Le retour grandiose de l’auteur de Metro 2033 au post-apo !
À la suite d’une guerre civile destructrice, des régions entières sont contaminées et les rivières empoisonnées. Egor vit enfermé dans un avant-poste qui marque la frontière de l’État de Moscovie. Son beau-père, commandant du poste, lui rend la vie difficile, et la belle Michelle ne s’intéresse pas à lui. Egor rêve du monde au-delà du pont ferroviaire, de l’autre côté du fleuve. Personne n’a traversé ce pont depuis des décennies. Jusqu’à aujourd’hui… Qui est cet homme en provenance de l’autre rive. Que se passe-t-il de l’autre côté du pont ?
Le retour au post-apo
Dmitry Glukhovsky est donc, enfin, de retour sur du post-apocalyptique russe. Plus de vingt ans après Metro 2033 il revient aux sources avec cet avant-poste perdu dans une Russie éclatée par la guerre civile, polluée à l’excès et devenue autarcique. Une vision du futur terrifiante et pourtant terriblement réaliste…
Un héros jeune mais pas si insouciant
Cette fois-ci nous suivons le jeune Egor, âgé de dix-sept ans, mais que la vie a fait mûrir prématurément. Nous suivons chacun de ses pas, y compris au-delà du pont, mais également dans les évènements qui vont s’ensuivre. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il va être résilient…
Le reste de la galerie de personnages est tout aussi réussie avec des habitants désabusés, affamés, en perte de repères dans un monde qui ne semble plus vouloir d’eux et où la religion semble être le seul recours. La manière dont l’auteur parvient à décrire ces protagonistes est proprement impressionnant, avec un côté éclectique qui fonctionne parfaitement.
Un monde dévasté
Le monde dans lequel vit Egor est horrible : vapeurs toxiques, pluies acides, fleuve dans un état déplorable. Tout est mis en place pour que le lecteru sente bien le côté apocalyptique de l’univers décrit, mais surtout sente que cela pourrait arriver pour de vrai. Et c’est cette véracité devant ce bout de monde dévasté qui est le plus terrifiant. Et la façon dont l’auteur conclue ce premier tome, avec une véritable plongée dans l’horreur, aussi bien du passé que dans le présent est vraiment impressionnante.
Une critique de la société
La façon dont Moscou a voulu s’accrocher à son pouvoir au point d’être prête à détruire son propre pays et sa propre population est assez réaliste et démontre la façon dont l’auteur voit la Russie actuelle et son centre du pouvoir. Entre dictature et pouvoir militaire omniprésent, celui qui a été condamné par contumace dans son pays et ne peut y revenir nous dresse un portrait à la fois triste et plein d’espoir futur de sa Russie…
L’Avant-poste est un excellent roman mêlant à la fois post-apo, horreur et critique de la société russe dans un ensemble des plus réussis. De page en page nous plongeons avec Egor dans son quotidien, avant que l’horreur ne vienne s’emparer du petit avant-poste quelconque qu’il habite. Une pièce maîtresse qui vient prendre la première place de mon top de cette année 2026.
