Un second tome qui tient ses promesses et plus encore …
Après avoir fui la Révolution et s’être installés sur les falaises escarpées du Nouveau-Pythos, les seigneurs dragons n’ont qu’une idée en tête : punir les usurpateurs et reconquérir leur Cité, en s’en prenant cette fois directement aux dragonniers.
À Callipolis, Annie, désormais Première Dragonnière, a pour mission de mener la guerre contre le Nouveau-Pythos, mais aussi de faire appliquer le programme de rationnement établi pour surmonter la famine. Hélas, cette mesure provoque des troubles sur l’île et risque de faire d’elle l’ennemie du peuple.
Après avoir tué un membre de sa propre famille pour prouver sa loyauté au dirigeant qui l’a pourtant trahi, Lee a bien du mal à trouver sa place. Doit-il soutenir Annie et les autres Gardiens… ou rejoindre un groupe de dissidents bien décidés à renverser le nouveau régime ?
Griff, dragonnier au service du Nouveau-Pythos, sait qu’il n’a aucun avenir. Et maintenant que Julia, l’ancienne Première Dragonnière, n’est plus là pour le protéger, les seigneurs qui oppriment son peuple exigent de lui tous les sacrifices…
Entre la famine qui déchire Callipolis et les Pythéens déterminés à reprendre ce qu’ils ont perdu, Annie, Lee et Griff devront choisir pour quelle cause – et pour qui – ils veulent se battre.
Second tome de la trilogie du Cycle Aurélien, Flamefall nous entraîne dans de nouvelles machinations politique, de nouveaux idéaux au travers de ces jeunes personnages qui tentent de sauver leur pays.
Comme pour le premier tome, dès les premières pages l’autrice, Rosaria Munda, nous expose un nouveau décor politique : celui de l’ennemi extérieur : Le Nouveau Pythos.
Légèrement moins complexe que celui de Callipolis car celui-ci ne s’embête pas avec les idéaux de justice.
Lorsque nous retrouvons Callipolis, le pays est de plus en plus mal en point, la lutte qui fait rage devient de plus en plus violente, à tel point qu’elle semble par moment occulter le danger qui émerge au- delà des frontières. Le peuple a faim, les beaux idéaux d’une république fondée sur l’épreuve des métaux s’effondre lorsqu’il se gangrène d’injustice.
Et c’est au milieu de tout ça que nous retrouvons Annie et Lee, traumatisés et de moins en moins sûrs d’eux.
Petit à petit leurs aspirations changent, sans par magie se transformer en héros (bien au contraire), ils ouvrent les yeux sur le monde, ce qu’il y a sauver, ce qui vaut la peine d’être protégé et ce contre quoi, ou qui, il faut se battre.
La puissance de la plume de Rosaria Munda se ressent particuliérement dans sa façon de nous exposer ces personnages, de nous faire entrer dans leur tête et de nous faire ressentir leur doutes, leurs convictions, leur peurs et leur émotions. Annie et Lee s’entrechoquent de plus en plus dans ce tome, devenant lentement incapable de se comprendre l’un et l’autre.
Annie, résiliente, se retrouve dans la peau de ses bourreaux d’en temps et se démène tout en cherchant son équilibre pour ne pas devenir le monstre qu’elle voyait en eux, pour assurer la justice et surtout faire ce travail de première dragonnière qui lui a été confié. Pour elle, l’épreuve des métaux conserve un peu de sa beauté, car c’est ce qui lui a permis de trouver sa place, une bonne place dans la société. Mais ce n’est pas parce qu’un système vous profite qu’il est bon, alors que faire face à ça?
Lee, perd doucement de son paradoxe. Il se rend compte que le systéme qui a détruis sa famille clamant le faire pour la justice, pour le bien de tous, ne vaut pas beaucoup mieux que celui qu’il a détruit, mais les révolutions valent-t-elles vraiment mieux que les systéme qu’elles visent à détruire? Ou ne deviennent-t-elles simplement que le bras de la vengeance? Notre héritier déchus, dont l’identité n’est plus un secret, remet en question son existence, ses choix et sa place dans ce monde.
Dans ma chronique précédente, je parlais de la matière brute que sculptait l’autrice avec la relation entre nos deux protagonistes, il va s’en dire qu’ici, tout vole en éclat. C’est magistral. L’entente, la compréhension et le respect qu’ils avaient l’un pour l’autre explosent, changent et pourtant gardent ce sentiment d’évidence.
Toujours bien loin des sentiers battus de la romance convenue, Flamefall nous pose la question : L’Amour triomphe-t-il vraiment de tout? N’y-a-t-il vraiment aucune limite?
Dans Flamefall, nos personnages secondaires ne sont toujours pas en reste.
Dès le début de cette trilogie nous savions que ces personnages ne sont pas de simple faire valoir. Leur choix ont une logique qui leur est propre, offrant une multitude à emprunter et entrevoir pour le lecteur. Les figures politiques, les figures militaires et les figures du peuple se mélangent encore plus, épaississant le brouillard de l’intrigue, qui pourtant reste claire aux yeux du lecteur.
A l’instar de son prédécesseur Flamefall brille dans son l’alternance entre scènes d’action et moments d’introspection.
La précision cinématographique des scènes de batailles, de vol à dos de dragons transporte une fois de plus le lecteur dans un autre monde.
Rosaria Munda, prouve qu’elle maîtrise l’art du dialogue avec finesse et précision et nous retrouvons ici avec un certain plaisir ce jeu d’équilibre entre adrénaline et tension psychologique.
Tout au long de ma lecture j’ai retenue ma respiration, je pensais que la vie serait légèrement plus facile pour Annie et Lee maintenant que les secrets avait été dévoilé, qu’un ennemie plus grand et plus violent était apparu… J’ai rarement été aussi heureuse de voir que je m’étais trompé. Flamefall est plein de surprise, emplit d’une justesse incroyable qui permet de bien voir tout ce qui passe par la tête de nos personnages. Bien sûr, il y a quelques twists que l’on voit venir, d’ailleurs concentré comme nous le sommes sur ceux qu’on voit venir, on se retrouve nez à nez avec certains que l’on avait justement pas anticipé.
Flamefall tient ses promesses, tout aussi ambitieux que Fireborne, il est parfaitement maîtrisé et annonce un troisième tome explosif.
