3 questions à Tristan Ranchon, auteur de Antemortem

Trahison est le premier tome de la série de dark fantasy Antemortem, écrite et publiée par Tristan Ranchon. J’ai profité de ma chronique pour lui proposer de répondre à quelques questions pour que vous en découvriez plus sur cet univers :

D’où t’es venue la première étincelle de Antemortem ? Et pourquoi un univers d’inspiration gréco-romaine ? Et comment as-tu conçu l’empire de Ruinaï

Antemortem est né à la suite d’un décès marquant dans ma fratrie. Je lisais Marc Aurèle à l’époque et, très vite, j’ai commencé à imaginer une société qui refuserait le deuil et la mort, jusqu’à parvenir à devenir insensible au vieillissement. On retrouve des thèmes stoïciens dans le livre, notamment à travers certaines citations.

L’Empire Ruinaï remonte à mes premiers textes, lorsque j’avais 8 ans. Je jouais alors énormément à The Rise and Fall of ancients empires sur PC, une sorte de Civilization centré sur l’Antiquité. J’ai développé à cette époque une passion pour la Grèce antique et la Macédoine. J’ai également commencé à lire mes premiers ouvrages sur la mythologie grecque, une passion qui ne m’a jamais quitté par la suite.

J’ai écrit ma première « fan fiction » à partir de l’une de mes parties de ce jeu, à l’âge de 8 ans, mettant en scène un empire fictif que j’avais baptisé Ruinaï, guidée par le poète grec Homer (comme dans le jeu cité plus haut). Par la suite, j’ai décliné cet empire gréco-romain dans de nombreux univers, jusqu’à la science-fiction, avec une civilisation spatiale inspirée de la Grèce et de Rome, utilisant des hoplites en exoarmure. Un de ces projets qui dorment encore dans un placard, mais peut-être qu’un jour…

Comme le livre devait explorer à la fois la peur de la mort et une vision stoïcienne du monde, l’Empire Ruinaï incarnant au contraire l’exact opposé de cette philosophie, j’ai décidé de réutiliser cet empire qui m’accompagne depuis tant d’années, au fil de mes campagnes de jeu de rôle, de mes nouvelles et de mes différents projets d’écriture.

Comment est né le personnage de Gald ? Quelles sont les caractéristiques qu’il possède et toi aussi ? 

Je dirais que je partage plus avec d’autres personnages qu’avec Gald. Adelrik a été mon pseudo pendant longtemps, et Garus est une espèce de projection de comment je m’imagine plus vieux. Gald a été conçu comme une page blanche, comme le personnage d’un rpg pc que les lecteurs incarnent. Petit spoiler, c’est la raison pour laquelle il n’y AUCUNE description physique de lui dans le roman.

Fait amusant, Gald et Garus ont été les héros de près d’une dizaine de tentatives de livres avortés, mais toujours avec certaines similitudes.

Comment t’y es-tu pris pour l’écriture de ce roman ? Tu avais un plan précis ou tu t’es laissé aller ? Et tu as déjà commencé à écrire la suite ?

Je fonctionne toujours en trois temps :

  1. Une première phase de réflexion plutôt longue, parfois des mois, où je cherche l’intrigue, les thèmes et le message. J’essaye de visualiser la fin et j’imagine la scène précisément. Pour Antemortem, la scène de fin dernier tome qui sera le tome 4 est déjà fixé et même écrite.
  2. Je fais ensuite un premier jet sans plan précis. Simplement pour prendre connaissance avec mes personnages, pour apprendre à les connaître. C’est un jet douteux, mais je laisse aller. J’écris simplement comme ça vient. Si certaines idées sont incroyables, la plupart sont médiocres, mais je vais jusqu’au bout. Le filtre viendra après.
  3. Et enfin, j’attaque l’écriture de la version finale. A partir de cette boue un peu hasardeuse, je prévois un plan précis avec les différents chapitres et leurs défis, ainsi que les relations entre les personnages. La difficulté pour Antemortem était de fixer dès le début les trois intrigues avec des temporalités différentes, pour rester cohérent au gré des tomes suivants.

À ce stade, le travail n’est pas fini, loin de là. Pour Antemortem, j’ai fait près de 4 réécritures et une dernière passe où je me suis concentré uniquement sur la poésie et le rythme des phrases.

Question subsidiaire : En tant qu’auto-édité tu combats l’invisibilisation de ton travail. Comment y parviens-tu et quel serait le conseil que tu donnerais à quelqu’un voulant se lancer dans l’édition de son roman de fantasy ?

Le marché est bouché.
C’est dit, il faut l’accepter. Une fois accepté, il faut se concentrer sur le principal : écrire, lire, écrire. Le travail peut finir par payer avec de la chance.
Ensuite, il faut se former encore et encore sur le marketing, mais ça ne peut venir qu’en complément de l’écriture.
Et enfin : tenez vous loin de l’IA. Investissez sur le développement de vos compétences, et peaufinez le plus possible votre cover. C’est votre vitrine.

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