Kernok le pirate – Eugène Sue, adapté par Frédéric Brrémaud et illustré par Alessandro Coberttini

Je ne peux que recommander cette superbe adaptation du court roman d’Eugène Sue, initialement paru en 1830.

Un bon pirate est un pirate mort.

C’est sur les côtes bretonnes, là où les vagues se brisent avec violence contre les rochers, que Kernok le pirate est venu consulter la sorcière de Pampoul. Le vieux loup de mer, habitué aux pillages sanglants, veut connaître son avenir. La vieille femme va lui prédire, le pire… sa dernière heure serait venue, il ne lui resterait que 13 jours à vivre ! Refusant de se laisser berner par de telles paroles, le capitaine s’empresse de reprendre la mer. À bord de l’Épervier, il retrouve son second, maitre Zéli, le mousse Grain-de-Sel et sa maîtresse, la douce Mélie. Bientôt à l’horizon, apparaît le San Pablo, aux cales bien remplies. Après un véritable carnage, Kernok s’empare du navire et de son inestimable butin ! L’équipage festoie toute la nuit après avoir massacré les derniers prisonniers. Alors que Kernok savoure sa victoire les voiles d’un vaisseau anglais s’approchent dangereusement au petit jour… La sorcière aurait-elle vu juste ?

Un décor inspiré par la mer et les légendes bretonnes

Inspiré par les navires, les côtes maritimes et les légendes bretonnes, ce roman graphique semblait fait pour me plaire. Les sonorités celtes résonnent tout au long de l’histoire. N’ayant pas lu le roman original, je ne saurais en juger l’adaptation ; le récit fait cependant parfaitement honneur aux récits d’aventures et de pirates. Dans ce décor très sombre (au propre comme au figuré), où règnent la mort et les malédictions, Kernok le pirate s’impose très vite comme le principal protagoniste de cette histoire.

Des personnages grinçants

Or Kernok n’est pas des plus sympathiques, et c’est là tout l’enjeu de cette adaptation : rendre (presque) attachant un personnage aussi détestable. Autour de lui gravitent des personnages sombres mais touchants, qui offrent avec Kernok un contraste d’autant plus saisissant. Méprisant, cruel, jaloux, prétentieux… le pirate semble très clairement jouer dans la cour des antagonistes. Pourtant, sa passion, son courage et son initiative autant que les traits de son visage savent nous convaincre d’embarquer avec lui.

Un dessin magnifique

Je ne peux achever cette chronique sans saluer le talent indéniable de l’illustrateur, qui a parfaitement traduit cette histoire en images. Le choix d’un dessin encré, tout en nuances de noir et blanc, ne fait que renforcer l’aspect effrayant et sombre du récit. Le trait est aussi élancé que précis, et s’adapte tant aux visages acérés des personnages qu’à la vivacité des navires.

Kernok le pirate est donc un roman graphique prenant, tant scénaristiquement que visuellement !

Titre : Kernok le pirate
Série :
N° du tome :
Auteur(s) : Eugène Sue, adapté par Frédéric Brrémaud
Illustrateur(s) : Alessandro Coberttini
Traducteur(s) :
Format : Album de BD
Editeur : Glénat
Collection :
Année de parution : 2024
Nombre de pages :
Type d'ouvrage :

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