Free Guy – Shawn Levy

Les + :

  • très drôle !
  • bien joué
  • Ryan Reynolds et Taika Waititi au top de leur forme !
  • visuellement réussi
  • une belle connaissance des jeux vidéo

Les – :

 rien !

Un employé de banque, découvrant un jour qu’il n’est en fait qu’un personnage d’arrière-plan dans un jeu vidéo en ligne, décide de devenir le héros de sa propre histoire, quitte à la réécrire. Évoluant désormais dans un monde qui ne connaît pas de limites, il va tout mettre en œuvre pour le sauver à sa manière, avant qu’il ne soit trop tard…

Quelle belle surprise et quel chouette moment ! Free Guy est un film clairement réussi. À travers un univers virtuel, Shawn Levy critique notre rapport aux autres en mettant en avant les fameux PNJ qui servent de “décors” aux jeux vidéo et permettent ainsi de rendre réaliste les mondes créés. Levy nous parle également du libre-arbitre (très clair dans le titre du film qui est un jeu de mots entre le prénom du protagoniste et le terme “guy“, utilisé pour désigner quelqu’un de façon imprécise, un mec).

Pour ce faire, il fallait que l’univers de “Free City”, le jeu vidéo dans lequel habite Guy soit crédible et c’est clairement le cas. Très inspiré par GTA (saluons le travail du chef décorateur Ethan Tobman), le jeu du film nous transporte dans un univers où l’objectif est de grimper les échelons en étant si possible les bad guys : le coeur du jeu, c’est de tuer, voler ou agresser les PNJ. Grâce à des décors parfaitement réalisés, on passe réellement 1h55 dans un jeu vidéo là où Ready Player One ne faisait que singer les univers virtuels en passant à côté des codes du jeu. La raison vient entre autres du fait que Free Guy a été tourné en décors réels avec des effets ajoutés ensuite à l’inverse du film de Spielberg intégralement réalisé en 3D. Ainsi, le rendu est beaucoup plus réaliste et on croit à ce que l’on voit.

Le travail effectué sur le jeu vidéo lui-même est assez impressionnant, car on peut voir les joueurs se connecter et l’effet jeu vidéo apparaître sur un écran d’ordinateur avant de plonger dans le jeu lui-même et d’avoir sur son écran “la réalité” du monde ludique. Cette mise en abîme du jeu vidéo est une très belle réussite !

Outre cet univers ludique maîtrisé qui permet à un message plus profond de passer, Free Guy est un film vraiment très drôle soutenu par la brillante interprétation de Ryan Reynolds, à fond dans son personnage.

Quant à Taika Waititi, il est fantastique en magnat détestable et immoral, prêt à flouer les créateurs de son jeu phare, mais aussi les joueurs eux-mêmes qu’il prend pour des machines à billets. L’ensemble de ses séquences sont hilarantes !

L’humour du film est assez noir et cynique (si on y prête bien attention, la ville elle-même est une critique ouverte du capitalisme à outrance et de la glorification de la violence) avec quelques touches de “WTF” notamment dans le combat Guy vs Dude (un Guy géant venu détruire le jeu, envoyé comme un virus) dans lequel Ryan Reynolds combat avec des armes issues des héros Marvel. La blague est d’autant plus appréciable que le film est produit par les studios 20th Century appartenant maintenant à la Walt Disney Company. Levy joue sur tous les clichés du jeu vidéo qu’il arrive à détourner, non pas pour se moquer des joueurs, mais plutôt pour rendre hommage à cette culture (on pensera par exemple à la cave remplie de bolides high-tech appartenant à un Channing Tatum PNJ playboy).

Enfin, la bande-son du film est très réussie avec un tube de Mariah Carey qui tourne plusieurs fois et nous prend totalement de court. :)

CONCLUSION

Free Guy est un film un peu hybride (et débridé !), entre une comédie d’action SF et une fable utopique sur le libre-arbitre. La fin montre également les possibilités infinies (et positives !) d’une réalité virtuelle utilisée à bon-escient. Intelligent dans son propos et dans son humour (malgré quelques blagues lourdingues), le film de Shawn Levy est un bel hommage aux jeux vidéo et à leurs créateurs.

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