Le retour du Démon de K.J. Parker : truculent et littéraire !
« Puisqu’il vaut toujours mieux être en terrain connu, souffrez que je me présente : je suis le Diable. A tout le moins, je suis son mandataire, un représentant dûment accrédité, je fais partie de son organisation et de lui-même dans un sens intimement essentiel, étant la chair de sa chair immatérielle, l’esprit de son esprit profondément antisocial. J’accomplis pour lui (en fait, à proprement parler, pour eux : il est toute une entreprise, pareil à un essaim de mouches – voir « Mon nom est Légion : car nous sommes nombreux ») des petits boulots : une tentation de temps en temps, un peu de travail d’ordre général sur le terrain, mais surtout des possessions démoniaques – ma spécialité ». Depuis un millénaire et l’idée brillante du richissime et pervers duc Sighvat Ill, un choeur de moines peut prier pour votre âme, implorant, grâce à un chant ininterrompu, la paix divine et le pardon pour vos péchés. Contre une donation… généreuse de votre vivant. Les moines de la Troisième Corne sont si pieux que le Très Haut ne peut rien leur refuser, c’est bien connu. C’est dans ce monastère, aux dévots investis d’une si haute mission, que notre infernal narrateur exerce…
Le retour du Démon
Le lecteur redécouvre le Démon, dont l’on a pu lire les premières aventures dans Le Démon de Maître Prosper. Retour dans cette ambiance de Renaissance fantasy assez inattendue où le lecteur va suivre les pérégrinations tant réelles que mentales d’un démon des plus atypique. Et c’est toujours un plaisir de plonger à ses côtés dans les tréfonds de l’âme humaine et de ses missions.
Une nouvelle aventure étonnante
Et justement le lecteur va de nouveau être surpris devant la teneur de ce que le démon va avoir à faire. Depuis le monastère où il occupe les corps des moines il va devoir affronter un exorciste, un danger des plus grands pour lui. Même si présenté ici cela ne semble pas payer de mine, je ne peux pas trop vous spoiler et cela rend la chronique de ce court roman assez difficile. Personnellement j’ai adoré cette histoire complètement loufoque et pourtant totalement crédible.
Un style toujours atypique
De nouveau l’élément le plus étrange mais également le plus immersif est la narration et le style proposé par l’auteur. La gouaille du démon notamment vient ajouter un sel non négligeable au récit, mais également le rendre totalement atypique. L’auteur accentue également le côté littéraire passionnant de son histoire, l’adaptant totalement à l’époque imaginaire qu’il décrit. Michel Pagel a fait un superbe travail de traduction sur ce roman, rendant parfaitement le style atypique de cette histoire.
De nouveau j’ai été séduit par l’imaginaire atypique de K.J. Parker. Le Démon intérieur est une superbe novella, atypique, immersive et séduisante. En quelques 120 pages une histoire complète nous est racontée qui nous donne envie d’y revenir encore et encore. Vivement les prochaines aventures du Démon, en espérant que L’Atalante ne traîne pas trop à la sortir quand l’auteur se sera décidé à l’écrire !
