Deuxième tome de Sharakhaï, Du sang sur le sable nous propose une suite à la hauteur de son prédécesseur.

Çeda est désormais une Vierge du Sabre, une guerrière d’élite. Tandis que les Rois de Sharakhaï lui confient des missions secrètes afin de consolider leur pouvoir, la jeune fille s’efforce de découvrir leurs secrets. Elle connaît déjà la terrible histoire des asirim, mais lorsqu’un lien se crée entre elle et ces pitoyables créatures, leur douleur devient la sienne. Les asirim ont soif de liberté et veulent briser leurs chaînes, mais ils sont soumis à la volonté des dieux et n’ont d’autre choix que d’obéir.

Et l’atmosphère de Sharakhaï est plus délétère que jamais. Les Douze Rois écument la cité pour satisfaire leur impitoyable quête de vengeance. Emre, l’ami de Çeda, a rejoint de nouveaux alliés, espérant tirer parti des troubles qui agitent la ville. Mais malheur à ceux qui s’opposent aux Rois immortels et aux Vierges aux sabres d’ébène…

Ce deuxième tome se concentre essentiellement sur la résistance, qui se met en place vis à vis des Rois de Sharakhaï :après l’introduction romanesque que constituait le premier volume, place à présent au cœur de l’action et à la révolte.
Sharakhaï se lit toujours aussi bien : le récit ne manque ni d’aventures ni de combats, et l’auteur sait nous donner envie de découvrir la suite de l’histoire.

Dans Du sang sur le sable, on retrouve donc avec plaisir un certain nombre de personnages du tome 1.
Parmi eux bien sûr se trouve l’héroïne Çeda, qui n’a rien perdu en combativité. Depuis la Maison des Vierges à laquelle elle appartient désormais, la jeune femme tente, avec l’aide discrète de la matrone Zaïde, de mettre à nu les faiblesses des souverains. D’autres protagonistes gagnent en développement : alors que je déplorais un peu le manque de chapitres consacrés à certains d’entre eux dans le tome 1, ici Rhamad (ennemi juré de Macide) et Emre (désormais à la solde des hôtes sans lune) prennent davantage de place, et donnent d’autant plus d’épaisseur à cette épopée chorale.

Parmi tous ces protagonistes, chacun défend ses intérêts, et même lorsque les ces derniers sont communs la manière d’y arriver diverge. Les points de vue qui se croisent permettent de prendre différentes perspectives et de mieux saisir le problème dans son ensemble, mais aussi de s’interroger sur l’extrémisme des moyens parfois mis en œuvre pour atteindre un objectif.
Ainsi, Çeda et Emre se retrouvent dans deux camps qui semblent opposés alors même qu’ils poursuivent un objectif commun. La progression de ces deux personnage est donc particulièrement intéressante, car elle évite un manichéisme qui aurait été trop simple. Cela rend les affrontements et les combats d’autant plus haletants qu’il est difficile de savoir pour qui prendre parti. J’ai particulièrement apprécié cet aspect du roman.
Davantage de chapitres sont également consacrés aux rois, ce qui permet de les humaniser un peu. Ces figures intouchables du premier tome, bien qu’immortels et invincibles en apparence, se dévoilent un peu plus entre ces pages. Les motivations des uns et des autres se font jour petit à petit, et leurs interventions au sein de la cité les rend un peu plus réels qu’ils ne l’étaient jusque là.

J’ai en revanche un peu regretté que l’auteur ne nous fasse pas voyager davantage. Certes on apprend à connaître un peu mieux le désert entourant la cité, mais le paysage reste peu varié. Si j’avais beaucoup apprécié l’aspect huis clos du tome 1 j’ai eu l’impression, ici, qu’on avait un peu fait le tour de la ville. Au vu du plan présenté en début de roman et des paysages que l’on devine à travers les récits des personnages, Sharakhaï semble pourtant prendre place dans un univers de fantasy riche : j’espère que le troisième tome sera l’occasion d’en découvrir davantage !

Du sang sur le sable est donc un deuxième tome complexe et haletant, qui sait nous donner envie de découvrir la conclusion de l’œuvre !

NokomisM

NokomisM

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