie criminelle. Cette tragédie aura deux symboles qui caractérisent à merveille le personnage : la moitié de son visage mutilé, et cette pièce, symbole du hasard qui doit décider du sort des gens. Seul l’amour l’empêche de commettre les pires atrocités, alors qu’il voue une haine féroce au parrain de la pègre Rupert Thorne. Une merveille, taillée à la serpe sur quarante minutes.

Destinée est centré sur Matt Hagen/Gueule d’Argile et répond au double épisode Bas les masques qui introduit le super-méchant. Il s’intéresse moins aux effets dévastateurs des pouvoirs qu’à leurs conséquences, notamment psychologique. Robin y vient aux secours d’une petite fille qui est poursuivie par Hagen. Mais l’histoire, très tendue, prend un tour grave quand on découvre que l’enfant n’est qu’une émanation de Gueule d’Argile qu’il cherche à récupérer. Au jeu du grand méchant loup, le méchant s’oppose à Batman qui l’arrête finalement. Mais l’enfant est perdue et Robin, lui, ne peut plus rien y faire.

– L’épisode Il n’est jamais trop tard parle cette fois de gens ordinaires, des retrouvailles d’un bandit et d’un prêtre dans une affaire criminelle. Il joue la carte du film noir comme d’autres ensuite et permet de donner une dimension polar. On y parle de mafieux, de rédemption, de traumatismes anciens face auxquels Batman semble impuissant, spectateur. Ces épisodes sont idéals afin d’introduire au jeune public ces codes bien ancrées, tout en plaçant la série dans cette approche rétro, évoquée précédemment, qui sert admirablement la patine particulière de son visuel.

– Enfin, Règlement de compte est une histoire choc où Batgirl est tuée par l’Epouvantail. Ivre de douleur, le commissaire Gordon, son père, se décide à accomplir la quête qu’il a trop longtemps repoussé : arrêter Bruce Wayne dont il connaît l’identité secrète et stopper la carrière du chevalier noir qu’il juge responsable du décès de sa fille. Encore une fois, le sérieux du sujet n’est pas édulcoré et pose les bonnes questions sur le rôle de Batman et son côté vigilante. En une vingtaine de minutes, l’épisode se tient parfaitement.

Dans le prolongement, des films ont également été produits : il y en a 3. Le plus marquant est sans conteste Batman contre le Fantôme Masqué, car il aborde la solitude de Bruce dans sa quête, le place face à ses démons. Seule l’apparition du Joker semble forcée dans l’intrigue.

La série trouvera un prolongement intéressant dans les autres nombreuses productions dirigées par Bruce Timm, notamment dans la Ligue des Juticiers et Batman, la relève. On peut voir une première forme de conclusion dans  film Le Retour du Joker, qui dépend de la dernière citée, et propose une fin épique et sombre au duel entre le chevalier noir et son ennemi de toujours : le clown prince du crime.

Un dernier mot pour évoquer la musique de Batman, la série animée. Elle est composée par Shirley Walker, orchestratrice pour Danny Elfman sur la bande originale du film de Tim Burton. Elle s’entoure d’une dizaine de collaborateurs pour écrire la totalité des musiques très nombreuses qui accompagne la série à l’écran. Elle fournit des thèmes d’une grande richesse, de la marche ridicule et sautillante du Joker aux cuivres pimpants des maîtres de l’Olympe en passant par la mélodie du coffret à bijoux attachée à l’amour perdu de Mr Freeze. Ses mélodies soulignent régulièrement les passions et drames qui embrasent les personnages, dans un ensemble très marquant qui épouse à merveille les images.

Conclusion

Batman, la série animée est une somme : c’est la réunion d’une équipe de talents autour d’un univers exploité jusque dans ses moindres recoins. Elle fête en 2017 ses vingt-cinq ans, mais reste une porte d’entrée admirable pour qui souhaite découvrir de manière ludique et réussie Batman, son univers et sa mythologie.

PS : Un site reste indispensable pour qui s’intéresse à Batman, la série et tout ce qui tourne autour de l’œuvre de Bruce Timm : La Tour des Héros.

Batman, la série animée

Conçue par Bruce Timm

Diffusée sur France Télévisions et Cartoon Network

Disponible en DVD et bientôt en bluray

Rendez-vous demain pour La Ligue des Justiciers la série animée, toujours chez Warner Bros! 

A propos de Kevin

Passionné d'imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d'une chronique ou d'un article. Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Ecologies Etrangères), Malpertuis (Malpertuis VI) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy débarque en Mars 2018.

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