Entretien avec les membres de Töter Fisch au Cernunnos Pagan Fest

Les pirates tourangeaux de Toter Fisch étaient une nouvelle fois au Cernunnos Pagan Fest, et ils nous en ont mis plein les yeux dans un show d’une grande qualité. Petite interview en sortie de scène, alors que la sueur coule encore sur leurs visages heureux de flibustiers assouvis.

Bonjour, et merci de bien vouloir répondre à nos questions. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?

Rémy : Pierre ?

Pierre : Présent. Pierre, batteur…

Romain : Romain, Capitaine et chanteur.

Jérémy : Et Jérémy, accordéoniste.

Rémy : Et du coup moi c’est Rémy, c’est pas Pierre. Et je suis bassiste.

Comment définiriez-vous votre style ? Je vous classais plutôt dans le métal pirate, mais est-ce que c’était l’idée à la base ?

Rémy : Alors métal pirate c’est une terminologie qui est un peu… un peu vague, un peu gênante parce que ça parle d’une thématique qui n’a rien à voir avec de la musique. D’accord, il y a de l’accordéon, ça fait un peu pirate, mais par exemple Finsterforst il y a de l’accordéon et c’est pas du pirate… On préfère quand même être nommés folk métal parce que pirate métal c’est un peu trop fourre-tout. Au final si tu prends Alestorm c’est plus du power…

C’est du folk Alestorm…

Rémy : Running Wild c’est du heavy…

Pierre : C’est clairement du heavy à la base….

Rémy : Voilà… C’est un peu comme pagan métal au final, dedans t’as du black, t’as du death, des trucs beaucoup plus atmosphériques… Donc on essaye de se définir davantage comme du folk métal que comme du pirate métal. C’est aussi parce que quand tu mets pirate metal les gens se disent « ouais ça va être une copie d’Alestorm » alors que musicalement, on trouve qu’on n’a rien à voir avec Alestorm…

Romain : J’approuve.

Même s’il dessine en même temps…

Pierre : Il a plus de voix, donc…

C’est bête pour un chanteur !

Votre dernier album était aussi le premier, Yemaya. Je voulais savoir quelles étaient vos influences, j’ai trouvé qu’il était très riche, j’ai un peu pensé à Alestorm mais pas que, il y a aussi beaucoup de l’histoire des pirates et quand on l’écoute, on a vraiment l’impression d’y être, que ce n’est pas juste un album avec de la musique. Il y a vraiment un concept derrière avec toute une atmosphère… Qu’est-ce qui a inspiré cet album ?

Rémy : Alors musicalement, c’est Cap’taine qui a plus de voix qui est le principal compositeur… Mais les influences principales de Toter Fish c’est quand même Fintroll, du folk métal un peu influencé black, un peu sombre mais assez festif… Il y a aussi Danny Elfman dans les influences de Cap’taine…

Ah oui ?

Romain : Et du Rammstein.

Rémy : Et du Rammstein.

On le cherche un peu le Rammstein non ?

Rémy : Oui c’est vrai, mais l’influence musicale est là. Après on a monté un concept album plus par rapport aux paroles.  C’est Jérémy, l’accordéoniste, qui écrit la plupart des paroles. Et ce premier album c’était un peu un patchwork, il y avait des compos qui étaient vieilles et d’autres des plus récentes, et on a réussi au final à toute mettre ensemble pour en faire une histoire : c’est vraiment un concept album, parce qu’il y a un début et une fin. En terme de paroles, je pense qu’on a tous été bercés par Pirates des Caraïbes, quand c’est sorti on était ados, l’histoire y ressemble un peu. Donc je dirais que l’histoire est inspirée de Pirate des Caraïbes et musicalement de Fintroll. Et du coup ce délire de concept qui n’était pas forcément prévu au début ça s’est fait, et on va le garder, on reste sur ce délire de raconter une histoire avec un équipage.

Avec un album qui va raconter quelque chose…

Rémy : Le deuxième album oui, on part sur la suite de Yemaya, on ne sait pas encore exactement où on va ni comment on va y aller mais on reste sur le délire d’une histoire…

Pierre : Globalement Rémy a bien résumé les choses. On a tous fait des concessions chacun de notre côté pour le premier album, mais on a tous cet amour pour le métal extrême. C’est pour ça qu’on a ce côté folk extrême avec chant extrême, et on aime tous globalement ce qui est black et death, même si on n’aime pas exactement la même chose…

Rémy : Oui, en terme de goûts c’est très éclectique Toter Fish.

Vous avez commencé à évoquer un peu le prochain album… Pour la suite concrètement qu’est-ce qui se passe en terme de concerts, festivals, albums…

Jérémy : No spoil.

Rémy : En terme de concerts, on a quelques dates prévues jusqu’en mai, et on essaye un maximum de ne pas en faire après parce qu’on aimerait vraiment se consacrer à l’album. Comme on n’habite pas tous dans la même ville, on a un peu de mal à répéter, mine de rien c’est un peu plus dur qu’avant. Donc on réduit les concerts à partir de fin mai, et on se concentre sur la composition de l’album les six mois suivants. Et début 2021 on espère proposer l’album… Au départ on s’était dit début 2020 mais on a pris du retard. On a bien kiffé depuis ces trois ans qu’on a sorti l’album, on a un peu modifié la set list mais c’est vrai qu’on a un peu l’impression de proposer toujours la même chose. On n’a que quinze morceaux dans notre répertoire, donc si on veut que les gens en profitent en live on va arrêter de jouer sur Yemaya… On va faire une pause, se concentrer, être efficace, faire plus de répèts, et essayer de le sortir au moins le premier semestre 2021…

Pourquoi est-ce que vous ne jouez pas de compos du nouvel album sur scène ?

Rémy : Parce que pour le moment il n’y a absolument rien de fixé… On part encore sur le délire d’un concept album. Cap’taine compose les chansons, il y en a qui sont bien, il y en a qui sont très bien, il y en a qui sont un peu moins bien, il y en a qui méritent d’être améliorées qui seront terribles… Sauf que comme pour Yemaya, on essaye de proposer quelque chose d’assez varié. Donc si on a cinq compos qui sont un peu dans le même style, même si elles déchirent toutes, on fera un tri pour essayer de proposer un album varié. Et puis il y a aussi les paroles : comme on part sur ce concept album, tant que l’album n’a pas fini d’être composé, les paroles ne seront pas finies d’être composées non plus… Donc se lancer là-dedans en live, même si certaines compos sont terminées, alors que les paroles risquent de changer… on trouve ça un peu casse-gueule. On l’a déjà fait avec Yemaya, on a joué des chansons alors qu’elles n’étaient pas terminées, les paroles ont complètement changé et du coup c’était un peu bizarre.

Jérémy : Ça a clairement changé l’ambiance des chansons.

Rémy : Donc vraiment on veut pousser Yemaya jusqu’au bout, poser, et après on reviendra avec un nouveau set, et on sera au taquet.

Jérémy : On a aussi eu un changement de guitariste. Du coup on avait commencé à lancer des compos et puis pour diverses raisons personnelles on ne s’est plus entendus avec notre guitariste donc on s’en est séparé. Et le temps de trouver un nouveau guitariste, de retravailler avec lui, sachant qu’à côté il avait aussi différents projets solos, et de revoir les compos avec sa nouvelle vision, ça nous a obligés à repousser un petit peu l’album.

Rémy : Et puis pour être tout à fait francs, il y avait un certain nombre de compos qui avaient été composées par l’ancien guitariste. On a fait un choix difficile, l’album était déjà bien avancé à ce moment-là et on a perdu un certain nombre de compos qu’il avait faites et qu’il a voulu garder, choses qu’on comprend très bien, c’est normal. Mais du coup c’est vrai qu’on a un peu de retard sur le deuxième album. En soi ce n’est pas très grave, c’est pas comme si on avait annoncé des choses officielles, l’important c’est qu’on propose quelque chose de bien et d’abouti à la fin, même si on a mis cinq ans à le faire. Personne ne jette de cailloux à Gojira parce qu’ils sortent un album tous les six ans…

Quel est votre pire souvenir sur scène ?

Rémy : Alors moi j’en ai un. Relase party, on sortait notre premier album et on avait décidé de le jouer dans son intégralité, dans l’ordre. Il y avait un des morceaux qu’on jouait pour la première fois en live, Undead Crew. En fait j’ai eu un problème avec mon accordeur : je me suis désaccordé pendant le morceau d’avant, et sur ce morceau il y a un certain nombre de passages où il n’y a que de la basse. Et j’étais complètement désaccordé, et mon accordeur m’a lâché à ce moment-là. J’ai commencé à jouer, c’était atroce, j’ai dû m’enfermer dans les backstage pour utiliser un autre accordeur et me raccorder, et je suis revenu sur scène quelques minutes plus tard. J’avais honte, l’horreur. Vraiment, jouer un morceau désaccordé tout seul, c’est l’angoisse. Voilà. Alors aucun doute c’était ça.

Jérémy : Les mauvais concerts c’est quand il y avait une mauvaise ambiance, avec notre ancien guitariste par exemple dernièrement.

Pierre : Et ben moi c’était à Lorient au Galion…

Romain : Ah c’est vrai que ça c’était pas terrible.

Pierre : Où je n’ai aucun souvenir du concert tellement j’étais ivre…

Rémy : Il peut le dire. On a dû mettre les points sur les i à ce moment-là !

Jérémy : Globalement moi ça serait plus comme Rémy, après la sortie du premier album, on avait bossé les albums pour le studio mais on n’était pas prêts pour le live, clairement il y a plein de trucs on n’était pas prêts, et il nous a fallu un certain nombre de concerts pour se rôder, pour travailler les compos, pour qu’elles soient efficaces en live… C’est vrai qu’on s’est rendu compte qu’il y avait une grosse différence entre bosser le studio, ce qui nous a beaucoup appris, mais après, le restituer en live, c’est un autre monde… Avec l’énergie, avec la pêche, la propreté, c’est…

Rémy : L’accordage correct… Hum… Voilà ! Depuis j’ai acheté une pédale d’accordage !

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