Entretien avec Olivier, guitariste de Hevius

Les parisiens de Hevius sont des copains de longue date et la sortie de leur nouvel album, Millénaire, a été l’occasion pour eux de proposer au public leur musique. Aussi truculent en live qu’en interview, leur guitariste Olivier a répondu à mes questions, afin d’en savoir un peu plus sur leur processus créatif, mais également de déterminer si le retard de l’album est bien dû au claviériste, cette vile espèce de musicien ! (coucou Florian !)

Bonjour, et merci de prendre le temps de répondre à ces quelques questions. Peux-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Hevius ?

Je m’appelle Olivier Louis-Servais et je suis guitariste. Lorsque nous ne faisons pas les andouilles (quoique nous sommes largement capables de cumuler), nous jouons de la musique en compagnie de Julien Ferrier (chant/guitare), Alexandre Ferrier (batterie), Ugo Verzeletti (basse) et Florian Altairac (clavier).

Avant de découvrir Millénaire,  je connaissais Hevius sur scène et peu sur album. Comment définirais-tu le groupe et sa musique pour quelqu’un qui ne vous connaît pas ?

Alors je dirais que Hevius est un groupe de Heavy-Power Metal avec une approche plutôt traditionnelle à deux guitares mais avec du vrai clavier (pas de samples) et un chant Rock en français. Notre mission : transformer toute notre énergie positive en musique, en privilégiant mélodie et puissance dans le but assumé de vous faire secouer crinière, barbe ou barbichette selon le modèle disponible : j’ai bon ?

Pourquoi ce nom de Hevius ?

Au tout début, le groupe n’avait pas de nom mais en cherchait un pour s’inscrire sur un site internet : on voulait rester dans le thème du metal… « Metal-truc », « Heavy-machin » et j’en passe…tout était déjà pris ! On a poussé l’investigation jusqu’à « Heavy-nous » qui était pris aussi, alors on a tenté en anglais, ce qui donnait « Heavy-us » : et ça, c’était pas pris !  Par la suite, Heavyus est devenu Hevius. Nous tenons donc à nous excuser auprès de  tous ces linguistes qui auront gâché leur jeunesse à chercher les origines de notre nom dans leurs grimoires de latin…

Pourquoi autant de temps entre les deux albums ? L’excuse du claviériste ne marche pas ! (rires)

Ah zut c’est ce que je voulais dire !  En fait, après la sortie de Derrière la Lumière, Hevius a connu une activité soutenue jusqu’en 2008. Mais par la suite il y a eu des changements importants de line-up et la formation actuelle ne s’est stabilisée qu’en 2012 : des membres d’origine, il ne reste aujourd’hui que Julien et son frère Alexandre. Ensuite il a fallu apprendre à composer ensemble et se mettre tous d’accord sur la nouvelle direction musicale que souhaitait prendre Hevius : quand je suis arrivé dans le groupe,il y avait déjà 7 morceaux prêts pour le deuxième album mais nous n’en avons finalement conservé que 4 et cela a pris un peu de temps au début pour composer ensemble. Enfin nous avons fait le choix d’avoir la main d’un bout à l’autre sur l’enregistrement sans contrainte de temps, mais j’avoue que les 8 naissances entre-temps n’ont pas franchement accéléré le processus !

Comment est-ce que tu en es venu à la musique, et plus particulièrement au metal ?

Moi je tiens ça de mon père qui jouait de la guitare classique et qui m’en avait offert une pour mes 12 ans. Alors qu’on n’écoutait pas du tout ça à la maison, j’ai très rapidement ressenti de l’intérêt pour les sons saturés qui passaient à la radio, à l’époque où « pogo » signifiait encore « Petites Ondes/Grandes Ondes » : Téléphone, Bernard Lavilliers… et puis j’ai pris la foudre quand sont sortis « Back in Black » d’AC/DC, et « Antisocial » de Trust. Par la suite, les années-lycée ont été déterminantes, avec l’apparition des radios-libres et de leurs premières émissions dédiées au Hard Rock ainsi que des premiers magazines spécialisés. Après avoir assisté à un concert local (  Délit de Fuite /Strattson), il m’est apparu comme une évidence de chercher à faire comme eux : j’ai donc sauté sur la première occasion d’intégrer un groupe de hard-Rock (qui m’a beaucoup appris) et cette passion ne s’est jamais altérée depuis.

Donc Millénaire est le nouveau, et premier pour certains, album du groupe. Comment s’est passé le travail dessus ? Qui compose la musique ? Et surtout quelles sont vos influences ?

Pour les 3/5 du groupe, oui, c’est le premier album ha ! Ha !  On avait envie d’auto-produire cet album comme le précédent, mais comme le résultat sonore avait été…particulier, on s’est fait aider cette fois. Nous avons mis en commun tout le matériel dont nous disposions pour permettre la captation et l’écoute, puis nous avons acheté tout ce qui nous manquait. Ensuite un premier ingé-son est venu nous aider à positionner les micros et c’est le jeune mais talentueux Mathieu Desjardin qui, à distance, s’est occupé du mixage et du mastering.

En matière de composition, Julien écrit les paroles et pour la partie instrumentale, lui et moi arrivons avec l’idée de départ. C’est rarement un titre complet : quand j’ai proposé « Aux Armes et « Pouvoir de l’Étrange » au groupe par exemple, 80% du titre était déjà en place, mais pour « Armée d’Acier » qui dure plus de 7 minutes au final, je n’avais que le riff de l’introduction !  On écoute les idées de chacun et celles validées par le plus grand nombre sont adoptées : cela fait d’ Hevius une formation très soudée.

Quant à nos influences, elles sont variées car Julien et Alexandre sont fans de Rock français et de Metal symphonique, Florian est très influencé par le Metal progressif, pour Ugo, c’est plutôt le Death mélodique et moi je suis un pur produit Heavy -Thrash des années 80′ avec mention « Metal francophone » ! Par contre on a un socle commun, à savoir des groupes comme Iron Maiden, Freedom Call, Stratovarius et tout ce dans quoi joue ou a joué Kai Hansen.

Quelle est ton morceau préféré de l’album et pourquoi ?

Il est difficile de répondre à cette question car Millénaire possède onze nouveaux titres qu’on aime tous et en plus, on n’est pas peu fier de notre version des Inconnus ! Malgré tout, si comme on dit dans le clan des Mc Leod « il ne peut en rester qu’un », alors je pencherais pour « Armée d’Acier » : d’abord parce que que c’est la chanson la plus longue et la plus variée de l’album. Ensuite, parce que les paroles sont entièrement dédiées à la communauté Metal : l’Armée d’Acier, c’est vous, c’est nous !

Comment s’est fait le travail sur la pochette, avec son phénix, correspondant bien à l’imaginaire de la renaissance du groupe ?

Bravo tu as parfaitement compris le concept ! Au départ,on était parti pour donner l’affaire à une professionnelle, mais à notre grande surprise, c’est Alexandre qui s’est proposé pour réaliser la couverture et je t’avoue que j’ignorais tout de ses talents de graphiste ! On ne l’a pas ménagé pour autant car on avait des idées très arrêtées sur ce qu’on voulait (le phénix en temps que symbole d’éternité et de renaissance) et en même temps tout le monde a tenu à participer en donnant son avis personnel  : même la couleur du nouveau logo d’Hevius a fait l’objet d’âpres discussions. Le reste du livret est l’oeuvre de Julien et le résultat final a réellement dépassé nos espérances. Ah au fait : on n’avait pas la place pour imprimer la solution aux jeux qui sont dans le livret : contactez-nous si vous ne trouvez pas !

Point de vue clip, vous avez des choses de prévues pour soutenir la sortie de l’album ?

Nous avons réalisé le clip de la chanson « Millénaire » pendant le mois d’Avril dernier et il est disponible sur la toile depuis le 04 Mai. Nous nous sommes filmés individuellement avec nos smartphones et c’est de nouveau Alexandre qui a réalisé le montage sous forme de lyrics vidéo. Un autre clip  filmé en live est déjà prêt et nous attendons le bon moment pour le diffuser. Le projet de réaliser un troisième clip, dans lequel on serait tous ensemble, est actuellement en cours de discussion.

Quel est votre pire souvenir sur scène ?

Oh il faudrait remonter au 13 Janvier 2013 pour ça : on partageait l’affiche avec les franciliens de Elder’s Tales et les Havrais de Sekhmet dans une salle parisienne qui s’appelait le Paris Poppins. De toute ma vie de musicien c’est le seul établissement dont je me suis réjoui de la fermeture. Sur le papier ça vendait du rêve, mais la réalité fut…différente : La batterie sur place tenait avec du scotch, l’ampli basse promis faisait 15 Watts et  était suspendu en l’air contre le fond de la scène (on n’a jamais su pourquoi). Le volume général imposé était si bas que même avec le volume à 1 sur nos amplis, le son était jugé trop fort. La salle, qui était une cave, sentait le moisi et en raison de sa en forme en « L », la moitié du public n’a rien vu du concert. Il n’était pas le seul vu qu’avec les trois pauvres spots façon- « fais une boum dans ta chambre », nous avons joué dans une obscurité quasi-totale. Le personnel s’est avéré désagréable vis à vis du public contrairement aux musiciens avec qui ils furent carrément odieux. Après le concert, nous nous sommes vus reprochés d’avoir « un public de clochards » qui ne consommait pas assez », mais nous avons appris plus tard qu’en réalité, un des associés tapait dans la caisse et accusait ensuite les groupes de ne pas être assez rentables ! Depuis, nous sommes toujours en contact avec les membres de ces deux groupes et on se tape toujours des fous-rires en reparlant de ce concert !

Merci et à très bientôt j’espère !

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