Pour la gloire de Kazerma – Le Cycle de Khopne T2 – Pierre Gévart

Ce deuxième volume du Cycle de Khopne est composé des livres trois et quatre du cycle. Le premier texte intitulé Pour la gloire de Kazerma nous propose de découvrir Koponi – oui, l’orthographe a changé et va évoluer jusqu’à Khopne – près de six cents ans après que le deuxième équipage se soit entretué sur la planète. Les survivants ont depuis fondé une civilisation qui se divise en trois autorités qui se partagent la planète.

Nous entrons dans cette histoire avec le prince Jon, l’héritier d’un royaume inspiré des idées du Califat de son fondateur. Loin d’être rétrograde, l’évolution a permis à cette foi de s’adapter à ce monde et à ses caractéristiques physiques. Ainsi, comme nous l’avions vu avec Herdemann dans le premier tome, l’homme y a acquis une longévité inespérée sur sa planète d’origine. De plus, la polymérisation de la matière semble être assimilée par cette humanité, même si la terraformation de la planète n’est pas encore terminée et, malgré la présence de mers, l’air n’est pas encore suffisamment respirable pour ses habitants.

Alors qui suis-je pour dire à Pierre Gévart qu’il va parfois trop loin, mais il faut reconnaître que la science-fiction pousse parfois les auteurs à des travers. Ainsi, tout auteur de science-fiction sait que le monde que l’on décrit doit avoir une dose de réalité pour être compréhensible. Et c’est là le danger, car il va s’interroger… et parfois trop. Pourquoi tout le monde parlerait la même langue, est-ce que les unités de temps et de lieux peuvent être respectées, les lois de la physique sont-elles contournées, le monde décrit est-il suffisamment perceptible, etc. Ici, Pierre Gévart donne beaucoup de détails sur les unités de temps et leurs pendants terriens, et c’est assez troublant en début de lecture.

L’intérêt de ce premier texte réside dans son contexte. En effet, trois autorités qui vont séparer les sexes, mais aussi les missions : l’une se consacre à la gestion courante, l’autre à la foi et la troisième à la science. Et malgré les antagonismes que ces trois piliers ont générés sur Terre, c’est une société qui a banni la violence qui s’épanouit sur Koponi. Sans violence, jusqu’à l’arrivée d’un vaisseau terrien et que les prochaines générations de dirigeants ne commencent à se sentir attirées par le pouvoir.

Bien sûr, cela serait trop simple si la Terre n’avait décidé d’envoyer un nouveau vaisseau dont la cargaison n’est autre qu’une ribambelle de prostituées kazermites, cette secte fondée par Kazerma et qui prône l’épanouissement sexuel en vue du peuplement de l’espace. Le terme de choc des civilisations est bien faible face à la réalité proposée.

Dans le second texte intitulé Obote qui êtes aux cieux, nous retrouvons, une quarantaine d’années plus tard, Jon qui n’est plus qu’une source de semence pour régénérer l’humanité, cette humanité de Khopne… Il convient de ne pas en dire plus pour ne pas déflorer l’intrigue.

Le style de Pierre Gévart est toujours aussi immersif pour le lecteur et les rebondissements multiples et originaux. Il y a certes des événements qui se produisent sans explications claires dans le récit, mais qui trouveront réponse plus tard dans le texte, et quelques problèmes de typographie, mais l’art de l’auteur est bien présent. Il construit des sociétés pour les transformer ensuite. L’idée de colons privés de leur planète mère, de cultures qui se bâtissent hors sol, n’est pas nouvelle, mais ce cycle l’explore avec talent. J’espère que la suite paraîtra prochainement, car le lecteur s’attache vite à cette mystérieuse planète et au ton facétieux de son auteur.

Pour la gloire de Kazerma – Le Cycle de Khopne T2
Pierre Gévart
Couverture illustrée par Mira
Editions Black Coat Press
Collection Rivière Blanche
2016

20,00 €

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