Passer la brume – Julia Colin

Un roman magnifique, contemplatif et puissant.

La Brume n’épargne personne. Quiconque se trouve sur son chemin finit dévoré.

Vair est une Passe-Brume.
Elle a ses remèdes, ses itinéraires et ses caches.
Vair marche vite et parle peu.
Elle seule peut faire traverser les montagnes à celles et ceux qui veulent atteindre le sud, ce monde qu’on dit épargné par les nappes mortelles.
Pourtant, une nuit, Vair aperçoit un feu de camp au loin.

Elle doit alors faire un choix : continuer sa route ou aller voir qui ose, à part elle, braver la Brume.

Un décor contemplatif et immersif

Amoureuse de la nature et de ses grands espaces, je ne pouvais qu’adorer le décor posé par l’autrice. J’ai suivi Vair à travers les montagnes, escaladant les versants, parcourant les sentiers, contemplant les abîmes. Ces paysages sont magnifiquement décrits, et nous immergent pleinement dans l’histoire. Malgré l’aspect contemplatif du roman, je ne m’y suis pas ennuyée une fois et l’ai découvert avec beaucoup d’intérêt.

Entre ces montagnes évoluent des nappes de brumes mortelles, réminiscences post-apocalyptiques d’une humanité déchue. Symboles de notre prétention démesurée, d’une soif de pouvoir et de puissance dont l’issue ne pouvait être que fatale, ces nappes font peser sur l’histoire une angoisse latente, et apportent beaucoup de rythme au récit.

Ce livre est dédié à celles et ceux qui meurent encore en passant les frontières.

Un scénario puissant, qui porte de beaux messages…

Ces quelques lignes sont écrites à la toute fin du livre, et je trouve qu’elles gagneraient à l’être au début. Elles apportent au récit un niveau de lecture supplémentaire. Au cœur des montagnes, Vair est une passeuse de brumes. Elle guide les voyageurs vers une terre qu’ils espèrent promise, plus sûre et moins mortelle. Au-delà de l’originalité de l’histoire, l’autrice nous offre ici une très belle métaphore de l’immigration, de ces femmes et ces hommes qui risquent leur vie pour l’espoir d’une survie incertaine. Passer la brume est avant tout un roman profondément humain qui amène le lecteur vers une grande empathie, avec beaucoup d’intelligence.

… Jusqu’aux dernières lignes du dénouement.

Le dénouement m’a laissée un peu mitigée. Passer la brume n’est pas un roman de hard sf qui se veut scientifique. En ce sens, je n’avais pas besoin que l’on m’explique le pourquoi ni le comment. Et j’ai trouvé justement que l’autrice en disait peut-être un peu trop, bousculant la magie de l’histoire. J’aurais aimé que le récit reste brumeux jusqu’au bout, préservant son mystère. La beauté des paysages et du message se suffisait largement à elle-même. Les dernières pages restent néanmoins très belles, et portent des valeurs fortes.

J’ai donc adoré ce roman, poétique et engagé.

Titre : Passer la brume
Série :
N° du tome :
Auteur(s) : Julia Colin
Illustrateur(s) :
Traducteur(s) :
Format : Grand format
Editeur : Aux forges de Vulcain
Collection :
Année de parution : 2026
Nombre de pages :
Type d'ouvrage : Roman

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